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	<title>le blog de Gilbert Béréziat &#187; Autonomie des universités</title>
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		<title>Grand Emprunt, Leurre ou Escroquerie ?</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jul 2011 14:57:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
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		<description><![CDATA[L’affaire newyorkaise, comme un réacteur nucléaire en surchauffe, n’en finit pas de déclencher des réactions en chaînes. Belle occasion pour Sarkozy de se débarrasser à moindre frais d’une ministre des finances, rare femme politique n’étant pas passée par les filières élitistes[1], mais au bilan plus qu’ambigu et inutilisable pour sa campagne électorale. Alouette, gentille Lallouette, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/07/Grand-Emprunt-Leurre-ou-Escroquerie.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1893" title="Grand Emprunt, Leurre ou Escroquerie" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/07/Grand-Emprunt-Leurre-ou-Escroquerie.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L’affaire newyorkaise, comme un réacteur nucléaire en surchauffe, n’en finit pas de déclencher des réactions en chaînes. Belle occasion pour Sarkozy de se débarrasser à moindre frais d’une ministre des finances, rare femme politique n’étant pas passée par les filières élitistes[1], mais au bilan plus qu’ambigu et inutilisable pour sa campagne électorale. Alouette, gentille Lallouette, je te plumerai ! Mais au jeu des chaises musicales, l’hyper-président n’est pas vraiment à son avantage. Le sémillant François Baroin dont le moins que l’on puisse dire est que sa formation initiale ne le prédestinait pas à devenir ministre des finances[2] a réalisé le holdup du siècle en menaçant de lâcher l’hyper. Tout cela n’a pas grande importance car on sait qu’à Bercy le gratin de la noblesse d’Etat a tout loisir de contrôler les ministres. D’ailleurs l’arrivée de la fée de la rue Descartes[3] au budget lui permettra de veiller à ce que les promesses du soi disant «<em> grand emprunt</em> » ne se traduisent dans les faits que pour les opérations décidées rue du faubourg Saint Honoré dans la perspective des élections à venir, c&#8217;est-à-dire pour les copains et les coquins. Pour veiller au grain de la noblesse d’Etat, elle sera remplacée par le brave Wauquiez[4] qui pourra ainsi mettre à exécution son rêve ancestral, comment faire travailler les pauvres. Et pourquoi ne ressusciterait-il pas l’Hôpital Général créé par la compagnie du Saint Sacrement sous Louis XIII, afin de générer d’importants bénéfices pour l’Eglise en faisant travailler les enfants, les femmes et les gueux internés à la Salpêtrière ? Sans doute proposera-t-il que les étudiants boursiers consacrent une partie de leur temps à des travaux d’intérêts général pour compenser le manque à gagner que l’Etat refuse de donner aux universités autonomes ! Autre démocrate chrétien, le brave Le Maire[5], rescapé de la Giscardie, n’a eu d’autre solution que d’avaler une grosse couleuvre et de continuer à veiller aux intérêts des céréaliers et des betteraviers.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette affaire, la plus heureuse c’est la fée de la rue Descartes car en vérité elle était à bout de souffle à l’enseignement supérieur. <span id="more-1888"></span>Sa tâche au ministère du budget, dans l’organisation sarkozyste, sera plus que modeste mais par contre le président pourra tirer le plus grand profit de son nouveau porte-parole, je devrais dire sa ministre de la propagande, car en matière de mauvaise foi et de poudre aux yeux elle est imbattable Valérie.</p>
<p style="text-align: justify;">L’AEF qui n’est pas à une flagornerie près a tenté avec grande difficulté de dresser un portrait flatteur de son activité depuis 2007 :</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la formation le plan licence pour lequel les promesses financières n’ont pas été tenues elle s’est attirée les critiques de l’inspection générale, que n’a pu lever le comité de suivi qu’elle avait installé et va sans doute se traduire par une nouvelle couche de réglementation ; La mastérisation a été, selon un président proche de la majorité présidentielle « <em>un fiasco complet</em> » ; la réforme de la première année des formations de santé imposée aux universités est en passe de faire pschitt.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne l’autonomie universitaire, l’élan de 2007 s’est tari dès 2008 par le renforcement des contrôles tatillons et le refus du ministère de l’enseignement supérieur et de Bercy d’engager des négociations honnêtes sur la masse salariale incluant les charges supplémentaires créées par cette autonomie, l’obligation de laisser les fonds correspondants à France Trésor, le refus de transférer les biens immobiliers à toutes les universités qui l’ont réclamé, montre que c’est surtout le transfert des ennuis qui a été réalisé. En fait on a assisté à un net recul des procédures contractuelles telles qu’elles existaient auparavant. Bref, l’Etat a repris d’une main ce qu’il donnait de l’autre et les universités sont dans des difficultés financières accrues.</p>
<p style="text-align: justify;">Les deux chantiers présentés comme des mesures phares du quinquennat, le plan campus et le soi disant grand emprunt se sont révélés de pures tactiques préélectorales pour 2012. En ce qui concerne le plan campus qui fut un fiasco en Ile-de-France, la mission économique de contrôle du parlement constate que les deux premières années de rapport de la « <em>manne </em>» représentée par la vente des actions d’EDF ont disparu et seuls les bétonneurs de la zone située autour de polytechnique à Saclay ont bénéficié des subventions directes. En région, très peu de choses ont été mises en chantier trois ans après le lancement. Selon un article des « <a href="http://www.lesechos.fr/"><em>Echos</em></a> », « <em>cinq ans après, les universités n&#8217;ont perçu que 70 millions d&#8217;euros. Un peu plus de 1 % de la somme vantée par Valérie Pécresse à longueur de communiqués</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’opération pompeusement baptisée « <em>investissements d’avenir</em> » pour copier les Allemands, il faut remarquer que les deux tiers des sommes correspondent à des crédits non consomptibles, qui n’arriveront que tardivement voire jamais dans les caisses des universités autonomes. « <a href="http://www.lemonde.fr/"><em>Le Monde</em></a> » fait remarquer que « <em>par rapport à l’Allemagne c’est beaucoup moins pro… Plusieurs couacs ont émaillé des différents appels d’offres français…</em> »[6] Pour diluer le dispositif, donner du travail à la noblesse d’Etat et permettre au « <em>small is beautiful à la française </em>», c.a.d. toutes  les Ecoles et institutions microscopiques dépourvues d’étudiants, de profiter de la pseudo manne, pas moins d’une quinzaine d’appel d’offres ont été lancés, ce qui a brouillé le message auprès de la communauté universitaire. En 2005, seuls trois appels d’offres avaient été ouverts dans le cadre de l’initiatrice d’excellence Allemande.  J’ajoute que la totalité des financements étaient arrivés dès 2007 dans les banques choisies par leurs universités. Comme toujours on se lamentera que le fossé se creuse avec l’Allemagne…</p>
<p style="text-align: justify;">Le jour même du départ de Valérie, le fleuron de ses initiatives d’excellence à la française faisait plouf. De fuite en fuite provenant de membres français du jury, deux Normaliens (dont son ancien directeur de cabinet ennemi juré de Sorbonne Universités et présentement vice-président à l’EPFL, l’autre ayant porté sur les fonds baptismaux l’alliance de Saint Geneviève et du bois de Boulogne), un Pont et un X-Mines mais aucun véritable universitaire, on apprenait que la montagne avait accouché d’une souris en sélectionnant une pseudo-association dont les membres sont incapables de mettre sur leur site des « <em>facts and figures</em> » certifiés, ce qui n’a pas le moins du monde ému le jury international, et deux ensembles universitaires dont le seul référentiel mesurable est qu’ils sont en recul constant depuis plusieurs années au classement de Shanghai[7], le classement honni de la noblesse d’Etat. C’est pas avec ça que l’objectif affiché par Sarkozy au début de son mandat de hisser dix universités françaises au top cent des universités mondiales se réalisera.</p>
<p style="text-align: justify;">Les autres arrivants du remaniement gouvernemental sont tous des seconds couteaux qui ne redorent pas vraiment le blason de l’ensemble. Jean Leonetti « <em>vieux radsoc de 62 ans</em> », cardiologue marseillais, aurait sans doute été plus utile pour s’occuper de la dépendance que des affaires européennes.  Marc Laffineur un autre médecin de 63 ans anesthésiste réanimateur de formation et politicien du « <em>marais </em>» il s’appliquera n’en doutons pas à endormir les anciens combattants ! Claude Greff infirmière de 57 ans s’occupera de la condition féminine espérons, car l’espoir fait vivre, qu’elle saura réorienter le grand emprunt pour faire émerger des actions favorisant l’égalité Femmes-Hommes dans les fonctions électives, universitaires et au sein des conseils d’administration du CAC 40. Le brave François Sauvadet, 58 ans, fils d’agriculteur, spécialiste du retournement de veste et du ralliement, mal récompensé jusqu’alors, sert de bouche trou à la victime collatérale de Strauss Kahn. Cerise sur le gâteau, le benjamin,  l’inénarrable David Douillet, judoka jadis très proche des époux Chirac et de leur fille, mal recyclé dans les affaires puisque failli, s’occupera de glaner pour Sarkozy les voix des Français de l’Etranger sans alourdir son compte de campagne.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la soirée du Jeudi 30 juin, patatras la belle construction se grippe empéguée dans les méandres de l’affaire DSK. Et l’hyper qui pensait bien se refaire une virginité morale sur les décombres d’un parti socialiste empêtré dans le donjuanisme de son leader maximo se retrouve à l’arrière plan des médias. Le fameux Bernard petit fils du «<em> grand  Robert</em> », fils du « <em>fidèle Michel</em> » et frère du premier président du conseil constitutionnel à s’afficher aux « <em>Grosses têtes</em> » est obligé de faire amende honorable. Empêtré dans ses déclarations intempestives du 16 mai, il tente de les justifier par ce qu’il saurait du prévenu mais dont il ne peut rien dire et par ce qu’il avait « <em>été en direct avec un certain nombre de gens qui travaillent au Sofitel et en particulier un ami d&#8217;enfance de [son] collaborateur</em> ». Mais peut-être, lui qui semble si bien informé de ce qui se passe dans cet hôtel, pourrait il aussi nous faire part de la teneur des entretiens téléphoniques entre le patron de l’hôtel Sofitel de New York et le patron parisien de la Chaîne Accord et entre ce dernier et les services de l’Elysée dans cette fameuse nuit du 14 au 15 mai 2011 ? Dès lors que l’on connait les relations nouées dans le passé entre le premier flic de New York et le premier flic de France flottera toujours un parfum de manipulation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>12 place du Panthéon le 4 juillet</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1]<em> Chrisine Lallouette, née de parents enseignants, médaille de bronze de natation synchronisée, maîtrise d&#8217;anglais, maîtrise de droit des affaires et un diplôme d&#8217;études supérieures spécialisées de droit social à l&#8217;Université de Nanterre.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em>Stanislas, Etudiant à l&#8217;Université Panthéon-Assas, il est titulaire d&#8217;un DESS de défense, d&#8217;un DESS de sciences de l&#8217;information et d&#8217;un DEA de géopolitique.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[3] <em>Née à Neuilly,  Ginette, HEC, ENA et conseil d’Etat</em></p>
<p style="text-align: justify;">[4]<em> Né dans une famille d’industriels de Tourcoing, ENS, agrégation d’histoire, ENA et conseil d’Etat</em></p>
<p style="text-align: justify;">[5] <em>Né à Neuilly, ENS, agrégation de lettres modernes</em></p>
<p style="text-align: justify;">[6]<em> 28 juin 2011</em></p>
<p style="text-align: justify;">[7] <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/07/Classement-de-Shanghai1.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1898" title="Classement de Shanghai" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/07/Classement-de-Shanghai1.bmp" alt="" width="497" height="401" /></a><em><br />
</em></p>
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		<title>Réponse à Michel Leroy sur l’autonomie universitaire</title>
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		<pubDate>Mon, 30 May 2011 07:13:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[loi LRU]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
		<category><![CDATA[Valérie Pécresse]]></category>

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		<description><![CDATA[Je n’ai pas encore lu votre livre[1] et vais m’y atteler de ce pas. Cependant, si j’en crois l’article de Philippe Jacqué paru à ce sujet dans Le Monde[2], nous sommes d’accord sur quelques points. D’abord le mouvement fondateur de l’autonomie universitaire est bien mai 68 n’en déplaise à la droite. Je finissais à cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/05/Réponse-à-Michel-Leroy-sur-l’autonomie-universitaire.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1865" title="Réponse à Michel Leroy sur l’autonomie universitaire" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/05/Réponse-à-Michel-Leroy-sur-l’autonomie-universitaire.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Je n’ai pas encore lu votre livre[1] et vais m’y atteler de ce pas. Cependant, si j’en crois l’article de Philippe Jacqué paru à ce sujet dans <em>Le Monde</em>[2], nous sommes d’accord sur quelques points. D’abord le mouvement fondateur de l’autonomie universitaire est bien mai 68 n’en déplaise à la droite. Je finissais à cette époque mes études de médecine et je me rappelle fort bien le bouillonnement, parfois erratique, qui a présidé au décès des facultés et à la création des nouvelles universités. Je suis également d’accord sur le fait que l’autonomie universitaire clive à travers toutes les sensibilités politiques. Mais je ne suis pas d’accord avec Philippe Jacqué[3] selon lequel la démarcation à gauche est entre le courant social-démocrate classique et l’autre beaucoup plus à gauche.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour aller de l’avant je considère, comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Vogel">Louis Vogel</a> que l’autonomie n’est rien sans les moyens :</p>
<p style="text-align: justify;">1° Il faut que cesse immédiatement le contrôle tatillon à priori que la haute administration de la rue de Grenelle et de Bercy qui, aujourd’hui plus encore qu’hier, entrave les initiatives universitaires.</p>
<p style="text-align: justify;">2° Les universités doivent être pleinement gestionnaires de leurs finances et ne plus être soumises à l’obligation de faire gérer l’argent de leurs salaires par le trésor public. Le capital non consomptible des opérations du grand emprunt comme du plan campus doit être transféré dans les fondations que les universités ou leurs regroupements ont créés.</p>
