juin 30

La semaine qui vient de s’écouler a été riche d’enseignements. Comme l’ont constaté plusieurs commentateurs dans le monde, l’intervention des étudiants et des universitaires n’est pas nouvelle dans l’histoire politique récente de l’Iran, mais cette fois-ci, ils n’étaient plus seuls. Une grande partie de la société avait décidé de sortir de sa schizophrénie. Et c’est pourquoi la mainmise sur les locaux de l’université de Téhéran fut rapide, brutale, meurtrière et que, symboliquement, c’est là que le guide suprême tenta de siffler la fin de la partie. Il est donc important d’avoir non une pensée pour nos collègues universitaires iraniens et leurs étudiants à l’encontre desquels la chape de plomb d’un fascisme islamique s’est déchaînée, mais de faire preuve à leur égard de solidarité active. J’en avais rencontré quelques uns une semaine avant les élections et même si nous parlions à demi-mot il était évident pour eux que cette élection constituait une étape cruciale. Bien sûr, beaucoup pressentaient ce qui allait se passer, mais ils avaient l’espoir et la détermination rivée au cœur. Quoi qu’il en soit nous devons maintenant à tout prix les aider, éviter les imprécations et les discours moralisateurs qui ne servent à rien. Non seulement il convient de ne pas perdre les contacts avec les universités iraniennes mais au contraire les renforcer, ouvrir grands les bras à ceux qui vont venir chez nous, enseignants et étudiants.
C’est pourquoi je lance ici un appel aux ministres concernés Lire la suite »
juin 25

(cet article est la suite de Triste anniversaire, publié le 15 juin 2009)
Selon les tenants de la dernière réforme de l’entrée en médecine élaborée par le ministère, la mise en place d’une première année de licence, préalable aux études proprement dites de médecine, de pharmacie, d’odontologie et de sages-femmes baptisée L1 de santé, augmenterait les chances de réussite en L1 tout en visant à limiter le nombre de redoublements immédiats des étudiants n’ayant pas atteint une note plancher. Ces étudiants, classés au-delà du nombre représenté par 2 à 2,5 fois le numerus clausus autorisé, devront compléter leur formation scientifique et ne seront autorisés à se représenter à une nouvelle inscription au concours qu’à l’issue de deux années de formation complémentaire en licence, autre que celle de santé. La même exigence pourrait s’appliquer dès la première partie du concours, à l’issue du premier semestre pour les universités qui seraient volontaires, ce qui devrait être le cas de la plupart d’entre elles, soucieuses de se débarrasser de ce surcroît d’étudiants dans les meilleurs délais. Dans ce cas, les étudiants jugés insuffisants à l’issue du premier semestre seraient appelés à compléter leur formation au cours du second semestre, pour pouvoir s’inscrire ensuite dans une deuxième année de licence et avoir le droit de revenir en L1 de santé pour repasser le concours l’année suivante, le droit au redoublement étant intangible. Rien n’étant prévu à l’heure actuelle sur la façon de réorienter les étudiants au cours du second semestre, il faudra bien les garder jusqu’à la fin de l’année. Clairement, l’objectif est de décourager les étudiants qui pourront néanmoins passer jusqu’à 4 ans pour tenter de réussir le concours d’entrée. Renforcement de la discrimination sociale ici encore, puisque seuls les plus fortunés seront à même de s’autoriser un tel parcours. Lire la suite »
juin 22

Michel Zulberty, l’inénarrable directeur de l’Etablissement public du campus Jussieu, vient de claironner l’annonce de la remise des clés de la tour administrative du campus Jussieu à l’université Pierre et Marie Curie lundi 22 juin ! La tour administrative a été totalement libérée des occupant durant ma présidence à l’été 2003. Il aura donc fallut six années pour la remettre aux normes de sécurité alors que le désamiantage lui-même a duré moins d’un an et que sa réhabilitation a pris deux années et demie. Deux à trois ans d’atermoiements imputables d’abord à lui-même et, comme je l’explique dans mon ouvrage « quand l’université se réveille tout devient possible », à la cohorte des inspecteurs, contrôleurs et autres énarques X-Mines-Ponts de tout poil, alliés en la circonstance à ceux qui voulaient abattre la plus grande université française au seul titre que « small is beautiful » et que rien de bon ne doit sortir de l’université. Lire la suite »
juin 19

D’abord en ce qui concerne le décret statutaire. Enfin le SNESup se réveille et concède dans une information : « Ce décret introduit une prise en compte généralement plus favorable des activités ayant précédé le recrutement » pour ajouter aussitôt : « Un collègue recruté maître de conférences en septembre 2007 qui, avant son recrutement, n’avait eu aucune activité rémunérée pendant son doctorat puis avait fait 2 ans de post-doc en septembre 2009 sera au 2e échelon sans ancienneté alors qu’un collègue qui sera recruté en septembre prochain avec les mêmes antécédents se trouvera d’emblée au 3e échelon avec 2 mois d’ancienneté » ! Mais ceci était connu dès la publication des fiches accompagnant le plan carrière l’an dernier. Qui plus est, il était prévu de vérifier la situation des maîtres de conférences recrutés précédemment, afin de s’assurer que personne ne se trouve dans une situation plus défavorable parce que recruté avant la mise en oeuvre de la mesure. Mais que diantre, pourquoi le syndicat n’a-t-il pas négocié alors, non seulement le lissage d’un tel effet, mais encore, des mesures intermédiaires pour l’ensemble des maîtres de conférences recrutés depuis 10 ans ? Il en est réduit maintenant à vérifier la bonne application du plan carrière qu’il a tant dénigré.
La deuxième information, divulguée par le blog « histoires d’universités » concerne la commission nationale de recours de la prime d’encadrement doctoral dont le fonctionnement fait l’objet de fortes critiques de la part de deux ses membres, Bernard Valentini et Olivier Adam. Le compte-rendu de la commission donne raison à ceux qui, comme moi, se sont toujours opposés à cette attribution centralisée. Leur conclusion est édifiante : Lire la suite »
juin 16

De retour à Téhéran, la veille de mon départ pour Bakou, j’assiste chez des amis, en sirotant un Bloody Mary du feu d’Allah, au débat historique Ahmadinejad/Moussavi. J’ai la traduction en direct, c’est vraiment chaud. Je les quitte avant la fin, personne dans les rues, toute la ville est devant la télévision. Le lendemain, dans la voiture du ministère de l’enseignement supérieur, en route vers l’aéroport, nous franchissons au ralenti l’immense cohorte qui se dirige vers le gigantesque mausolée de Kohmeini où l’actuel guide suprême va déclarer son soutien à Ahmadinejad. Mon accompagnateur me raconte qu’une grande partie des iraniens présents sont là contre salaire. Ici aussi, on achète les voix. L’aéroport est désert, après avoir passé assez facilement la sécurité et la douane, négocié un surcroît impressionnant de bagages, l’ATR 72 d’Azerbaïjan airlines m’emporte vers Bakou. Quel contraste à l’arrivée, on est vraiment en Europe n’en déplaise à Nicolas Sarkozy. J’y avais fait une courte visite en 1983 mais je ne reconnais rien excepté la mer, les complexes chimiques datant de l’époque soviétique et les grandes avenues. Mon hôtel est dans la vieille ville sur la colline dont la restauration se fait à un rythme accéléré mais sans grand souci d’authenticité. Lire la suite »