oct 25

Je rentre d’Alger ému par la découverte d’un pays que je connais peu. J’ai eu la chance, grâce à l’ami d’un collègue lyonnais, de visiter la Casbah, siège majeur de la bataille d’Alger, qui n’en finit pas de mourir. On feint de ne pas s’en souvenir, mais c’est dans la Casbah qu’était entassée la masse de la population autochtone et que ce furent les extrémistes de l’Algérie française qui déclenchèrent les premiers la terreur dans la Casbah par le terrible attentat de la rue de Thèbes. De me promener sous les Sabbats de la Casbah et dans le dédale de ses ruelles, j’ai pu comprendre pourquoi il fut extrêmement difficile pour les militaires français d’y dénicher les combattants du FLN, et me faire expliquer leurs méthodes musclées utilisées pour remettre les souteneurs dans le chemin de la morale populaire. J’ai pu aussi contempler la magnifique baie d’Alger et parcourir la rue puis la place Maurice Audin, glisser un œil dans le tunnel des facultés, apercevoir la villa Susini où le sale boulot était effectué et la villa Andréa dans le quartier » El Biar » où des barbouzes gaullistes préparèrent les actions anti-OAS. La journée se termine en famille par la dégustation d’un merveilleux couscous. Mes hôtes m’expliquèrent en quoi la France décevait les intellectuels algériens restés pour la plupart, eux, résolument francophones, et comment ils considéraient qu’ayant réussi le rapt de la langue française, les soit-disant effets positifs de la colonisation et, récemment, le projet sarkozyste de Maison de l’histoire de France avaient visiblement du mal à passer.

Le retour à Paris me replonge dans l’histoire, Montoire le 24 octobre 1940. Pétain est au pouvoir depuis le 16 juin. Du dernier cabinet Raynaud, seuls De Gaulle, et à un moindre degré Mandel, Marin ou Dautry, voulaient poursuivre la lutte. En faisant appel à Pétain, le président Lebrun, polytechnicien de son état, prend acte lâchement de la défaite de la France puisque Pétain, vice-président du conseil des ministres depuis le 18 mai a très vite pris le leadership de ceux qui, refusant le repli du gouvernement en Afrique du nord, préconisent l’armistice. Il n’était pas question pour eux de faire dépendre en quoi que ce soit les destinées du pays des possessions coloniales car alors, c’eut été l’inéluctable reconnaissance du droit des autochtones à être des français à part entière. Partisan résolu de la fin du conflit avec l’Allemagne nazie comme pré-requis nécessaire à la rectification idéologique de la France, Lire la suite »
mai 04

Loin des tartufferies parisiennes, je poursuis ma tournée de promotion de Sorbonne Universités et de l’UPMC en Asie du sud-est. A chaque étape je m’aperçois combien la promotion du système « à la française » est délétère pour notre recherche scientifique dans la plupart des disciplines. Alors que la France manque d’étudiants dans les sciences et que cette contrée, à l’instar du « big brother » chinois ou de la ville État de Singapour, considère qu’il lui faut développer une recherche en sciences de qualité si elle veut avoir la moindre chance de compter dans l’avenir, les officines françaises bien formatées continuent à privilégier les « grandes écoles » où la recherche est microscopique. Alors que lassés d’être rançonnés par les universités britanniques de second rang ou les universités australiennes, les états se tournent vers l’Europe et le dispositif mis en place par le MAE, étranglé par les restrictions budgétaires, n’a que de vieilles recettes à leur servir. A Bangkok, l’attaché de coopération scientifique qui nous reçoit est plein d’amertume. Il quitte son poste en septembre et ne sait pas où il atterrira en France. Quoi qu’il en dise, l’Asian Institute of technology a encore de beaux jours devant lui, même si la France a diminué fortement sa participation.
A Djakarta je participe au début de la tournée organisée par l’ambassade pour le lancement d’un programme de bourses « sandwich » baptisé pompeusement séminaire des écoles doctorales. L’Indonésie offre 30 bourses de 18 mois. A l’évidence le niveau des laboratoires ne permettra que dans très peu de disciplines scientifiques de garantir une qualité permettant l’obtention d’une thèse. Lire la suite »
avr 21