<p style="text-align: justify;">3° L’esprit de la loi LRU doit être respecté en revenant à une contractualisation financière incluant la masse salariale négociée entre l’Etat et les Universités autonomes avec sécurisation des crédits pendant la durée du contrat (5 ans) contrairement à ce qui à été fait en 2008/2009. Il faut donc mettre fin à l’annualisation budgétaire et à tous les systèmes, SYMPA ou pas, incapables de prendre en compte la diversité des situations.</p>
<p style="text-align: justify;">4° Les universités doivent être libres de contractualiser avec d’autres partenaires publics (Régions, Villes, Organismes de recherche, CROUS) ou privés (fondations, entreprises).</p>
<p style="text-align: justify;">5° La dévolution des biens immobiliers doit être immédiate <span id="more-1862"></span>– il est indécent que l’on assiste à la dévolution en priorité aux copains – et  totale, ce n’est pas à l’Etat de se substituer aux universités autonomes pour la négociation des échanges de territoires. Les crédits de mise aux normes et d’entretien doivent être négociés en même temps que la négociation contractuelle.</p>
<p style="text-align: justify;">6° Elles doivent être libres de choisir le mode de gouvernance le plus adapté à leur situation. De ce point de vue, la LRU est aussi inepte que l’était la loi Savary. Certaines choisiront de se gouverner comme des entreprises, d’autres refuseront de sortir du giron de l’Etat, d’autres voudront être des régies autonomes de régions ou de villes, d’autres mettront la démocratie universitaire au cœur du dispositif. D’autres enfin essaieront de prendre ce qu’il y a de mieux dans chacun de ces systèmes. Il n’y aura pas d’autonomie sans risque assumé. Le meilleur antidote c’est la démocratie universitaire, ce qui ne veut pas dire qu’il faut remplacer la tutelle tatillonne de l’Etat par celle des lobbies qu’ils soient syndicaux ou disciplinaires. La transparence est un mot creux, certains sont tellement transparents que la lumière les traverse sans les voir. L’évaluation ex-post tranchera.</p>
<p style="text-align: justify;">7° Last but not least les règles du jeu doivent être les mêmes pour tous les établissements d’enseignement supérieur Universités, Grands Etablissements et Ecoles comprises. Que cent fleurs s&#8217;épanouissent, que cent écoles rivalisent » !</p>
<p style="text-align: justify;">Naturellement l’autonomie signifie l’acceptation de l’évaluation ex-post. Ceci ne signifie pas qu’elles doivent s’exonérer d’outils internes d’évaluation et de contrôle de gestion bien au contraire. Etant des opérateurs de recherche et de formation, elles ne devraient en aucun cas être impliquées dans l’évaluation et la répartition des ressources contractuelles de l’Etat. Ceci est d’ailleurs valable pour les Organismes de recherche. Il convient donc de renforcer l’indépendance de l’AERES et ce point de vue on peut être inquiet de voir la direction de l’agence trustée par des universitaires provenant de la même université et veiller à une éthique rigoureuse des évaluateurs qui, durant leurs mandats, ne pourront être impliqués dans l’évaluation de leurs équipes ou de leurs établissements ni de leurs concurrents directs. Il convient également de conforter le rôle de l’Agence Nationale de la Recherche qui doit devenir centrale dans le dispositif.</p>
<p style="text-align: justify;">Sarkozy (Valérie Pécresse n’a aucune autonomie sur ce dossier), comme ses prédécesseurs (Chirac, Mitterrand, Giscard, Pompidou et De Gaulle) s’est arrêté au milieu du gué dans cette affaire. Il est important à mes yeux que la gauche, et pas seulement le parti socialiste, je pense aux verts et à la gauche de la gauche, reprenne le flambeau face à une droite qui s’essouffle. Car en Mai 68 c’était bien l’autonomie et l’autogestion qui étaient au cœur des discussions des étudiants que nous étions alors. Ce n’est pas aux marxistes que j’ai à rappeler que le dépérissement de l’Etat doit être autre chose qu’un Messie qui n’arrive jamais.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Palaiseau le 29 mai 2011</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1] <a href="http://www.autrement.com/ouvrages.php?ouv=2746714915">Universités : Enquête sur le grand chambardement</a>,<em> Michel Leroy, éditions Autrement</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em><a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/28/zoom-sur-l-universite_1528805_3232.html">Zoom sur l’université</a> Le Monde 29-30 mai 2011</em></p>
<p style="text-align: justify;">[3]<em> Pour l’université le PS préfère la réforme à la rupture. Le Monde 18 mai 2011</em></p>
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		<title>Ah le joli mois de mai à Paris</title>
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		<pubDate>Wed, 11 May 2011 13:06:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
		<category><![CDATA[Dans les médias]]></category>
		<category><![CDATA[Valérie Pécresse]]></category>

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		<description><![CDATA[La fée de la rue Descartes est vent debout pour défendre le bilan de son mentor en n’oubliant pas, carrière oblige, de mettre en avant sa propre action universitaire. Regardons-y d’un peu plus près. « Avec l’autonomie [déclare-t-elle au Figaro[1]] la personnalisation des formations est devenue le maître mot […] aux uns nos universités proposent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/05/Un-joli-mois-de-mai.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1850" title="Un joli mois de mai" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/05/Un-joli-mois-de-mai.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La fée de la rue Descartes est vent debout pour défendre le bilan de son mentor en n’oubliant pas, carrière oblige, de <a href="http://www.youtube.com/watch?v=nczeiySItww">mettre en avant sa propre action universitaire</a>. Regardons-y d’un peu plus près. « <em>Avec l’autonomie </em>[déclare-t-elle au Figaro[1]] <em>la personnalisation des formations est devenue le maître mot</em> […] <em>aux uns nos universités proposent de suivre des doubles formations</em> […]<em> aux autres la possibilité d’effectuer un stage dès la licence </em>». <a href="http://www.lesechos.fr/enjeux/">Enjeux les Echos</a>, signale que de telles initiatives constatées au sein de Sorbonne Université restent des exceptions. Certes, et de plus, c’est bien avant la loi Pécresse, lorsque j’en étais le président, que l’<a href="http://www.upmc.fr/">UPMC</a> a créé avec <a href="http://www.sciencespo.fr/">Sciences Po</a> des doubles formations et avec <a href="http://www.paris-sorbonne.fr/">Paris Sorbonne</a> la double licence de sciences et de musicologie. Ni la loi ni la ministre ne sont pour quoi que ce soit dans la création du collège de droit de Panthéon Assas et du collège de la Sorbonne qui regroupe 13 (et pas 3) doubles cursus exigeants. Tout ceci résulte d’une application intelligente de la réforme LMD, tout au plus peut-on mettre à l’actif de la direction de l’enseignement supérieur qu’elle a renoncé à entraver leur mise en œuvre.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Quant aux nouveaux partenariats que nouent nos universités avec les entreprises ils garantissent que leurs formations déboucheront sur un emploi</em> [2]» il s’agit d’un vœu pieux car le système dérégulé du marché est incapable d’assurer quoi que ce soit. Bien au contraire, ce qui permettra aux étudiants de rebondir dans le futur ce sont des formations ouvertes assurant une solide formation pluridisciplinaire et pas la réponse étroite à des entreprises incapables de prédire ce que sera l’emploi au-delà de quelques années. L’UPMC comme d’autres n’a pas attendu la ministre pour mettre en place une politique de formation en alternance depuis une bonne quinzaine d’années.<span id="more-1846"></span></p>
<p style="text-align: justify;">La ministre poursuit dans la même tribune libre : « <em>Il y a deux ans, au plus fort de la crise, le président de la république décidait de consacrer 22 des 32 milliards d’Euro du grand emprunt à l’enseignement supérieur </em>[…] <em>Les premiers résultats des investissements d’avenir démontrent que Nicolas Sarkozy avait raison de miser sur l’imagination de nos enseignants et de nos chercheurs</em> ». L’hebdomadaire Enjeux Les Echos3 a un avis plus nuancé. « <em>Après quarante ans de sclérose, les universités françaises se sont remises en mouvement</em> […] <em>depuis 2006 une série de réformes à tiré l’institution de son apathie. Devenu président, Nicolas Sarkozy les a élevées au rang de priorité budgétaire. Pour autant, la dynamique reste fragile. Engourdies par des décennies d’hibernations, les universités peinent à digérer les transformations impulsées depuis cinq ans.</em> » Marie Pascale Deschamps et Lionel Steinmann ont la mémoire un peu courte, sans doute n’étaient-ils pas nés en 1968. C’est plutôt en 1969 avec la loi Edgar Faure – avant les universités n’existaient pas – et surtout au début des années quatre vingt dix avec la contractualisation, que les universités ont entrepris leur longue marche vers l’autonomie. D’ailleurs l’application de la loi Pécresse par les directions ministérielles de l’enseignement supérieur et du budget a plutôt limité l’autonomie que la nouvelle loi était censée renforcer.</p>
<p style="text-align: justify;">L’hebdomadaire Enjeux les Echos a raison de souligner que trois ans après le lancement un plan campus « audacieux » de «<em> 5 milliards d’euro pour faire jaillir ou rénover douze campus du 21ème siècle, les premiers coups de pioche se font encore attendre</em> » et l’argent du plan campus, comme celui des 22 milliards des investissements d’avenir, est toujours à Bercy ! Quant aux premiers résultats de ceux-ci, c’est surtout un surcroît de travail et de dépenses qu’ils ont occasionné aux universités. Pour l’instant, ce n’est pas travailler plus pour gagner plus ! La première édition du classement de Shanghai en 2003 classait la première université française, l’UPMC, à la 65ème place et l’<a href="http://www.u-psud.fr/fr/index.html;jsessionid=57F2EC8FBB374CE47038F8279232768E.default">université Paris Sud 11</a> à la 73ème place. Dès 2007 elles étaient remontées à la 40ème et à la 50ème place. Elles ont peu évolué depuis et ni la loi Pécresse ni les investissements d’avenir ne sont pour quelque chose dans leur progression.</p>
<p style="text-align: justify;">L’hebdomadaire fait remarquer, comme la cours des comptes et comme je l’ai fait moi-même à plusieurs reprises, que le nouvel intérêt porté par la ministre aux pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) créés par le gouvernement de Villepin était contradictoire avec la loi de 2007 et ne pouvait que ralentir le plein accès à l’autonomie. Pour se défendre, la <a href="http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2011/04/06/valerie-pecresse-la-mere-fouettard-des-presidents-duniversite-parisienne/">ministre nous rejoue le refrain de « l’Etat Stratège »</a> : « <em>Pour préparer l’excellence de demain, nous avons [dit-elle] lancé un travail de stratégie territoriale</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">C’est à mourir de rire en Ile de France. La logique de vente à la découpe de Paris Sud au profit, bien aléatoire, de SaclayTech – dont d’ailleurs ni l’<a href="http://www.polytechnique.fr/">Ecole Polytechnique</a>, ni <a href="http://www.hec.fr/">HEC</a> ne veulent entendre parler – n’a pas résisté à l’examen du jury international et déclenché un réflexe salutaire à Paris Sud. A Paris intra-muros un brillant stratège polytechnicien a conduit à adouber deux monstruosités. Devant le fiasco de la fusion Paris 5 Paris 7 pourtant claironné par la ministre il a appuyé « <em>un projet radial de part et d’autre du périphérique qui </em>[de Bondy à Montrouge, selon ses concepteurs] <em>s’inscrit dans la logique du grand Paris</em> ». Et imposé, en contrepartie de largesses immobilières au centre de Paris, un regroupement improbable au nord de la capitale d’humanités inhumaines et de sous technologie qui refusent de frayer avec l’enfant chéri de mai 68. Le même « joyeux luron » s’est évertué sans succès à contrecarrer la création de Sorbonne Université et a mené campagne avec succès et l’appui de Bercy contre la dévolution des biens immobiliers à la première université française pour la punir de refuser de donner son centre de recherche des Cordeliers à celui qui à l’époque était dans les petits papiers de la ministre et par ce que ses compères de Bercy refusaient de transférer à l’UPMC la soulte sécurisée pour la remise en état du campus Jussieu. On peut mieux faire en matière de stratégie pour des ensembles qui regroupent 90% de la recherche francilienne toutes disciplines confondues.</p>
<p style="text-align: justify;">L’autonomie sans les moyens c’est la dépendance a fort justement rappelé Louis Vogel, président de la conférence des présidents d’université et de Sorbonne Université. Qu’en est-il réellement de la soi-disant augmentation des moyens des universités une fois considéré que les investissements d’avenir, s’ils surviennent réellement – des contraintes liées au déficit budgétaire abyssal créé par la droite peuvent très bien les remettre en cause après 2012 – n’ont eu encore aucun effet, moins de 1% des revenus des 22 milliards aura été distribué aux heureux lauréats à la fin de l’année ? Certes en 2009 et 2010 des crédits supplémentaires avaient été distribués à certaines universités parfois à titre de rattrapage comme à Lille mais souvent sur une base partisane. Mais les deux premières universités françaises, l’UPMC et Paris Sud n’en ont pas bénéficié. Bien au contraire, la première annonce un déficit chronique de 20 millions d’euros et a été obligée de puiser dans son fond de roulement pour le plus grand plaisir des fonctionnaires de Bercy. Même le Germanopratin dont l’université avait pourtant été arrosée se complaint du budget 2011 et dénonce « <em>une diminution claire des crédits</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Concernant les initiatives d’excellences <a href="http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2011/04/06/valerie-pecresse-la-mere-fouettard-des-presidents-duniversite-parisienne/">Valérie Pécresse a déclaré</a> « <em>Lorsqu’on organise des jurys internationaux pour examiner des appels à projets, il faut accepter le risque que des réputations ne soient pas récompensées</em> ». Fortes paroles que j’approuve car l’avenir de l’université mérite mieux qu’un galant babillage bien peu descartien entre le Germanopratin et la Fée de la montagne. Espérons que cette publication ne soit pas le prodrome à une nouvelle maladie, le contournement des jurys internationaux pourtant portés aux pinacles par les deux compères. Nous verrons bien si la ministre saura résister aux pressions ou si, comme il se murmure ici ou là, une nouvelle entorse sera faite à ses fortes déclarations pour sauver la face de l’Aristocratie Médicale Parisienne et de la Noblesse d’Etat exilée sur le plateau des milles vaches. Dans son babillage la ministre prétend à propos de Sorbonne université, page 127, « <em>Pour construire la gouvernance commune de cet ensemble, il a fallu des mois et des mois de discussion, au point que j’ai parfois douté, il faut bien le dire, d’une volonté commune assez forte pour aboutir</em> ».  Ce n’est pas bien pour une bonne chrétienne de mentir ainsi. Elle sait fort bien que ce furent ces messieurs-dames de son cabinet qui renâclaient à donner leur aval à la création de Sorbonne Université. Le nom ne leur allait pas, il fallait donner du temps à la concurrence pour s’organiser afin qu’elles récupèrent aussi la référence à la Sorbonne. Ils refusaient aussi la forme juridique de fondation, ils voulaient un Etablissement Public afin de mieux nous contrôler. C’est l’arbitrage de l’Elysée qui a mis fin à cette opposition.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le reste, à savoir le bilan réel de la politique de Nicolas Sarkozy envers les universités il est trop tôt pour en juger. Les universitaires en feront un bilan, que je souhaite sans complaisance mais aussi sans esprit partisan, à la fin de l’année. Il n’est pas encore clair à mes yeux si elle a réellement conforté les universités, et surtout si elle aidera effectivement à la relance de l’économie du pays. On saura alors qui sera le candidat socialiste et quelle politique économique et universitaire alternative il proposera au pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Une bonne politique universitaire ne vaut rien sans une bonne politique sociale et une bonne politique sociale ne se construit pas sur une politique de peur et d’exclusion. Une bonne politique sociale ne se construit pas si les caisses de l’Etat sont vidées au profit des plus riches. Une bonne politique sociale n’est rien sans le plein emploi. N’oublions pas un certain mois de mai <a href="http://www.youtube.com/watch?v=lPomz4D8hW0&amp;feature=related">il y a 75 ans</a>. Comme aujourd’hui, en Europe certains avaient faim, comme aujourd’hui tous voulaient du travail, comme aujourd’hui l’extrême droite montait en puissance. L’histoire bégaye dit-on, elle ne se reproduit pas à l’identique. Certes, trente huit millions de civils furent tués par les nazis et leurs alliés, on peut certainement faire mieux avec les progrès scientifiques et techniques. 1945 n’efface pas les années trente mais les années actuelles les rappellent cruellement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Palaiseau le 10 mai 2011</strong></p>
