jan 29
Il est clair que nous sommes dans une situation identique à ce qui s’est passé début 2006. La situation économique des couches moyennes s’est aggravée. Les jeunes maîtres de conférences, les techniciens et les ingénieurs des universités sous payés et peu considérés ont l’impression d’être les laissés pour compte d’un système où l’on ne parle que des performances de quelques oiseaux rares qu’il s’agit de surpayer. Or ce sont eux qui travaillent à la paillasse des laboratoires aux côtés des personnels techniques et administratifs. Ils seront évidemment la chair à canon des conservateurs qui se sont accommodés du système en en détournant les règles. Les étudiants dans leur immense majorité voient leur situation économique se dégrader. Il est difficile de réformer dans ces conditions, mais aujourd’hui comme il y à trois ans, la réponse ne peut être le statu quo. Or le mouvement dans les universités est loin d’être dénué d’ambigüité. L’alliance entre les contraires n’aboutira à rien. Les organisations syndicales, malheureusement, n’ont pas de ligne cohérente sur la réforme de l’enseignement. Si l’université a été délaissée depuis des décennies, c’est parce que le modèle dominant est celui de la sélection/ségrégation dans le lycée, des classes préparatoires et des Ecoles grandes ou petites, publiques ou privées, et des multiples systèmes sélectifs acceptés par les mêmes syndicats (IUT, concours du PCEM, sélection par l’échec en droit, etc.). Je serais curieux de savoir le pourcentage des universitaires qui manifestent aujourd’hui et dont les enfants sont ou ont été dans les classes préparatoires. On récolte ce que l’on a semé et accepté. Nous ne sortirons pas de l’ornière sans une démarche qui rapproche les SHS des Sciences dans de véritables universités et qui dans le même temps accepte la diversité. Or ceci ne pourra jamais se faire sous la tutelle d’un état tatillon, seule une autonomie véritable, acceptée et maîtrisée nous le permettra. Le pouvoir aurait tort de prendre cette agitation à la légère. Il doit accélérer les négociations financières avec les 18 universités et leur donner les marges de manœuvre qu’elles réclament, y compris sur les rémunérations, sans leur dicter sa loi.
Paris le 29 janvier
jan 28

Oui une plus grande souplesse dans les statuts est nécessaire, oui les rémunérations doivent être revues, mais là encore, il faut laisser jouer l’autonomie. L’Etat ne doit pas se mêler de tout.
Au sein de l’université Pierre et Marie Curie coexistent deux secteurs. Le secteur des sciences, soumis à la règle stupide des 192 heures d’équivalent de travaux dirigés. Un cours valant une fois et demie le temps d’un enseignement dirigé et deux fois le temps d’une séance de travaux pratiques, alors qu’en sciences, l’effort pédagogique principal ne peut se concevoir qu’en groupes constitués d’un petit nombre d’étudiants assorti d’un dialogue fort avec les enseignants. De son côté, le secteur médecine dont la seule règle est que les hospitalo-universitaires soient présents cinq jours et demi par semaine, dont cinq demies journées, en principe, consacrées à l’hôpital, sans obligation formelle d’enseignement et avec de très fortes disparités. De plus, ces personnels reçoivent une rémunération accessoire pour leurs activités hospitalières qui se traduit environ par un doublement de leur salaire. Bref deux poids, deux mesures !
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jan 26

De retour de Marrakech où j’étais invité, au titre de l’UPMC, par des universitaires marocains qui célébraient les progrès dans la solution d’un contentieux vieux de 18 ans, à savoir la reconnaissance par le gouvernement marocain du nouveau doctorat français pour leur carrière, au même titre que le PhD anglo-saxon. Rencontre fraternelle et stimulante. J’étais le seul invité français à avoir fait le déplacement pour remercier simplement nos collègues de la défense du doctorat français. Preuve s’il en était de la frilosité de nos universités et de leurs syndicats dans la défense de leurs diplômes.
Dans l’avion du retour, je prends connaissance des déclarations de Nicolas Sarkozy, à l’occasion du lancement de la réflexion pour une stratégie nationale de recherche et d’innovation, devant un parterre de Présidents d’universités, de directeurs d’écoles et d’organismes et de chefs d’entreprises, jeudi dernier. Se référant à la publication annuelle des indicateurs de l’OCDE en janvier, il fit le constat que la France prenait du retard en matière de recherche et d’innovation et que la part du financement privé, déjà une des plus faibles par rapport aux pays comparables, était encore en recul. Lire la suite »
jan 22

Cet après-midi j’ai assisté, à télévision, à la cérémonie d’intronisation de Barack Hussein Obama. Discours tonique appelant l’Amérique à l’effort et stigmatisant les irresponsables qui ont fait le lit de la crise actuelle. Jamais je, toujours nous. Un discours ouvert sur les « petits », dont le travail au quotidien font la force de l’Amérique, mais aussi sur le monde. Chacun d’entre nous a-t-il dit doit avoir sa chance d’acquérir sa part de bonheur.
Trop de religion sans doute, mais quel moment fort, aussi fort que lorsqu’un certain 20 juillet 1969, mon fils Dominique sur mes genoux, j’assistais alors à l’alunissage de Armstrong et Aldrin : Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité, aujourd’hui comme hier !
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jan 15

La seconde bonne nouvelle concerne la recherche. La déclaration d’André Syrota avant-hier à l’AEF (Dépêche n°107445) ne laisse planer aucune ambiguïté.
Il se dit favorable au mandat de gestion unique confié à l’hébergeur des laboratoires de recherche et espère que les « premiers résultats se verront dans les deux ans » avec les universités dans lesquelles l’INSERM possède des équipes. Il réclame une simplification radicale du panorama des mécanismes de financement de la recherche. Il y a aujourd’hui un chevauchement des domaines de recherche du CNRS et de l’INSERM. Lire la suite »