Jeudi 15 avril je m’embarque à Roissy à 9h35 pour Madrid où je suis invité par l’Alianza de las 4 Universidades (Universidad Autonoma de Madrid, Universidad Pompeu Fabra, Universidad Autonoma de Barcelona, Universidad Calos III de Madrid). Elle organisait une conférence intitulée « strategy for international excellence of European research universities ».
Signe des temps, deux universités françaises y étaient invitées, Toulouse 1 Capitole, première université française en économie et Pierre et Marie Curie, première université française en sciences et médecine. L’université de Leiden très active dans les procès d’évaluation était représentée par son Recteur Magnificus Paul van der Heijden, la jeune université de Konstanz, l’une des lauréates du programme allemand des universités d’excellence, était représentée par son recteur Ulrich Rüdinger qui n’était pas né quand son université fut créée. Nul n’avait prévu que le séminaire serait perturbé par le nuage de cendres microscopiques que nous devons au volcan islandais. Celui-ci bloqua le principal de l’université d’Edimbourg à Paris faute d’y être arrivé à temps.
Tout à nos discussions sur la compétitivité des universités (la nécessaire réforme par elles-mêmes de leur propre gouvernance afin de l’adapter à leurs objectifs stratégiques, le sous-financement chronique et les moyens d’y remédier, l’intérêt des clusters versus des politiques d’établissement, la taille idéale des universités) nous ne nous sommes pas aperçus que le nuage se déplaçait inexorablement vers le Sud et l’Est Lire la suite »
jan 29

En Haïti, le 12 janvier, un séisme de force 7, à 25 km de Port aux Princes, suivi huit jours après par une réplique de force 6,1, vient nous rappeler que le tiers monde est la première cible des catastrophes naturelles. Même si là où elles frappent il n’y a plus ni riche ni pauvre et souvent plus d’Etat, ce sont les plus pauvres qui en payent le prix le plus fort. Haïti, premier état noir indépendant du monde à l’Epoque moderne naît sous les décombre de la première débâcle du « petit caporal », et fût aussi la première victime de l’impérialisme mondial qui ne supporta pas cette effronterie la faisant payer fort cher, aidée en cela par la petite bourgeoisie béké. Toute à son habitude du « small is beautiful », on assiste à cette occasion à une manifestation parfaitement intolérable de la mesquinerie française, qui trouve intempestif le déploiement américain : 15 000 hommes, 20 navires, 167 millions de dollars d’aide en regard duquel les 500 sauveteurs français, les 2 bateaux spécialisés et les 6 avions et d’hélicoptères pesaient peu. Il est évident qu’à côté de la chirurgie de guerre de certaines équipes françaises, étalée de façon parfaitement obscène par la télévision, le « Comfort », qui dispose de 1.000 lits, de six salles d’opération et d’équipements dernier cri, peut répondre à une grande variété de situations, de la blessure légère aux opérations chirurgicales complexes et traiter 400 patients par jours montre avec éclat la différence qu’il y a entre la puissante Amérique et le petit poucet.
Un an après son arrivée à la présidence, Obama, doit se battre sur tous les fronts. Naturellement pour sortir des guêpiers d’Irak et d’Afghanistan avec un minimum de dommages collatéraux c’est une tout autre affaire que de voler au secours de la population Haïtienne. Lorsqu’il faut s’en prendre aux compagnies d’assurances qui contrôlent la protection médicale outre atlantique et aux organismes bancaires qui sont tous prêts à renouer avec la folie, les résistances sont fortes. Devant l’action d’Obama certains médias français parlent de populisme ! Bien sûr, quant il s’agit de vitupérer les salaires indécents tout le monde est d’accord, Sarkozy compris, mais quand il s’agit de passer à l’acte c’est moins évident comme la démontré l’affaire Proglio. Faux culs que ceux qui laissent croire que l’on s’en prend impunément aux profits juteux des compagnies d’assurances et à la ploutocratie bancaire. Les mêmes se régalent de la réaction brutale de l’extrême droite américaine qui appelle ouvertement au meurtre du président et des difficultés d’Obama à faire passer sa réforme de l’assurance maladie avec l’espoir secret de nombreux commentateurs et hommes politiques de droite et d’extrême gauche que l’expérience en cours à Washington soit un fiasco.
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nov 27

Je rentre d’une mission en Indonésie où je me suis fait le VRP des universités françaises, pour défendre la mobilité étudiante, montrer tous les avantages d’un enseignement supérieur public, laïc et … quasiment gratuit, expliquer le processus de Bologne, bref proposer qu’une partie importante des étudiants de ce pays de 250 000 âmes, choisissent l’Europe et singulièrement la France plutôt que l’Australie ou l’Amérique du Nord. A ce séminaire participaient les conseillers et attachés culturels de l’ambassade, la direction de la mondialisation, Campus France et onze universités indonésiennes. Il se tenait à Bali, près de Denpasar à côté des plages de Kuta, sorte de « Grande Motte » asiatique avec une mer d’un bleu superbe mais des roulis qui font la joie des surfeurs. Deux jours de travail, une démonstration de ballet à l’institut des arts de Denpasar et une escapade touristique au musée Puri Lukisan à Ubud avant de reprendre l’avion. Lire la suite »