<p>[1]<em> Le Figaro du vendredi 6 mai 2011 page 14</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em>Enjeux Les Echos numéro 279 des 6 et 7 mai 2011</em></p>
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		<title>&#171;&#160;Je suis X-Mines mais je me suis soigné…&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Feb 2011 09:15:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/02/Je-suis-X-Mines-mais-je-me-suis-soigné.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1760" title="Je suis X-Mines mais je me suis soigné" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/02/Je-suis-X-Mines-mais-je-me-suis-soigné.jpg" alt="" width="497" height="71" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">C’est en ces termes que Patrick Mehr, président de <a href="http://www.plunkettlakepress.com/">Plunkett Lake Press</a>[1], a titré un point de vue dans « <em><a href="http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/societe/221133338/suis-x-mines-suis-soigne">Les Echos</a></em> ». Constatant lors de son dernier voyage à Paris le pessimisme ambiant, tout particulièrement chez les jeunes, il le met en relation avec le fait que « l<em>a sélection et la formation des élites comptent toujours parmi les activités les plus importantes du gouvernement français : dès leur enfance, les jeunes Français se préparent à passer les examens et concours requis pour entrer dans les grandes écoles (créées en 1794). Devenus adultes, ces diplômés de l&#8217;Ecole polytechnique, de l&#8217;Ecole nationale d&#8217;administration ou de l&#8217;Ecole normale supérieure obtiennent automatiquement des postes de direction dans les ministères et dans les grandes entreprises&#8230; et sont assurés de ne jamais être sans emploi </em>». La solution qu’il propose pour inciter les jeunes Françaises et les jeunes Français les plus créatifs à créer leur propre entreprise, « <em>abolir tous les grands corps de l&#8217;Etat </em>», risque fort de déclencher un pityriasis multiforme à la noblesse d’Etat.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pourtant cette mesure, plus que les 50 000 suppressions de postes dans l’enseignement secondaire programmées en 2010 et 2011, serait en mesure d’être le déclencheur d’une nouvelle croissance. N’en déplaise au braiement des produits de la sélection à la française, c’est bien ce nœud gordien qui tient le pays en otage. Il doit être tranché. Berlusconi a sa mafia, la France a ses écoles. Depuis 1871 la France court après l’Allemagne, mais elle a toujours un train de retard. En 1971 elle croyait posséder la meilleure armée du monde, ce fût l’humiliation de Sedan. En 1914, elle croyait en une guerre de mouvement, les pantalons garance se firent hacher menu à la mitrailleuse et le cours de la guerre ne fût tranché qu’après l’entrée en guerre des États-Unis. En 1936 ce fût l’illusion de Maginot, le refus de développer l’arme d’attaque blindée et le retard dans la construction d’une aviation militaire alors que la république de Weimar puis le troisième Reich réarmaient en secret avec l’aide de l’union soviétique que nous snobions. La conséquence fut terrible en 1940 et nous subîmes la seconde raclée de Sedan. Plutôt que de se glisser dans l’Europe allemande d’Angela Merkel, qui, pour n’être évidemment pas du même tonneau que l’Europe Allemande nazie, considère d’abord ses propres intérêts, nous ferions mieux d’examiner avec soin ses actions.</p>
<p style="text-align: justify;">Un exemple particulièrement éclairant de l’action délétère de la Noblesse d’Etat est la façon dont est exécutée la politique universitaire de Sarkozy.<span id="more-1755"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Il n’y a plus grand monde aujourd’hui pour contester que l’autonomie universitaire était un préalable nécessaire pour que la recherche et l’innovation trouvent un second souffle dans notre pays et qu’elle conditionnait une augmentation importante des moyens des universités. Il suffit de considérer les chiffres affichés par les principales universités nord américaines et européennes pour constater qu’en matière de recherche et d’innovation les résultats sont directement le reflet des investissements financiers. Dès sa prise de fonctions, Sarkozy savait très bien que les finances de l’Etat ne lui permettraient pas de remettre à niveau les budgets universitaires. C’est dans ce contexte que certains de ses conseillers ont eu l’excellente idée  d’utiliser les revenus générés par la vente des actions d’EDF pour lancer le plan campus, en laissant entendre que la quasi totalité irait aux universités autonomes à hauteur des revenus de 5 milliard d’euros placés. Ils avaient également obtenu qu’une partie de l’argent récupéré auprès des banques, qu’il avait fallu refinancer en catastrophe, serve aux universités, à hauteur des revenus de 11 milliards d’euros placés, dans le cadre du « grand emprunt ». Huit milliards d’euros étant consacrés à la recherche. Deux stratégies  étaient possibles, identifier rapidement les dix sites universitaires et les capitaliser d’urgence ou bien monter des dispositifs d’appel d’offres multiples pour donner l’illusion de la compétition. Dès 2006, le gouvernement allemand avait choisi la première solution. La France a choisi une voie hybride : décisions « <em>à l’allemande pour le campus de Saclay</em> » et organisation d’un vaste foutoir d’appels à proposition pour le reste du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi une telle différence ? Il était impensable pour la Noblesse d’Etat que la filière ségrégationniste contrôlant l’accès aux grands corps dont parle Patrick Mehr soit laissée à l’écart. Par exemple l’opération Saclay permettait de protéger l’<a href="http://www.polytechnique.fr/">Ecole Polytechnique</a> et de forcer d’autres écoles[2], et l’<a href="http://www.u-psud.fr/fr/index.html;jsessionid=76A01AFA2C250366FA37290D20068D2B.default">université Paris Sud</a>, à se mettre au pas cadencé derrière elle. Très vite certains conseillers issus des grandes écoles, appartenant aux grands corps de l’Etat, qui foisonnent à l’Elysée, à Matignon où dans l’environnement de Valérie Pécresse, se sont ressaisis. Et plus ils applaudissaient fort aux discours de Sarkozy, plus ils imaginaient les contre-mesures permettant de torpiller la montée en puissance d’universités réellement autonomes. La première chose qu’ils ont obtenu fut que l’argent du plan campus ne serve pas ni à capitaliser les universités ni à financer la vie universitaire du regroupement entre les trois universités qui composent aujourd’hui Sorbonne Université. La seconde chose fut que l’argent du soit disant « grand emprunt » promis aux universités soit balkanisé en de multiples initiatives permettant d’en faire bénéficier leurs « écoles » et surtout, par le biais des multiples comités ad hoc constitués, redonne du grains à moudre à leur confrérie. C’est l’illustration de ce que Patrick Mehr appelle « <em>le contrôle gouvernemental étouffant et archaïque sur les initiatives entrepreneuriales en France </em>».  Le résultat tangible peut être constaté aujourd’hui, quatre ans après les annonces fracassantes sur le refinancement des universités françaises. L’opacité du processus et de la gestion des fonds rendent difficile une vision précise de son ampleur. Mais on peut estimer qu’une infime fraction de l’argent disponible a été distribué. Les universités allemandes, choisies en moins de six mois en 2006, obtenaient 100% des moyens disponibles soit 1,5 milliard d’euros sur 5 ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Patrick Mehr considère que : « <em>l&#8217;esprit d&#8217;initiative et le talent des jeunes Français les mieux formés doivent être libérés afin que l&#8217;économie française bénéficie de leur créativité. La richesse nationale résulte de la vitalité des entreprises nouvelles, des créations artistiques et scientifiques, des actions politiques en profondeur ; pas de l&#8217;accumulation sans fin de réglementations produites par des fonctionnaires hautement qualifiés </em>». Je ne peux que l’approuver. Cependant il constate qu’aucun haut fonctionnaire ne recommandera la suppression des « <em>grands Corps de l’Etat </em>» car « <em>on ne scie pas la branche sur laquelle on est [confortablement] assis </em>». Certes, mais à tout le moins peut ont exiger qu’ils soient recrutés de manière ouverte à partir de candidats possédant au moins un  doctorat d’université et non pas par choix à partir de classements établis au sortir des petites « grandes écoles » de la République auxquelles on accède plus par déterminisme social que par ses qualités propres. Et sans doute doit on exiger qu’une concurrence loyale soit instaurée entre ces écoles et les universités.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Palaiseau le 13 février 2011</strong></p>
<p style="text-align: justify;">{1] <em>Plunkett Lake Press est une entreprise américaine spécialisée dans la publication de livres en ligne. Elle est basée à Lexington dans le Massachusetts.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em><a href="http://www.agroparistech.fr/">AgroParisTech</a>, <a href="http://www.ecp.fr/">École centrale de Paris</a>, <a href="http://www.ensae.fr/"><acronym>Ensae</acronym></a>, <a href="http://www.ens-cachan.fr/"><acronym>ENS</acronym> Cachan</a>, <a href="http://www.mines-paristech.fr/corpstechniques/CTE.html">École des mines de Paris Télécom Paris</a>, <a href="http://www.supelec.fr/">Supelec</a>, <a href="http://www.hec.fr/">HEC</a>, <a href="http://www.ensta.fr/">Ensta</a></em></p>
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		<title>Paroles, paroles, paroles &#8230;</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2011 10:59:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
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		<description><![CDATA[Les chiffres sont cruels, le score moyen en mathématiques des élèves français chute de 14 points entre 2003 et 2009 (enquête PISA 2009), ils obtiennent un score en sciences qui stagne et se révèle tout aussi moyen. Pourtant, 50 % des lycéens de la voie générale s’orientent en première S qui devrait être la filière [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/02/Paroles-paroles-paroles.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1750" title="Paroles, paroles, paroles" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/02/Paroles-paroles-paroles.jpg" alt="" width="497" height="71" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les chiffres sont cruels, le score moyen en mathématiques des élèves français chute de 14 points entre 2003 et 2009 (enquête PISA 2009), ils obtiennent un score en sciences qui stagne et se révèle tout aussi moyen. Pourtant, 50 % des lycéens de la voie générale s’orientent en première S qui devrait être la filière scientifique par excellence. Comment dans ces conditions redonner aux élèves le goût pour les carrières scientifiques et relever leur niveau pour rendre la France plus compétitive dans la recherche et l’innovation ?</p>
<p style="text-align: justify;">Face à cette situation le ministre Luc Châtel propose une énième réforme du lycée qui vient de recevoir une volée de bois vert de l’association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public : « <em>Ce plan sciences est un écran de fumée qui masque la diminution des heures de sciences pour la série S et la disparition des mathématiques dès la seconde pour la série des « </em>littéraires <em>» les professeurs des sciences de la vie et de la terre ne sont d’ailleurs pas en reste, ils estiment que leurs disciplines « </em>perdent une demi-heure en seconde et une heure en première par semaine.<em> » </em>Alors que leur enseignement était expérimental, les cours en groupes restreints sont diminués.<em> </em>Eric Barbazo, président de l’association des professeurs de mathématique de conclure :<em> « Ce n’est pas comme cela que l’on va concurrencer les élèves indiens et chinois</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’en est-il réellement ? Les jeunes français sont-ils devenus des crétins en moins d’une décennie ? Et des incultes puisque les tests PISA montrent aussi un recul dans la compréhension de l’écrit.<span id="more-1747"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Selon le ministère de l’Education nationale, 530 326 élèves ont obtenu en 2010 le baccalauréat : 280 000 un bac général, en recul de 1 800 (52,8% de l’ensemble), 133 000 un baccalauréat technologique (25,1%), 117 300 un baccalauréat professionnel (22,1%). On peut donc évaluer à 148 000 le nombre de bacheliers S sortant du lycée en 2010. Selon <a href="http://www.educpros.fr/">Educpros</a> près d’un bachelier sur cinq issu de cette série ne poursuit pas d’études de scientifiques juste après le bac, ce qui signifierait que 118 000 bacheliers poursuivent des études scientifiques. Or il n’en est rien, les filières scientifiques de l’université sont tellement décriées que seuls 13 000 d’entre eux choisissent d’entrer dans une licence scientifique. Et parmi ceux-ci, les titulaires de mentions Très Bien et Bien ne représentent qu’une infime fraction, pas plus de deux centaines pour les premiers. Mais où sont donc passés les autres ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les professeurs des matières scientifiques des lycées seraient bien avisés de se livrer à une introspection sur leur rôle social et leur utilisation progressive depuis trente ans comme juges de paix de la ségrégation sociale. Chacun d’entre eux sait bien, même si la majorité refuse de l’admettre, que la filière S ne signifie plus scientifique mais sélective. Je prétends moi qu’elle est l’aboutissement d’une logique ségrégative.</p>
<p style="text-align: justify;">Une grande partie des bacheliers s’inscrira en première année de médecine dont le taux de sélection est l’un des plus féroces (15% de reçus) de l’enseignement supérieur avec des possibilités de second choix faibles en pharmacie, odontologie ou maïeutique[1]. Seuls ceux qui ont des mentions au baccalauréat ont une chance raisonnable de l’emporter, car la sélection repose d’abord sur des critères scientifiques. Ceux qui ratent se réorientent rarement en sciences car c’est plus le désir d’une position sociale qu’un attrait pour la médecine qui les motivait[2]. Ils vont rejoindre la minorité qui, d’emblée a choisi Dauphine, ses succédanées ou des études de droit. En fait la majorité des élèves de section S font des classes préparatoires aux grandes écoles ou aux écoles de commerce. Dans ces classes, les matières non scientifiques occupent moins de 10% du temps d’activité des élèves. En effet, c’est encore sur les sciences dures que reposera ensuite la sélection vers la crème de la Noblesse d’Etat.</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons le cas des concours majeurs d’entrée dans le premier fleuron de la Noblesse d’Etat, l’école polytechnique. La durée cumulée des épreuves écrites y est en heures de :</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/02/Paroles-paroles-paroles.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1748" title="Paroles, paroles, paroles" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/02/Paroles-paroles-paroles.bmp" alt="" width="497" height="194" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Seule une minorité des polytechniciens fera ensuite de la recherche qu’elle soit fondamentale ou appliquée. Il en est de même pour la plupart des autres grandes écoles à l’exception de l’Ecole normale supérieure. Les sciences dures ne sont bien dans ce cas qu’un outil de sélection. La France manque dit-on d’ingénieurs, mais la conférence des écoles d’ingénieurs vient de s’élever contre l’augmentation du nombre de filières d’ingénieurs dans les universités et exige que la commission du titre d’ingénieur garde ses prérogatives malthusiennes. Les grandes universités scientifiques sont pourtant largement en mesure de doubler le nombre d’ingénieurs qu’il conviendrait de former pour répondre aux besoins s’ils s’avéraient réels. Par  ailleurs le modèle universel de formation des ingénieurs s’inscrit dans l’université alors que le modèle français des écoles leur confère une formation rabougrie comme l’indique le président de l’UPMC[3]. En réalité la CTI veille car les bonnes places ne sont pas si évidentes à trouver comme vient de le montrer de manière fracassante l’OCDE quand elle constate le recul industriel de la France face à l’Allemagne. Pour innover encore faut-il trouver et donc chercher. Chez nous le commercial est roi ! Mais on commerce quoi ? Ce qu’ont fabriqué les autres pays ?</p>
<p style="text-align: justify;">C’est là où l’on peut pointer le caractère diabolique que la politique en cours. Le pseudo-naïf Luc Châtel[4], qui connait bien l’université puisqu’il y a été formé, aura beau affirmer vouloir toutes les réformes du lycée du monde, tant que les disciplines scientifiques et en particulier les mathématiques seront utilisées comme outils de sélection au service de la caste dominante, rien ne changera. Paroles, paroles, paroles…</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité Valérie Pécresse veille. Elle n’est pas passée par l’université. L’autonomie universitaire n’est pour elle qu’un slogan. Sa politique, dévoilée par le plan campus et par l’utilisation qu’elle fait de l’argent du grand emprunt, vise tout simplement à mettre les universités sous la férule de la Noblesse d’Etat à laquelle elle appartient. C’est d’ailleurs le sens de sa stratégie sur le plateau de Saclay où l’université Paris Sud n’a été acceptée qu’à la découpe pour éviter que son poids scientifique ne l’impose comme le leader naturel. La fondation de coopération scientifique du plateau de Saclay sera présidée par un  ingénieur général du génie rural, des eaux et des forêts dont la production scientifique est plus que modeste. Pour la ministre pas question de remettre en cause un dispositif qui renouvelle si bien l’espèce. Certes, il importe d’y incorporer quelques nouvelles recrues (d’où les internats d’excellence et autres ambitions réussites) mais à condition de ne pas bouleverser l’architecture sociale.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce dispositif, strictement conservateur, n’est nullement favorable à l’éclosion d’idées nouvelles, pour ne pas dire révolutionnaires (mot au demeurant honni par la caste qui gouverne). La recherche et l’innovation ne se décrètent pas. La kyrielle d’écoles d’ingénieurs et de commerce n’a jamais été la source première de celles-ci. Trop peu d&#8217;ingénieurs sont docteurs et les laboratoires au sein des écoles ne sont pas assez nombreux et ne servent pas assez à soutenir l&#8217;enseignement des dites écoles et l&#8217;initiation à la recherche de leurs étudiants.  Et pour mieux préserver les chemins spécifiques qui permettront, du moins le pense-t-elle, de sécuriser le dispositif, la ministre favorise comme jamais le secteur privé. Le blogueur Dubois n’a aucun mal à montrer qu’elle encourage et favorise la création de  prépa privées (26% des nouvelles prépas cette année). On peut d’ailleurs se demander si ce n’est pas pour protéger les prépas privées au concours de médecine, qu’elle se refuse à laisser les universités libres de leurs méthodes de sélection en continuant d’imposer un programme national indigent. Plus globalement, la carte de France des prépas montre <a href="http://blog.educpros.fr/pierredubois/2011/02/01/842-cpge-dont-42-nouvelles/  ">le caractère politique de leur implantation</a> (7 prépa à Meaux une à Créteil). Ce qui est une indication de plus de l’entreprise de renforcement du système ségrégationniste !</p>
<p style="text-align: justify;">Les expériences de rencontre étudiants-entreprises, mises en place par <a href="http://www.la-manu.fr/ ">La Manu</a> ces deux dernières années, montrent qu’il est possible de mobiliser les étudiants pour qu’ils fassent valoir leurs talents face aux recruteurs potentiels. Ces derniers constatent qu’ils découvrent la richesse du savoir faire des générations d’étudiants actuelles. Mais dans le même temps, la plupart d’entre eux ne savent pas quoi en faire car ils ne rentrent pas dans les clous du formatage imposé par les directions des ressources humaines. C’est précisément ce formatage qui est à l’œuvre dans le concubinage CPGE/Ecoles. Ce formatage est un frein puissant à des démarches innovantes. Une bonne formation universitaire n’est pas celle qui formate. C’est celle qui parachève l’œuvre éducative en rendant les étudiants curieux, inventifs et critiques sur eux-mêmes et le monde dans lequel ils sont. Ce sont précisément ces qualités que le tissu économique français a le plus grand mal à exploiter. Et quand par hasard ils s’en trouvent pour se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise, l’extrême radinerie du système bancaire français qui ne prête qu’aux riches et des capitaux risqueurs français qui n’aiment pas le risque, rend particulièrement aléatoire leur réussite[5].</p>
<p style="text-align: justify;">Tout le reste n’est que <a href="http://www.youtube.com/watch?v=_ifJapuqYiU ">paroles, paroles, paroles…</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Paris le 5 février 2011</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>La maïeutique, du grec μαιευτικη, par analogie avec le personnage de la mythologie grecque Maïa, qui veillait aux accouchements.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2]<em> D’ailleurs, cela n’est pas sans retentissement sur leurs exigences en matière de revenus aujourd’hui étant issu du groupe considéré comme le vivier de l’élite, dans leur majorité ils considèrent comme déclassés et refusent maintenant de s’installer dans de nombreux sites perçus comme trop isolés ou trop dangereux. A une période où le rapport entre le nombre des médecins et des habitants n’a jamais été aussi élevé dans notre pays, se reconstituent des déserts médicaux. </em></p>
<p style="text-align: justify;">[3] <em>Dépêche n°144946 Paris, Vendredi 4 février 2011, « </em>Le gros inconvénient du cursus type qui sous-tend les évaluations de la CTI, outre le bachotage et l&#8217;orientation précoce qu&#8217;il induit, est qu&#8217;il est hyper-spécialisé, faisant largement l&#8217;impasse sur les sciences humaines et les sciences de l&#8217;ingénieur. Ce cursus est en effet construit autour de la préparation d&#8217;un concours basé sur les mathématiques, et dans une moindre mesure, sur la physique. Une fois l&#8217;école intégrée, les futurs ingénieurs disposent de très peu de temps pour approfondir les bases scientifiques et techniques de leur future expertise. En fait, pour la plupart ils abandonnent les exigences scientifiques (ils sont sûrs de sortir avec le diplôme) et perdent tout contact avec la recherche, assure le président de l&#8217;UPMC. À l&#8217;étranger, les trois &#8211; ou quatre &#8211; premières années sont beaucoup plus pluridisciplinaires qu&#8217;en France. L&#8217;étudiant fait des mathématiques et de la physique, mais aussi de l&#8217;informatique, une bonne dose de sciences humaines (économie, gestion, sociologie, …). Il est en mesure de choisir une spécialité d&#8217;ingénierie dont il a tout le temps d&#8217;approfondir les bases scientifiques et techniques. Ainsi, les meilleures années de l&#8217;étudiant sont réellement consacrées à une approche scientifique du métier et cela débouche plus naturellement sur la recherche pour les meilleurs. Le principal enjeu pour les formations d&#8217;ingénieurs en France concerne l&#8217;ouverture sur la recherche et la culture de l&#8217;inventivité et de l&#8217;innovation<em> ». </em></p>
<p style="text-align: justify;">[4] <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Chatel">S</a><em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Chatel">elon Wikipédia</a>, Luc Châtel, né d&#8217;un père amiral et d&#8217;une mère professeur de danse, passe sa scolarité chez les jésuites, au Lycée Saint-Louis-de-Gonzague dans le 16e arrondissement de Paris. Étudiant à l&#8217;Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il y obtient une maîtrise de sciences de gestion en 1987 puis un DESS de marketing en 1988. Diplômé, il intègre le groupe international de cosmétiques L&#8217;Oréal en 1990. Il travaille initialement dans le marketing en qualité de chef de produit, puis devient DRH d&#8217;une entité du groupe, poste qu&#8217;il occupe jusqu&#8217;à son élection à l&#8217;Assemblée nationale, en 2002.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[5] <em>Source : <a href="http://193.51.90.226/cahiers/ca8901.htm#part4">http://193.51.90.226/cahiers/ca8901.htm#part4</a></em></p>
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		<title>L’année de lapin sera-t-elle celle des dupes ?</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Jan 2011 13:04:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[CPU]]></category>
		<category><![CDATA[Valérie Pécresse]]></category>

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		<description><![CDATA[L’année 2010 est morte, cinquante années après que New York ait accueilli son tout nouveau jeune président John Fitzgerald Kennedy et que la visite De Gaulle en Algérie eut été l’occasion de vives manifestations nationalistes à Alger, Oran et dans de nombreuses autres villes, prodromes de l’inexorable marche de l’Algérie vers l’indépendance. Récapitulant les actualités, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/yannickgar/4546756602/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1718" title="Crédits photo Flickr YannGar" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/01/Crédits-photo-Flickr-YannGar.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L’année 2010 est morte, cinquante années après que New York ait accueilli son tout nouveau jeune président John Fitzgerald Kennedy et que la visite De Gaulle en Algérie eut été l’occasion de vives manifestations nationalistes à Alger, Oran et dans de nombreuses autres villes, prodromes de l’inexorable <a href="http://www.youtube.com/watch?v=OFX11hEriZ4 ">marche de l’Algérie vers l’indépendance</a>. Récapitulant les actualités, la télévision française sera contrainte pour la première fois <a href="http://www.ina.fr/video/AFE86003756/les-actualites-francaises-edition-du-28-decembre-1960.fr.html ">d’y faire brièvement référence</a> préférant cependant s’appesantir sur les explosions nucléaires de Reggane.</p>
<p style="text-align: justify;">La nouvelle année est celle du lapin blanc. Contrairement à ce que nous laisse croire Lewis Caroll, <a href="http://vimeo.com/12064139 ">le lapin blanc </a>n&#8217;est pas un animal blanc et doux comme son nom le laisse supposer. Selon l’Astrologue Russe Vladimir Pogoudine, « <em>c&#8217;est une créature assez sévère, et si nous regardons les précédentes années du lapin, nous verrons qu&#8217;elles ont marqué le début de la seconde guerre mondiale, la perestroïka, les attentats terribles en Russie en 1999. Pratiquement aucune de ces années n&#8217;a été calme </em>». D’ailleurs il y a cinquante ans la rupture des relations diplomatiques <a href="http://www.youtube.com/watch?v=Xo8SMzM8X-U ">entre les Etats-Unis et Cuba</a>, dès le début de l’année, relance la guerre froide et le 17 janvier Patrice Lumumba, élu démocratiquement premier ministre du Congo Belge, <a href="http://www.dailymotion.com/video/x937pp_patrice-lumumba-une-tragedie-africa_news ">est assassiné</a> sur l’ordre et avec la complicité des services secrets occidentaux.</p>
<p style="text-align: justify;">La Tribune, Le Figaro, Les Echos commentent complaisamment le fait qu’au premier Janvier 2011 ce sont 90% des universités françaises qui seront devenues autonomes. Le Monde et Libération sont plus circonspects. En réalité, <span id="more-1713"></span>l’autonomie concédée par la droite est sous haute surveillance de la Noblesse d’Etat. D’ailleurs la ministre a dû reconnaitre à demi-mot que les masses salariales avaient été mal estimées. Mais la réalité est plus sombre, d’une part la ministre qui part en campagne pour son mentor est devenue maîtresse dans l’art de l’illusion et de l’esbroufe et le monde universitaire sait bien que la prétendue hausse de 20% des crédits alloués aux universités résulte d’une manipulation des données digne de Laurent Bagbo. D’ailleurs les déclarations du tout nouveau Président de la CPU ne laissent aucun doute là-dessus.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Président de la première université française vient de déclarer, sans être contredit, que pour son université la sous-estimation de la masse salariale avait coûté trois millions d’euros à son fond de roulement[1] et que les errements de l’EPCJ (maintenant EPAURIF)[2] dans la maitrise d’ouvrage du chantier du campus Jussieu allait également mettre en danger l’équilibre financier de son établissement. Il aurait pu ajouter que cet établissement pourra utiliser les crédits destinés au campus Jussieu à d’autres opérations. Pour la première fois depuis plus de dix ans, l’UPMC n’a pas été en mesure de voter son budget annuel avant le début de son exercice. Belle autonomie que celle où les établissements sont laissés dans l’ignorance de leurs ressources du fait de la non application de la loi par l’Etat.</p>
<p style="text-align: justify;">Les présidents des universités passées à l’autonomie en 2009 et qui se sont fait gruger par la ministre alors qu’ils lui donnaient un sérieux coup de main feraient bien de méditer la fable de Jean de La Fontaine &laquo;&nbsp;<em>la forêt et le bucheron</em>&laquo;&nbsp;[3] et de cesser de lui prêter la main tant qu’elle n’a pas réglé ses dettes. Décidemment l’autonomie véritable reste à conquérir.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les indicateurs économiques montrent qu’il faut changer de cap. Changer de cap c’est donner plus de responsabilité aux acteurs économiques et sociaux, c’est conforter la décentralisation au lieu de la réduire, c’est favoriser la création d’une activité économique à fort contenu innovant. Ce n’est ni au sein des mastodontes du CAC 40, ni chez les banquiers ni chez les commerçants ou les agioteurs que cela pourra se produire. Ce n’est pas sous la férule des commis de l’Etat qui veulent tout régenter, tout contrôler, tout museler. Quand la droite se fait de nouveau la championne d’un jacobinisme effréné, la gauche doit retrouver le chemin de l’autogestion et de la liberté.</p>
<p style="text-align: justify;">Le débat sur l’avenir de notre pays dans l’Europe, car en dehors d’elle point d’espoir, est essentiel pour faire émerger une nouvelle politique. Comme ce fut le cas lors du front populaire, les jeunes doivent s’y impliquer afin qu’ils puissent « <em>aller au devant de la vie, aller au devant du matin, de l’amour et du bonheur</em> »[4].</p>
<p style="text-align: justify;">Palaiseau le 1er Janvier 2011</p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>Dépêche n°142576 du vendredi 17 décembre 2010 :<br />
</em><em>UPMC : la masse salariale effectivement payée dépasse de 3 millions d&#8217;euros la subvention du ministère Jean-Charles Pomerol, président de l&#8217;UPMC<br />
« Au rythme de 1 à 2 % par an, les universités qui ont commencé à puiser dans leur fonds de roulement (3 millions d&#8217;euros pour l&#8217;UPMC en 2010) vont vite se trouver financièrement étranglées et vont devoir opérer des coupes dans leurs missions pour remédier à une dérive qui ne leur est pas imputable », indique à AEF Jean-Charles Pomerol, président de l&#8217;UPMC, vendredi 17 décembre 2010. Selon lui, « il y a donc urgence à mettre en place un mécanisme d&#8217;ajustement de la masse salariale, qui garantisse une compensation exacte par l&#8217;État des charges qu&#8217;il transfère aux universités ». Le montant de la masse salariale transférée à l&#8217;UPMC en 2010 se situe aux alentours de 320 millions d&#8217;euro.<br />
Dans la masse salariale transférée, les postes temporairement vacants et les évolutions prévisibles comme l&#8217;impact de la pyramide des âges décidé les années précédentes n&#8217;ont pas pas été pris en compte, explique Jean-Charles Pomerol. « Si bien que dans de nombreuses universités la masse salariale effectivement payée dépasse à l&#8217;heure actuelle la subvention reçue du ministère ». Et de s&#8217;inquiéter : « À l&#8217;UPMC, elle est de 1 % supérieure à la subvention du MESR ».</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Selon Jean-Charles Pomerol, « différents facteurs » expliquent ce différentiel :<br />
- « La prise en compte du GVT a été écartée au moment des discussions préalables au passage aux RCE (1 million d&#8217;euros pour l&#8217;UPMC en 2010 et 1,65 million d&#8217;euros en 2011) ;<br />
- des postes de PU-PH ont été créés en médecine par le MESR et le ministère de la Santé pour répondre aux besoins d&#8217;actions nationales mais sans dotation de la masse salariale correspondante ;<br />
- le remplacement dans les services des surnombres en médecine (professeurs âgés de 65 ans demandant à être maintenus en activité, l&#8217;université ne pouvant s&#8217;y opposer) n&#8217;est que partiellement doté en masse salariale ;<br />
- l&#8217;augmentation du coût supporté par l&#8217;université de l&#8217;action sociale obligatoire (congés de longue durée, allocations de retour à l&#8217;emploi, remboursements des frais de transport domicile-travail, etc.) n&#8217;a jamais été compensée à hauteur des prestations effectivement versées. À l&#8217;UPMC, la dépense réelle d&#8217;action sociale est de 3 à 4 fois supérieure au montant transféré, soit 25 euros par agent ;<br />
- la mise en place du contrat doctoral incite les doctorants à s&#8217;engager dans des missions d&#8217;enseignement et de tutorat payées en plus de l&#8217;allocation de thèse par l&#8217;université (500 000 euros annuels selon l&#8217;estimation de l&#8217;UPMC). »</em></p>
<p>[2] <em> EPCJ : Etablissement Public du Campus Jussieu ; EPAURIF : Etablissement Public d’Aménagement Universitaire de la Région Ile de France.</em></p>
<p>[3]<em><br />
</em></p>
<p style="text-align: center;"><em>&nbsp;&raquo; Un bûcheron venait de rompre ou d’égarer<br />
Le bois dont il avait emmanché sa cognée<br />
Cette perte ne put sitôt se réparer<br />
Que la forêt en fut quelque temps épargnée.<br />
L’homme enfin la prie humblement<br />
De lui laisser tout doucement<br />
Emporter une unique branche,<br />
Afin de faire un autre manche ;<br />
Il irait employer ailleurs son gagne-pain ;<br />
Il laisserait debout maint chêne et maint sapin<br />
Dont chacun respectait la vieillesse et les charmes.<br />
L’innocente forêt lui fournit d’autres armes.<br />
Elle en eut du regret. Il emmanche son fer :<br />
Le misérable ne s’en sert<br />
Qu’à dépouiller sa bienfaitrice<br />
De ses principaux ornements.<br />
Elle gémit à tous moments :<br />
Son propre don fait son supplice.<br />
Voilà le train du monde et de ses sectateurs :<br />
On s’y sert du bienfait contre les bienfaiteurs.<br />
Je suis las d’en parler. Mais que de doux ombrages<br />
Soient exposés à ces outrages,<br />
Qui ne se plaindrait là-dessus !<br />
Hélas j’ai beau crier et me rendre incommode,<br />
L’ingratitude et les abus<br />
N’en seront pas moins à la mode.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: right;"><em>Jean de La Fontaine</em></p>
<p style="text-align: left;">[4] <em><a href="http://www.chambre-claire.com/PAROLES/ma-blonde.htm">http://www.chambre-claire.com/PAROLES/ma-blonde.htm</a></em></p>
<p style="text-align: right;">
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		<title>Valérie, bonne fée ou sorcière ?</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Dec 2010 15:43:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
		<category><![CDATA[Opération campus]]></category>
		<category><![CDATA[plan Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Saclay]]></category>
		<category><![CDATA[Valérie Pécresse]]></category>

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		<description><![CDATA[Lors du discours d’investiture du gouvernement de combat, le bourgeois de la Sarthe s’est vanté d&#8217;être celui qui avait réussi de nombreuses réformes, notamment celles des retraites et celle de l’université. Regardons-y de plus près. Fillon s’était en effet attaqué aux retraites dès 2003. Il avait réussi, avec l’aide de la CFDT, à faire passer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/12/Valérie-bonne-fée-ou-sorcière.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1699" title="Valérie bonne fée ou sorcière" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/12/Valérie-bonne-fée-ou-sorcière.jpg" alt="" width="497" height="71" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Lors du discours d’investiture du gouvernement de combat, le bourgeois de la Sarthe s’est vanté d&#8217;être celui qui avait réussi de nombreuses réformes, notamment celles des retraites et celle de l’université. Regardons-y de plus près.</p>
<p style="text-align: justify;">Fillon s’était en effet attaqué aux retraites dès 2003. Il avait réussi, avec l’aide de la CFDT, à faire passer une première réforme dont tout le monde pensait qu’elle serait insuffisante et qu’il faudrait y revenir. Une tentative d’amélioration de la gouvernance des universités avait fait les frais de l’opération. Je me souviens qu’Alain Juppé, alors patron de l’UMP, invité à un dîner des présidents des universités parisiennes avait, à l’époque, indiqué que le gouvernement reculerait sur tout sauf sur les retraites. En réalité, il n’a pas pu reculer sur la réforme LMD lancée par la gauche parce que ce sont les présidents d’université qui ont imposé son application. L’histoire bégaye puisque le financement des retraites selon la loi qui vient d’être adoptée devra être immanquablement revu dès 2014 ! La patate chaude est donc refilée aux suivants.</p>
<p style="text-align: justify;">Examinons maintenant la réforme des universités. Loin de moi de minimiser l’importance de la Loi d’août 2007, mais force est de constater qu’elle n’est pas arrivée sur un terrain en jachère. Depuis près de dix ans, imperceptiblement, les universités, en particulier celles possédant de fortes composantes scientifiques et médicales où la recherche primait, avaient commencé à modifier leur organisation. La réforme majeure s’était faite à bas bruit par une série d’étapes, ce fut d’abord la multiplication des laboratoires mixtes avec le CNRS, puis l’INSERM et l’INRA, ensuite la contractualisation des universités, enfin son phasage lors de leur renouvellement avec la détermination du financement récurrent des laboratoires mixtes de recherche. Seules les universités de sciences humaines, sociales et juridiques étaient en retrait châtrées qu’elles étaient par les Instituts de Sciences Politiques et l’EHESS qui faisaient main basse sur la recherche en accord avec le CNRS.</p>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup de présidents d’université avaient montré que pour aller de l’avant une meilleure organisation de la gouvernance de leurs établissements était indispensable. Pour eux, elle passait par une réorganisation des pouvoirs au sein de l’université visant à assurer la continuité des politiques universitaires sous la houlette des présidents et une remise à plat du rôle des UFR, laquelle passait par la diminution drastique de leur nombre. La noblesse d’Etat voyait d’un mauvais œil cette évolution, <span id="more-1694"></span>du même d’ailleurs que les syndicats. Car l’échelon intermédiaire, plus  stable, était aussi plus aisé pour eux à manœuvrer. Cette sainte alliance obtint l’enterrement de la seule mesure qui garantissait la poursuite du processus de modernisation : l’autorisation pour un président d’exercer deux mandats successifs et son corolaire, la mise au pas des secrétaires généraux. A la CPU on vit très clairement se dégager deux groupes, ceux qui voulaient une autonomie totale immédiate et la dévolution des biens, dont j’étais, et ceux qui n’en voulaient pas vraiment. Et je dois à la vérité de dire que ces derniers avaient l’appui des partis de gauche.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, c’est un groupe d’anciens présidents, sous la houlette de Bernard Belloc, qui réussirent à convaincre l’Etat Major de Sarkozy que l’autonomie universitaire, non seulement nécessaire dans le cadre des changements induits par l’économie de la connaissance, pouvait constituer un excellent argument de campagne électorale. Connaissant les résistances corporatistes et conservatrices actives au sein des universités, Bernard Belloc avait su convaincre l’Elysée qu’il fallait aller très vite. Un certain nombre de présidents ou d’anciens présidents classés à gauche lui prêtèrent main forte. Et c’est cette feuille de route qui fut assignée à Valérie Pécresse. Pendant toute l’année 2007 la ministre fut constamment rectifiée en ce sens par les « Hommes de l’Elysée ». Dès le début les conservatismes se manifestèrent, ils obtinrent le maintien des secrétaires généraux nommés par le ministre et le refus de laisser les universités libres de décider de la composition de leur conseil d’administration, du mode de désignation de leurs présidents et du format des instances devant réguler les activités universitaires de formation, de recherche et d’organisation intérieure. Mais dans l’ensemble le texte de loi adopté en août était acceptable et je l’ai défendu.</p>
<p style="text-align: justify;">La première contre-attaque de la haute administration et du conservatisme se manifesta dès septembre lors de la rédaction des articles du code de l’Education et de la Recherche et des décrets électoraux qui s’évertuèrent de conserver le plus de choses possible de l’ancien système alors qu’une autonomie réelle appelait simplification et diversification.</p>
<p style="text-align: justify;">L’année 2008 fut une année de dupes. Alors que les universités étaient engluées dans l’organisation des élections, la ministre annonce en janvier le lancement d’un « plan campus » dont la Noblesse d’Etat va très vite se saisir pour limiter l’autonomie universitaire. Les hommes du président avaient réussi à le convaincre d’utiliser la manne obtenue par la vente des actions de l’Etat dans France Télécom. Mais au lieu des 5 milliards d’euros prévus, ce ne furent que 3,7 milliards qui arrivèrent à Bercy. Les naïfs qui crurent un instant que cette somme pourrait servir à capitaliser les universités autonomes en furent pour leurs frais. Les hauts fonctionnaires de Bercy refusèrent de se séparer de ces liquidités et ne consentirent à attribuer au plan que les intérêts de cette manne qui resta à Bercy. Près d’un quart du financement sera affectée à l’opération Saclay qui s’apparente plus au « Gosplan » qu’à une opération universitaire.</p>
<p style="text-align: justify;">La loi LRU prévoyait dans son article 17 que « <em>Les activités de formation, de recherche et de documentation des établissements font l&#8217;objet de contrats pluriannuels d&#8217;établissement… Ces contrats prévoient les conditions dans lesquelles les personnels titulaires et contractuels de l&#8217;établissement sont évalués, conformément aux dispositions de l&#8217;article L. 114-3-1 du code de la recherche relatives à l&#8217;Agence d&#8217;évaluation de la recherche et de l&#8217;enseignement supérieur, ainsi que, le cas échéant, les modalités de la participation de l&#8217;établissement à un pôle de recherche et d&#8217;enseignement supérieur. Ils fixent en outre certaines obligations des établissements et prévoient les moyens et emplois correspondants pouvant être mis à leur disposition par l&#8217;Etat.</em> » En fait la Direction de l’Enseignement Supérieur et la Direction du Budget refusèrent de négocier avec les présidents des universités qui avaient été reconnues pertinentes pour accéder à l’autonomie au 1er janvier 2009 et utilisèrent les renseignements que leur communiquaient les secrétaires généraux pour minimiser la masse salariale. De plus, les décrets financiers obligèrent les établissements à faire gérer leur masse salariale par le trésor public qui en profita pour les taxer au passage. Il est certain que dans ces conditions, j’aurais personnellement proposé au conseil d’administration de mon université de sursoir au passage au budget global. Deux ans après, cette sous-estimation et la non prise en compte du glissement vieillesse technicité, du fait du refus de la négociation pluriannuelle, ont dès 2011, réduit considérablement les marges de manœuvres que certains présidents avaient pu obtenir en ferraillant toute l’année 2009.</p>
<p style="text-align: justify;">L’année 2010 s’ouvre avec l’annonce du grand emprunt, encore une fois, les conseillers de l’Elysée ont tenté de détourner une partie du pactole promis vers les universités. Encore une fois la noblesse d’Etat veillait pour imposer des procédures qui lui procurent du travail pour une bonne dizaine d’années. De plan campus en grand emprunt, la ministre n’a eu de cesse de mettre à mal l’autonomie universitaire tant vantée par le rejeton notarial, en particulier en veillant à l’émiettement des crédits qui, pour l’essentiel, n’iront pas dans les banques des universités. Le summum est atteint avec l’exigence faite aux établissements qui soumettent des projets en réponse aux appels d’offres pour l’obtention de laboratoires d’excellence ou d’initiatives d’excellence (reste à savoir ce que le mot excellence recouvre) de s’engager sur dix ans en matière d’investissement ou de masse salariale. Mais dans le même temps le ministère est incapable d’annoncer à ceux-ci quel sera leur budget 2011 et refuse toujours toute négociation contractuelle sur la masse salariale.</p>
<p style="text-align: justify;">Trois ans après le lancement du plan campus, seule une fraction infime des intérêts de la manne de France Télécom a été distribuée. La ministre ose faire figurer la rénovation du campus Jussieu parmi les projets du plan campus alors que son financement en avait été acté la dernière année du gouvernement Jospin et que le gouvernement Raffarin avait été mis dans l’obligation de la poursuivre par les décisions du tribunal administratif[1]. Par contre l’Opération Palaiseau Saclay qui va récupérer sans aucun appel d’offres sérieux près de trois milliards d’euros, favorise outrageusement les Ecoles (grandes et petites), le CEA et quelques mastodontes industriels, au détriment de la seconde université française dont l’autonomie est bafouée à chaque coin de rue, reçoit toutes les faveurs du pouvoir[2]. Et que dire de la prétention de Denis Ranque X-Mines ancien PDG de Thomson CSF (depuis devenue Thalès) qui larbine à ParisTech, dirigée par Cyryll Van Effenterre autre polytechnicien recyclé aux Eaux et Forêts. Il prétend que dans 10 ans ParisTech sera la première université Française. Il aura encore beaucoup de travail à faire pour y arriver si l’on compare les performances ces dix dernières années, en matière de publications scientifiques de l’ensemble de ses écoles, avec celles de la seule UPMC :</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/12/Valérie-bonne-fée-ou-sorcière1.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1700" title="Cliquez pour agrandir" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/12/Valérie-bonne-fée-ou-sorcière1.bmp" alt="" width="497" height="317" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Et si l’on se réfère au plateau de Saclay, l’université Paris Sud est largement en tête (4600 publications en 2009) devant polytechnique (1574 publications) et devant le reste des Ecoles déjà installées ou venant de s’installer sur le plateau (1129). Quant à celles qui restent à Paris leur apport est modeste et beaucoup d’entre elles ont des publications communes avec l’UPMC). Grosses entreprises, petites écoles, emprise du CEA voilà ce qui compte pour l’Enarchie. C’est tout sauf la « silicon valley ».</p>
<p style="text-align: justify;">Autonomie universitaire ? Pour la Noblesse d’Etat c’est l’autonomie des emmerdements pour les universités et les choix pour Elle. L’autonomie universitaire véritable est trop dangereuse pour elle car cela pourrait réussir. Dans ces conditions, on comprend parfaitement pourquoi Valérie Pécresse voulait quitter ce ministère et envisageait pour fêter l’évènement la publication d’un livre d’échange avec le germanopratin : mieux valait capitaliser avant que la bulle financière n’éclate et que les contradictions de la politique universitaire du gouvernement ne lui pètent à la figure. Maintenant qu’elle est au pied du mur on va enfin voir le vrai visage de sa politique et si elle est capable d’imposer comme elle le prétend encore une reprise de la marche en avant des universités en les libérant enfin de la contrainte étatique, si la sclérose va s’imposer, si c’est le béton ou la science qui s’imposera à Saclay. On verra si la première université Française reçoit enfin les financements qu’elle mérite et si on cesse de financer dans les dévolutions des biens en lui transférant sans marchandage digne du carreau du temple tous ses biens immobiliers et les ressources nécessaires pour les entretenir. On verra bien si le résultat du grand emprunt n’est qu’un émiettage électoral dans la durée sous le contrôle tatillon des hauts et moyens fonctionnaires. On verra très vite si la tentation de retirer d’une main ce que l’on a alloué de l’autre annoncée par quelques prodromes s’avère une réalité. Ou si au contraire, l’annonce élyséenne de placer 10 universités françaises dans le Top 100 mondial est autre chose qu’un leurre.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2012 les universitaires seront nombreux à comparer les promesses aux réalités.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La Salpêtrière le 15 décembre 2010</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>Il faut rappeler à ce sujet que Fillon étant ministre en charge de l’enseignement supérieur, il fût incapable d’imposer ses décisions au Directeur des enseignements supérieurs et au Directeur du budget ce qui entraîna près de deux ans de retard dans le déroulement du chantier.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em>Paris Sud avec ses 2 prix Nobels, ses 5 médailles Fields et ses trois hôpitaux universitaires, a publié plus de 4600 articles en 2009. Il ne compte pour rien face à la Camarilla du plateau de Saclay, emmenée par Bernard Bigot Haut Commissaire du CEA, Paul Vialle X propulsé à la tête de la Fondation de Coopération scientifique avec 17 publications répertoriées à ISI web of sciences et un index H au plancher, Pierre Veltz X-Pont sociologue mis par l’Etat à la tête de l’Etablissement public du plateau de Saclay, Xavier Michel X DG de Polytechnique, Luc Vigneron X PDG de Thalès, Henri Proglio HEC qui vient d’offrir au plateau le Centre de recherche de l’EDF ! Et tous les autres gros bras de l’industrie attirés par la manne potentielle, Thales, Motorola, Honewell, Danone dont le PDG Franck Ribout formé à l’EPFL de Lausanne est sans publication référencée.</em></p>
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		<title>Le chemin de Damas</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Nov 2010 11:16:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
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		<description><![CDATA[« Devenir médecin : une affaire d’argent. » selon la dernière livraison du Nouvel Observateur[1]. Quelle belle découverte ! Cette dérive est devenue patente depuis une dizaine d’années. Fraichement élu président de l’UPMC, début 2001, j’avais alerté de cette situation Jack Lang, alors ministre de l’éducation. Mon courrier était resté sans réponse. Dans mon article [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/amyhb/5010514930/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1664" title="Crédits photos Lifewithkarma Flickr" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/11/Crédits-photos-Lifewithkarma-Flickr.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Devenir médecin : une affaire d’argent</em>. » selon la dernière livraison du <em>Nouvel Observateur</em>[1]. Quelle belle découverte ! Cette dérive est devenue patente depuis une dizaine d’années. Fraichement élu président de l’UPMC, début 2001, j’avais alerté de cette situation Jack Lang, alors ministre de l’éducation. Mon courrier était resté sans réponse. Dans mon <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/2008/12/23/le-concours-commun-aux-formations-de-sante/#more-140">article du 23 décembre 2008</a>,  j’avais interpellé à ce sujet Valérie Pécresse et publié les tarifs des officines privées de la région Parisienne (de 6 000 à 8 000 €). Nous savions déjà que l’immense majorité des étudiants inscrits en première année de médecine les fréquentaient. J’avais des témoignages précis de familles très modestes qui s’endettaient pour cela. J’avais à également signalé à la ministre cette situation et proposé une réforme audacieuse en s’appuyant sur la toute nouvelle autonomie des universités. Ce courrier est lui aussi resté sans réponse.</p>
<p style="text-align: justify;">Le président de l’université Paris Descartes, première université médicale française, dénonce le concours d’entrée en médecine dans le même numéro : « <em>ce concours placé en fin de première année de médecine est un désastre pédagogique […] il a été proposé de repousser de deux ans la sélection et d’organiser les trois premières années sous forme d’une licence beaucoup plus généraliste[2] […] Mais les lobbys professionnels ont fait barrage. Pourtant il faudrait en finir avec le régime d’exception des études médicales.</em> »  Cette déclaration est une bonne nouvelle mais elle vient un peu tard. Si je ne m’abuse, Axel Kahn, qui est l’un des animateurs de la conférence des présidents d’universités, ne s’est pas manifesté l’année dernière lorsque je dénonçais dans mon article <em><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/2009/06/25/un-cautere-sur-une-jambe-de-bois/#more-528 ">Un cautère sur une jambe de bois</a></em> les insuffisances et les incohérences de la nouvelle organisation de la première année des études en santé qui vient d’entrer en application.</p>
<p style="text-align: justify;">Très justement, Axel Kahn dénonce un concours « <em>organisé comme celui d’une classe préparatoire et qui prête le flanc aux mêmes critiques</em> ». En ce sens il rejoint le combat inlassable que je mène contre les classes préparatoires et le <em>Nouvel Observateur </em>serait bien inspiré de réaliser aussi une enquête sur ce système qui alimente également de nombreuses officines privées fort lucratives et dont <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/08/27/une-hirondelle-ne-fait-pas-le-printemps-one-swallow-does-not-a-summer-make/#more-1526 ">j’ai dernièrement dénoncé</a> le caractère hautement ségrégatif. Mais sans doute ne le fera-t-il pas, pour ne pas perdre le lectorat de la caste des agrégés qui se repaît des « <em>colles</em> » et autres cours particuliers. Pourtant le mal est là : <span id="more-1660"></span>la sacro sainte religion des concours, gallicanisme résiduel, dont il faudra bien que le pays se débarrasse ! L’illusion fallacieuse que seul le concours est juste alors qu’il s’accompagne d’un cortège de coaching, de  classes préparatoires, de cours privés destinés à formater les élèves à la réussite d’un jour. Cet engouement pour le concours qui a transformé les facultés de médecine en « <em>écoles spéciales </em>» que dénonçait for justement Marc Bloch : « <em>A nos groupes dirigeants, trop tôt spécialisés, nous ne donnons pas la culture générale élevée, faute de laquelle tout homme d&#8217;action ne sera jamais qu&#8217;un contremaitre. Nous formons des chefs d&#8217;entreprise qui, bons techniciens, je veux le croire, sont sans connaissance réelle des problèmes humains ; des politiques qui ignorent le monde ; des administrateurs qui ont l&#8217;horreur du neuf. À aucun nous n&#8217;apprenons le sens critique, auquel seuls (car ici se rejoignent les deux conséquences à l&#8217;instant signalées) le spectacle et l&#8217;usage de la libre recherche pourraient dresser les cerveaux. Enfin, nous créons, volontairement, de petites sociétés fermées où se développe l&#8217;esprit de corps, qui ne favorise ni la largeur d&#8217;esprit ni l&#8217;esprit du citoyen </em>». Je reste persuadé que sans la remise en cause radicale du processus de sélection/orientation, on ne résoudra pas la crise de l’éducation car ce véritable cancer exerce ses effets néfastes bien en amont des études supérieures. Nous n’avons rien à attendre de ce gouvernement qui conduit dans ce domaine une politique schizophrène que j’ai maintes fois dénoncée car sa défense de la soit-disant méritocratie n’est qu’une défense de caste. Il est de ce point de vue consternant d’écouter les propos de Jean François Copé qui veut rétablir l’examen d’entrée en classe de sixième ou ceux de Xavier Bertrand qui propose l&#8217;institution &laquo;&nbsp;<em>dès la 4e, d&#8217;une [classe] &#8216;prépa-pro&#8217; pour les élèves tentés par la filière professionnelle</em>&laquo;&nbsp;.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut saluer les efforts de clarification du parti socialiste qui, sous la houlette de Bruno Julliard, son secrétaire national à l’éducation, constate que notre système éducatif parvient de moins en moins bien à faire réussir tous les élèves et indique que la condamnation de la politique de la droite « <em>ne doit pas nous exempter d’une réflexion sur les profondes ruptures dont a besoin la politique éducative. Injecter des moyens supplémentaires ne suffira pas non plus à remettre sur les rails un système qui dysfonctionne. Dès la petite enfance, la réussite est confondue avec la performance, et les enfants sont propulsés dans la compétition. Notre école est extrêmement élitiste et inégalitaire, plus inégalitaire encore que notre société. Le climat y est mauvais, les élèves angoissés par des études dont la visée devient purement utilitariste : conquérir un diplôme pour s’assurer une place dans la compétition économique.</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">On ne peut évidemment que se réjouir que la fondation Terra Nova se penche sur la situation sociale de la jeunesse française, reconnaisse que les générations qui aujourd’hui atteignent l’adolescence sont dans une situation de malaise économique et moral, et fasse des propositions pour assurer leur autonomie financière. Il est nécessaire aussi de s’interroger sur la maladie sécuritaire de la nation qui fait que dans notre pays les farces de collégiens et d’étudiants que nous faisions il y a 50 ans nous enverraient aujourd’hui devant le juge, voire en prison. Il est important de comprendre pourquoi alors que certains adolescents se mobilisent pour la réforme des retraites. Aucune voix parmi eux ne s’élève pour remettre en cause le système ségrégatif tel qu’il épanouie  au collège et au lycée.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais on peut également regretter que le parti socialiste, dont les équipes dirigeantes sont passées à quelques exception près par les mêmes « <em>Grandes Ecoles </em>» dénoncées par Marc Bloch, est trop craintif pour titiller en quoi que ce soit sa base électorale. Il est regrettable qu’il ne prenne pas en compte les très nombreuses analyses remettant en cause le sacro saint élitisme républicain et l’utilisation du lycée non pas comme l’aboutissement des études secondaires mais comme lieu majeur de la ségrégation et reste muet devant la privatisation rampante de la jonction secondaire/supérieur alors que certains de ses membres ne se gênent pas de crier au charron sur l’autonomie universitaire en agitant le spectre d’une hypothétique privatisation.</p>
<p style="text-align: justify;">La suppression des concours et des classes préparatoires (système unique au monde) donnerait des opportunités au moment où l’Etat cherche désespérément des marges de manœuvre. On pourrait ainsi mettre à la disposition des populations d’élèves les plus fragiles les enseignants les plus expérimentés et réorienter les emplois vers le premier cycle de l’enseignement secondaire ou vers l’enseignement primaire. Il convient tout de même de rappeler que 85 000 étudiants de classes préparatoires cela représente quelques 2 500 classes et qu’avec une moyenne de cours de 30 heures par semaine, le dispositif consomme plus de 30 000 agrégés dont les temps de services sont particulièrement allégés. Mais Luc Châtel préfère augmenter le nombre d’élèves par classe alors que  la France est dans le Top 5 mondial des pays développés dont les effectifs des classes de l’enseignement primaire sont les plus chargés (<a href="http://www.france-stats.fr/Education_nombre_d_eleves_par_enseignant_dans_les_pays_du_monde.htm ">source</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vraiment temps de se ressaisir. La gauche doit d’urgence ouvrir un débat sur ces questions. Les universités autonomes doivent remettre en question la limitation que leur impose l’Etat en les obligeant à des méthodes d’orientation et de sélection qui sont obsolètes et nocives. Et puisqu’il vient d’être ouvert à la grâce sur le chemin de Damas, j’invite Axel Kahn à se rapprocher des quatre grandes universités parisiennes pour faire respecter leur autonomie et exiger du gouvernement qu’il décrète la fin du concours d’entrée en médecine et leur laisse la latitude d’organiser comme leur communauté universitaire le décidera les modalités d’accès aux études médicales dans leurs établissements. J’invite les organisations étudiantes à cesser de regarder le passer pour imaginer l’avenir. Quatre décennies après le fameux mois de mai, j’invite les étudiants et les bacheliers à remettre en cause le système tel qu’il s’est encrouté. Leur problème ce n’est pas la retraite des vieux mais leur avenir sur lequel ils ont quelques droits de regard.</p>
<p style="text-align: justify;">Palaiseau le 8 novembre 2010</p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>Numéro 2400 du 4 au 10 novembre 2010</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/2009/07/06/une-reforme-de-l%e2%80%99acces-aux-professions-de-sante/#more-543"><em>Gilbert Béréziat et Jean-Jacques Madjar</em></a></p>
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		<title>Autonomie universitaire : Bas les masques !</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Sep 2010 13:24:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Sarkozy]]></category>
		<category><![CDATA[Saclay]]></category>
		<category><![CDATA[Valérie Pécresse]]></category>

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		<description><![CDATA[Je participais à Rome à la 4ème édition de « UNICA student conference »  lorsque Nicolas Sarkozy siffla à Saclay la fin de partie de l’autonomie universitaire[1]. Certes, il tenta de sauver la face en déclarant que &#171;&#160;les décisions (…) ont été prises d&#8217;abord par les établissements déjà présents ou qui sont appelés à s&#8217;y [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/09/Autonomie-universitaire-bas-les-masques.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1591" title="Autonomie universitaire bas les masques" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/09/Autonomie-universitaire-bas-les-masques.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Je participais à Rome à la 4ème édition de « <a href="http://unicaroma2010.it/drupal6/     ">UNICA student conference</a> »  lorsque Nicolas Sarkozy siffla à Saclay la fin de partie de l’autonomie universitaire[1]. Certes, il tenta de sauver la face en déclarant que &laquo;&nbsp;<em>les décisions (…) ont été prises d&#8217;abord par les établissements déjà présents ou qui sont appelés à s&#8217;y installer&nbsp;&raquo;</em>. Mais ce fut ensuite pour se comporter comme un pion de collège en les gourmandant : « <em>l&#8217;effet campus n&#8217;est pas seulement scientifique. Il ne faut pas que chacun conserve ses propres services. Sur tous les grands campus du monde, les installations sont communes à tous. Je sais que les premiers projets d&#8217;aménagement tiennent compte de cela. Mais je connais mon pays. Je sais combien les vieux réflexes de repli sur soi y sont parfois tenaces : mon restaurant universitaire, ma cantine, mes logements pour mes étudiants. Ici, la communauté d&#8217;usage sera la règle, l&#8217;usage exclusif de l&#8217;exception. Je m&#8217;opposerai à tout ce qui serait un frein au mélange des étudiants, au mélange des personnels, et à tout ce qui ne favoriserait pas une mutualisation maximale de toutes les infrastructures sur le plateau de Saclay </em>». Nous voici ainsi revenu au temps du politburo. Mais de telles palinodies de la part de celui qui a transformé Neuilly en cocon pour riches ne trompent plus personne. Toutes les grandes universités au rang desquelles Sarkozy se targue de hisser une dizaine d’universités françaises ont la maîtrise de leurs outils de vie étudiante.</p>
<p style="text-align: justify;">Emblématique de l’apathie universitaire qui étouffe Paris Sud, son président Guy Couarraze se réjouit que Nicolas Sarkozy « <em>ait bien perçu l&#8217;engagement de Paris-Sud dans ce projet commun</em> ». Le patron de Télécom Paris, ravi d’être vassalisé, se réjouit pour sa part du « <em>scoop </em>» délivré par Nicolas Sarkozy. Le PDG de polytechnique Xavier Michel quant à lui, se référant aux infrastructures partagées que Nicolas Sarkozy appelle de ses vœux, indique qu’il « <em>n&#8217;a pas de problème de principe avec cela, il faut simplement que cela se fasse de façon pragmatique</em> ». On verra bien ce que pragmatique signifie dans sa bouche, combien d’étudiants d’Orsay seront accueillis dans les logements de polytechnique et combien d’élèves polytechniciens accepterons, si tant est qu’on le leur propose, d’habiter au CROUS de Bures sur Yvette ! On souhaite bien du plaisir à la docte assemblée qui a signé l’accord de consortium, créant la fondation de coopération scientifique, entré en vigueur le 18 juillet mais qui va être de fait placé sous la coupe du conseil d’administration de l’Etablissement public du <a href="http://www.campus-paris-saclay.fr/Le-projet ">plateau de Saclay</a> dont la liste des membres vient d’être rendue publique  et au sein duquel aucun de leurs établissements ne sera représenté de droit. Voici donc comment sont traitées la seconde université française et la plus prestigieuse des grandes écoles !</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité Nicolas Sarkozy vient de mettre bas le masque. <span id="more-1586"></span>La lente dérive qui a conduit de la loi LRU à la situation ubuesque actuelle devient chaque jour plus flagrante et je vous renvoie à ce sujet à plusieurs de mes articles (<em><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/03/31/on-ne-peut-attendre-deux-ans/#more-1135 ">On ne peut attendre deux ans</a>, <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/02/05/autonomie-des-universites-illusion-mensonge-politique-ou-rebellion-des-apparatchiks/#more-989">Autonomie des universités, mensonge, politique ou rebellions des apparatchiks</a>, <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/2009/12/01/autonomie-ou-loi-goulard-that-is-the-question/#more-765 ">Autonomie ou loi Goulard, that is the question</a></em>). Dès le printemps 2008 nous avons su que les choses se gâtaient : refus de la Direction de l’Enseignement supérieur et de la Direction du budget d’appliquer la loi et de négocier, avec les universités devenues autonomes, l’enveloppe budgétaire globale pour la durée des contrats ; obligation faite aux universités autonomes de prendre comme banque le Trésor public. A l’automne 2008, le plan campus a montré le peu de cas que la ministre faisait de l’autonomie des universités parisiennes en confiant à un ami du prince consort le pilotage de la recomposition du paysage universitaire parisien. D’ailleurs ce commis de l’Etat au profil de rugbyman mais au charisme de footballeur nanti avait tourné en dérision le désir des présidents des universités fraîchement autonomes d’en bénéficier pleinement : « <em>l’autonomie d’un établissement public, ce n’est pas je fais ce que je veux</em>[2] » et Nicolas Sarkozy qui, sans doute fatigué de ces présidents frondeurs, vient d’enfoncer le clou à Saclay : « n<em>ous corrigerons les défauts de l’autonomie pour aller plus loin </em>». Aller plus loin vers quoi ? Une première réponse est donnée avec l’opération grand emprunt. Tous ceux qui doutent de ce que j’avance n’ont qu’à consulter l’avalanche de textes qui s’est abattue sur les universités à ce sujet depuis cet été  et le rythme effréné dans lequel on les plonge pour constater le peu de sérieux et la sincérité du dispositif. C’est du harassement administratif, sans doute pour donner du travail aux sous-officiers de la noblesse d’Etat car les coupes sombres dans les emplois administratifs ont épargné les cadres supérieurs. L’armée mexicaine est en marche. Jamais l’université française n’a été autant cornaquée.</p>
<p style="text-align: justify;">Les universitaires allemands avec lesquels j’ai eu le loisir de m’entretenir de l’initiative d’excellence, version Angela Merckel, en sont tous rigolards. Eux ils ont eu du cash il y a quatre ans. On promet aux universités françaises quelques intérêts sur l’argent de l’emprunt placé par le Trésor public avec un rapport (3,4% au mieux) qui fait jubiler les banquiers. Les mêmes qui, gonflant leurs bénéfices, on prêté à l’Etat une partie de l’argent qu’ils venaient d’en recevoir. C’est donc bien l’argent fictif du déficit que Sarkozy nous alloue, avec une règle du jeu qui lui permettra de récupérer une partie de la mise. Ou de transférer la dette à ses successeurs. Vatel s’est suicidé pour moins que cela. Cruel remake des années 30 où l’Allemagne réarmait à marche forcée quand le gouvernement français préférait boursicoter plutôt que d’investir dans les chars rapides et les avions de combat.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce véritable bonneteau sarkozien, l’entourloupe est la règle puisque l’opération Saclay se voit affecter près de 2 milliards d’euros sans aucun appel à proposition. Le président se permet même de promettre à la nouvelle fondation des mathématiques de Paris-Saclay un capital de 40 M€[3]. Pour ne pas être en reste, la ministre promet à Paris Cité (P7/P5) 200 M€. A quoi servent donc les appels d’offres ? Dans le même temps, <a href="http://www.ina.fr/politique/gouvernements/video/3363676001007/l-autonomie-des-universites.fr.html ">rompant avec ses engagements de 2007</a>, Valérie Pécresse crée un Etablissement public, l’<a href="http://www.educpros.fr/detail-article/h/655d87fbd6/a/epaurif-letat-prend-la-main-sur-limmobilier-universitaire-francilien.html ">Epaurif</a> pour gérer l’immobilier universitaire francilien !  Fort justement le président de l’UPMC s’interroge : « <em>C&#8217;est la mise en œuvre d&#8217;une gestion centralisée de l&#8217;immobilier universitaire. Je vois mal comment vont s&#8217;articuler les prérogatives de cet établissement avec la dévolution du patrimoine </em>». La ministre lui répond par une pirouette au sénat : « <em>Je rappelle qu&#8217;il n&#8217;y aura pas de dévolution en Île-de-France pour l&#8217;instant. Hormis Marne-la-Vallée, seule l’UPMC l&#8217;a demandée mais sa rénovation, fort onéreuse, a été prise en charge entièrement par l&#8217;État, sans participation des collectivités publiques. L&#8217;Epaurif est un agrandissement de l&#8217;établissement public de Jussieu. Cette université est la moins bien placée pour critiquer la structure régionale ! Elle a été la première à tirer bénéfice de ces modalités d&#8217;intervention !</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">Elle est gonflée la ministre. D’une part elle concède que l’argent mis en réserve pour la rénovation du campus principal de l’UPMC va être transféré de l’Etablissement public du campus Jussieu (EPCJ)  à l’Epaurif, il n’est même pas assuré que son président fera partie du conseil d’administration. D’autre part elle oublie que la rénovation de Jussieu est d’abord rendue obligatoire par une décision de justice et qu’elle ne peut s’y soustraire. Comment peut-elle dire que l’UPMC a bénéficié des modalités d’intervention d’un établissement public lorsque l’on sait qu’en raison de la tutelle tatillonne de l’Etat et de l’irresponsabilité de son statut, le chantier a pris six années de retard et que les coûts ont explosé de ce fait ? Je crois surtout que la Noblesse d’Etat a peur de la preuve par l’expérimentation. Quel drame s’il advenait que l’UPMC soit en mesure de réaliser en un temps record ce que l’EPCJ n’a pas pu faire en 12 ans ! On s’esclaffe à Singapour quand on leur explique qu’il va s’écouler 5 ans entre les annonces faites par Sarkozy en 2007 et la réalisation du début de ses promesses (achat des terrains du site Condorcet) alors qu’en quatre années ils ont construit Biopolis !</p>
<p style="text-align: justify;">Valérie Pécresse n’est pas à une contre-vérité près. Elle déclarait dans le journal du dimanche du 19 septembre que les universités Françaises avaient vu leur budget augmenter de 18% depuis 2007. C’est sans doute exact pour ses copains mais pas pour les trois universités leaders au <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/09/SYMPA-Progession-2007-2010.bmp ">classement de Shanghaï</a>. Il est vrai également que l’Etat entend bien se payer en vendant au prix fort l’immobilier parisien libéré par les établissements s’installant à Saclay et que la naïve défense de la Mairie de Paris masque assez mal le fait qu’elle n’a pas non plus fait confiance à toutes ses universités, privilégiant les alliances interlopes et refusant de voir en ParisTech le cheval de Troie de l’opération Saclay. En admirant, dans le cabinet privé du Cardinal de Médicis, le tableau du corbeau et du renard qui avait inspiré Jean de La Fontaine, je me disais que Nicolas Sarkozy n’a rien inventé. Mais à la différence de Trajan, premier empereur non romain, qui conquit la Dacie sans se préoccuper des nomades, qu’ils soient Sarmates, Scythes, ou Bastarnes, et qui inventa l’« <em>alimenta </em>», pour procurer aux enfants de familles citoyennes pauvres une aide financière fournie par les intérêts d&#8217;environ 5% sur des prêts consentis à de petits propriétaires, il tente de raffermir un pouvoir déclinant en oubliant d’où il vient.</p>
<p style="text-align: justify;">Revenons à la Rome d’aujourd’hui. Pendant trois jours 320 étudiants y ont débattu de leur façon de voir l’Europe : &laquo;&nbsp;Europe through Students’ Eyes&nbsp;&raquo;. Et s’ils ont, sans complexe, critiqué la façon dont le processus de Bologne se déroulait dans leurs différents pays, ce ne fut pas pour demander son arrêt bien au contraire. Les programmes Erasmus et Erasmus Mundus ont été plébiscités tandis que les gouvernements ont été rappelés à l’ordre pour ne pas avoir tenu leurs engagements en matière de financement et de résultats : où sont les emplois et l’activité économique promise ? Dans le temps de break imposé aux seniors (les débats n’étaient pas encadrés par des « tuteurs ») j’en ai profité pour revisiter la villa Médicis et apprécier le panorama de la ville éternelle.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/09/Autonomie-universitaire.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1587" title="Autonomie universitaire" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/09/Autonomie-universitaire.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Certaines tapisseries des Gobelins trônant dans la salle de réception ouverte en notre honneur représentaient la découverte du Nouveau Monde et en particulier l’implantation de la France en Louisiane, <a href="http://www.ina.fr/politique/allocutions-discours/video/CAF08002002/les-enfants-du-francien-en-louisiane.fr.html ">terre de refuge des acadiens</a> qui fut vendue par Napoléon en 1803 pour 15 millions de dollars sans que la Représentation Nationale déjà mise aux pas par le premier consul ne soit consultée. L’histoire bégaye encore.</p>
<p style="text-align: justify;">A l’issu de la conférence, les étudiants de l’université de Lausanne reçurent le premier prix pour leur poster. « <em>Do it yourself </em>», dirent ils aux autres étudiants en les invitant à construire leur futur :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>How great is it that student can choose from all the tempting flavours that the different european countries have to offer? The slogan “HAVE A TASTE OF EUROPE” and the image of Smarties to pick from remind us how lucky we are to have the choice of travel, study abroad, and get to know the taste of other cultures.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Each nation represented at the UNICA conference is protrayed by the shape of a Smartie.<br />
We chose the image of Smarties because they are made by Nestlé, one of the best known companies of our country. One red “Swiss” Smartie is kept at the periphery of the european ensemble to illustrate that we are not members of the European Union. Nevertheless, two other red Smarties are scattered within the letters (as are NO, HR, UE, RU), which reminds us that we are so closely connected with the EU in many ways, culturally, economically, and geographically. The question of when and if Switzerland will enter the European Union remains a big debate. As our country is located at the very centre of Europe, universities and students want to be part of the great European system of study and research. We are convinced that the world move forwards by sharing ideas and exchanging opinions despite the different political situation.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>The colours of the Smarties represent the great diversity of the community of European students, whereas the handwritten notes in the poster highlight the idea of independence and a “do it yourself” spirit. The UNICA conference also contributes to this spirit as it enables students from all places to participate in shaping their own future. Take a pick!</em></p>
<p style="text-align: justify;">Notre matamorisante ministre espère, d’ici 2012, « <em>réparer les dégâts de mai 1968, qui avaient cassé l&#8217;université </em>». Ce faisant elle fait preuve d’une ignorance crasse. Personne, sauf peut-être Nicolas Sarkozy, ne souhaite renouer avec l’université napoléonienne. Août 2007 est complémentaire de 1968 et non antagoniste. Les universitaires ont gouté aux fruits défendus que sont la liberté et l’autonomie. Ils y ont pris plaisir et n’y renonceront pas. La première partie du match s’achève sur un score médiocre, la rencontre retour aura lieu en 2012. « D<em>o it yourself </em>». A nous de convaincre les futurs dirigeants que l’autonomie corsetée n’a pas d’avenir. A nous de conquérir nous même une autonomie véritable.</p>
<p style="text-align: justify;">Rome aéroport de Fiumicino le 25 septembre</p>
<p style="text-align: justify;">[1]<em> Dépêche AEF n°137943<strong> </strong>,  Vendredi 24 septembre 2010.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2]<em> <a href="http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/094000476/0000.pdf">http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/094000476/0000.pdf</a></em></p>
<p style="text-align: justify;">[3] <em>En réalité les intérêts de cette somme soit 1,3 M€ par an.</em></p>
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		<title>LRU 3ème anniversaire.</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Aug 2010 07:32:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
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		<description><![CDATA[Décidément cette année est riche en commémorations. Pour le troisième anniversaire de la loi LRU, la CPU joue les vierges effarouchées face aux propositions de Valérie Pécresse sur les primes des présidents d’universités et l’expert Aghion enfonce des portes ouvertes . La querelle déclenchée par le blogueur Dubois à propos des primes des présidents d’université  [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-1485" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/08/05/lru-3eme-anniversaire/aghion-pecresse/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1485" title="aghion pécresse" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/07/aghion-pécresse.jpg" alt="aghion pécresse" width="490" height="70" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Décidément cette année est riche en commémorations. Pour le troisième anniversaire de la loi LRU, la CPU joue les vierges effarouchées face aux propositions de Valérie Pécresse sur les <a href="http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022360508&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=id">primes des présidents d’universités</a> et l’expert <a href="http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2010/33/5/100712-rapport_commission_Aghion_VFIN_149335.pdf ">Aghion enfonce des portes ouvertes</a> .</p>
<p style="text-align: justify;">La <a href="http://blog.educpros.fr/pierredubois/2010/06/25/la-cpu-mort-annoncee/">querelle déclenchée par le blogueur Dubois</a> à propos des primes des présidents d’université  fleure bon un certain populisme. Malgré l’estime que je lui porte pour ses tirs tous azimuts sur les incohérences de la mise en musique de la politique universitaire, je ne peux le suivre sur un terrain où il se trompe de cible. La manière dont la ministre traite le problème de la rémunération des fonctions de président d’université est inadéquate [¹] . Cette affaire est d’ailleurs encore plus mal gérée par la CPU (voir :  <a rel="attachment wp-att-1507" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/08/05/lru-3eme-anniversaire/222-lc-a-v-pecresse-06-07-20101/">222 LC à V Pécresse.06.07.2010</a>) . Certes, l’interventionnisme de la ministre qui s’érige en juge de paix de la manière de servir des présidents est une insulte à l’autonomie des universités et à leurs conseils d’administration, mais là ne réside pas le principal problème.</p>
<p style="text-align: justify;">Les responsabilités des présidents sont importantes (d’ailleurs la procédure expéditive que vient de subir le président de l’université de Toulon, procédure qui n’a pas ému grand monde, montre bien <a href="http://www.liberation.fr/societe/0101636937-l-ex-president-de-l-universite-de-toulon-revoque-de-la-fonction-publique ">la fragilité de leur statut </a>) et il n’y a rien de choquant à considérer qu’ils doivent être payés en conséquence. Par contre il y a quelque chose d’éminemment choquant que certains d’entre eux soient moins bien payés que le secrétaire général ou l’agent comptable de l’établissement qu’ils dirigent. Mais la plus grande anomalie réside dans le fait qu’ils ne soient pas payés pour les fonctions qu’ils occupent mais pour des fonctions qu’ils occupaient avant leur désignation comme président d’université. C’est ainsi, par exemple qu’un hospitalo-universitaire conserve ses émoluments hospitaliers alors que dans les grandes universités intensives en recherche, il ne peut plus en assumer les tâches correspondantes sauf à remplir imparfaitement ses fonctions à l’université. En outre Chacun voit bien que la charge de travail et les responsabilités afférentes ne sont pas les mêmes selon les universités.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès lors je milite pour que la fonction de président d’université, qui s’apparente plus à celle d’un PDG qu’à celle d’un président de conseil d’administration, soit rémunérée comme telle.<span id="more-1482"></span> A charge pour l’institution, via son conseil d’administration, de définir le montant de cette rémunération où de définir une procédure de négociation de ce montant. Le président serait ainsi mis en position de détachement pendant la durée de son mandat, et les instances de l’université pourraient ultérieurement reconnaître son investissement en lui assurant, lors de sa réintégration à l’issue de son mandat, une promotion accélérée sur le contingent relevant de sa responsabilité. C’est ce que j’avais d’ailleurs proposé et obtenu du conseil d’administration pour mon prédécesseur à la présidence de l’UPMC. J’ai bien entendu les arguties corporatistes de ceux qui s’inquiètent pour l’avenir des présidents une fois leur mandat terminé, mais c’est un choix et s’ils sont bien payés pour leur fonction, je ne vois pas là matière à injustice à leur égard. Nul n’est obligé de s’investir ensuite dans des emplois étatiques, dans les cabinets ministériels, de chercher à devenir recteur ou d’aller à Bruxelles. Il n’y a aucune honte à retrouver, comme je l’ai fait, une autre position dans l’organigramme de son établissement, on pourrait aussi imaginer que les meilleurs d’entre eux puissent être appelés à devenir président d’une autre université qui souhaiterait bénéficier de leurs compétences. C’est d’ailleurs ce qui serait le plus naturel, et qui se passe dans certains pays, si l’on n’opposait pas des règlementations de nature administrative aux fonctions de cette nature.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans son rapport à Valérie Pécresse, Philippe Aghion ne fait que reprendre des propositions formulées ici où là sur la gouvernance des universités dans la plus grande majorité des pays développés.  Lui aussi fait peu de cas de l’autonomie universitaire et surtout de la très grande variété de situations, y compris à l’intérieur d’un même pays ! Ma position est radicalement différente. C’est aux universités elles-mêmes de faire évoluer leur gouvernance. Valérie Pécresse, laisse accroire que c’est aussi sa position [²] . Elle oublie simplement de dire qu’il faut une modification de la loi pour qu’elle autorise enfin les universités de se donner des gouvernances adaptées à leur organisation. Nous n’avons pas attendu Philippe Aghion pour transformer nos instances élues (conseil scientifique et conseil des enseignements) mais là encore, les universités sont corsetées par la loi et surtout par le sacro saint code de l’éducation.</p>
<p style="text-align: justify;">Et ne voilà t’il pas que Philippe Aghion vient de s’apercevoir que l’on pouvait créer des <a href="http://www.boivigny.com/notes/La-mise-en-place-de-colleges-universitaires-recommandee-dans-le-rapport-Aghion_b2226254.html ">collèges universitaires </a> réunissant des premiers cycles permettant une orientation progressive. Il reprend par là une proposition que j’exprime depuis plusieurs années et que nous avons commencé à mettre en œuvre à l’UPMC en recréant une année propédeutique au début du cycle licence. J’ajoute qu’en licence, avec d’une part les programmes tutorés, l’augmentation du nombre des sorties professionnelles (licences pro) et les doubles cursus exigeants en coopération avec l’IEP de Paris et l’université Paris Sorbonne qui sont désormais étendus aux trois établissements de Sorbonne Université au sein du <a href="http://www.sorbonne-universites.fr/1267784705309/0/fiche___article/&amp;RH=PRES-COLLEGE ">collège de la Sorbonne</a> , nous allons plus loin que ce qu’il propose. Je ne peux que me féliciter qu’un ancien normalien de Cachan comprenne enfin la nocivité de l’exception française. Mais que la noblesse d’état se rassure, il n’est pas question pour lui de supprimer les classes préparatoires, mais bien de les conforter en les intégrant aux universités afin de donner une nouvelle jeunesse à ces sacro-saints concours. Tant que sa caste n’acceptera pas qu’un débat public soit ouvert sur les procès de sélection/orientation des adolescents et ce bien avant le baccalauréat, rien ne bougera dans ce pays. Ou plus exactement, les universités n’auront pas d’autre choix que de livrer un combat sans merci simplement pour réclamer l’égalité de traitement avec le système pseudo-méritocratique.</p>
<p style="text-align: justify;">Que ce soit pour l’instauration d’un véritable « board of trustees », pour la mise en place de nouvelles modalités de choix des présidents d’universités comme je le préconisais il y a trois ans [³] , pour l’instauration de collèges universitaires et plus encore pour l’accrétion de certains PRES en universités globales comportant également en leur sein des institutions d’élites, il convient de laisser le temps au temps et surtout de ne pas brouiller le message politique. Dans ce domaine, les déclarations successives de la ministre relèvent plus de la politique de la girouette que du tir balistique. C’est bien d’encore plus d’autonomie dont les universités ont besoin et pas de rapports réguliers qui restent sans lendemain.</p>
<p>Palaiseau le 5 août 2010</p>
<h6>[¹] Le montant de la prime d&#8217;administration est majoré de 50 % pour les personnels mentionnés au premier alinéa de l&#8217;article 1er lorsque leur établissement bénéficie des responsabilités et compétences élargies prévues à l&#8217;article L. 712-8 du code de l&#8217;éducation. En outre, les montants individuels de prime peuvent, dans ce cas et pour ces mêmes personnels, être augmentés, par décision du ministre chargé de l&#8217;enseignement supérieur, dans la limite de 20 % du montant de la prime majoré en application de l&#8217;alinéa ci-dessus, en fonction de la réalisation d&#8217;objectifs et des résultats d&#8217;indicateurs fixés et notifiés en début d&#8217;année par ce même ministre.</h6>
<h6>[²] selon l’AEF, réagissant aux propositions de Philippe Aghion, Valérie Pécresse estime que ce débat qu&#8217;il ouvre sur la gouvernance « prend tout son sens dans le cadre du grand emprunt, où l&#8217;efficacité de la gouvernance sera un critère de sélection » des projets déposés. Elle rappelle que la loi <acronym>LRU</acronym> a ouvert la porte d&#8217;une nouvelle gouvernance. « On peut envisager une étape supplémentaire, mais rien n&#8217;empêche aujourd&#8217;hui les établissements de changer les statuts universitaires et de resserrer leurs CA », note la ministre.</h6>
<h6>[³] Télérama 29 août 2007, « La loi aurait dû proposer ce que les pays anglo-saxons ont développé depuis des années : un « search committee » qui, un an avant la retraite du président en fonction, lance une procédure de recherche. Les candidats arrivent (en ayant réfléchi) et défendent leur projet devant ce comité. On aboutit alors à une « short list » de quatre ou cinq candidats parmi lesquels le conseil d&#8217;administration choisit le meilleur ».</h6>
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