Notes de la catégorie ‘Carnets de voyage’

L’année du Tigre commence sous de mauvais Auspices

jan 29

Année du tigre

En  Haïti, le 12 janvier, un séisme de force 7, à 25 km de Port aux Princes,  suivi huit jours après par une réplique de force 6,1, vient nous rappeler que le tiers monde est la première cible des catastrophes naturelles. Même si là où elles frappent il n’y a plus ni riche ni pauvre et souvent plus d’Etat, ce sont les plus pauvres qui en payent le prix le plus fort. Haïti, premier état noir indépendant du monde à l’Epoque moderne naît sous les décombre de la première débâcle du « petit caporal », et fût aussi la première victime de l’impérialisme mondial qui ne supporta pas cette effronterie la faisant payer fort cher, aidée en cela par la petite bourgeoisie béké. Toute à son habitude du « small is beautiful », on assiste à cette occasion à une manifestation parfaitement intolérable de la mesquinerie française, qui trouve intempestif le déploiement américain : 15 000 hommes, 20 navires, 167 millions de dollars d’aide en regard duquel les 500 sauveteurs français, les 2 bateaux spécialisés et les 6 avions et d’hélicoptères pesaient peu. Il est évident qu’à côté de la chirurgie de guerre de certaines équipes françaises, étalée de façon parfaitement obscène par la télévision, le « Comfort », qui dispose de 1.000 lits, de six salles d’opération et d’équipements dernier cri, peut répondre à une grande variété de situations, de la blessure légère aux opérations chirurgicales complexes et traiter 400 patients par jours montre avec éclat la différence qu’il y a entre la puissante Amérique et le petit poucet.

Un an après son arrivée à la présidence, Obama, doit se battre sur tous les fronts. Naturellement pour sortir des guêpiers d’Irak et d’Afghanistan avec un minimum de dommages collatéraux c’est une tout autre affaire que de voler au secours de la population Haïtienne. Lorsqu’il faut s’en prendre aux compagnies d’assurances qui contrôlent la protection médicale outre atlantique et aux organismes bancaires qui sont tous prêts à renouer avec la folie, les résistances sont fortes. Devant l’action d’Obama certains médias français parlent de populisme ! Bien sûr, quant il s’agit de vitupérer les salaires indécents tout le monde est d’accord, Sarkozy compris, mais quand il s’agit de passer à l’acte c’est moins évident comme la démontré l’affaire Proglio. Faux culs que ceux qui laissent croire que l’on s’en prend impunément aux profits juteux des compagnies d’assurances et à la ploutocratie bancaire. Les mêmes se régalent de la réaction brutale de l’extrême droite américaine qui appelle ouvertement au meurtre du président et des difficultés d’Obama à faire passer sa réforme de l’assurance maladie avec l’espoir secret de nombreux commentateurs et hommes politiques de droite et d’extrême gauche que l’expérience en cours à Washington soit un fiasco.
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Il y a 50 ans, Gérard Philippe nous quittait.

nov 27

gerard philippe

Je rentre d’une mission en Indonésie où je me suis fait le VRP des universités françaises, pour défendre la mobilité étudiante, montrer tous les avantages d’un enseignement supérieur public, laïc et … quasiment gratuit, expliquer le processus de Bologne, bref proposer qu’une partie importante des étudiants de ce pays de 250 000 âmes, choisissent l’Europe et singulièrement la France plutôt que l’Australie ou l’Amérique du Nord. A ce séminaire participaient les conseillers et attachés culturels de l’ambassade, la direction de la mondialisation, Campus France et onze universités indonésiennes. Il se tenait à Bali, près de Denpasar à côté des plages de Kuta, sorte de « Grande Motte » asiatique avec une mer d’un bleu superbe mais des roulis qui font la joie des surfeurs. Deux jours de travail, une  démonstration de ballet à l’institut des arts de Denpasar et une escapade touristique au musée Puri Lukisan à Ubud avant de reprendre l’avion. Lire la suite »

Il n’y a pas que l’Asie dans la vie !

sept 21

argentina

Lors de mes précédents passages à Buenos Aires je n’avais pas eu le temps d’une visite à la ville, cette fois c’est chose faite grâce aux contraintes des horaires d’Air France qui m’obligent à partir samedi soir. Avec le décalage horaire, j’ai donc mon dimanche disponible, j’en profite pour me rendre à la plaza de Mayo, jeter un coup d’œil à la cathédrale métropolitaine et visiter la casa Rosada, siège de la présidence de la république. L’hôtel où je suis descendu se situe avenue de Mayo, à quelques centaines de mètres de là. C’est ici, en mai 1810, qu’eut lieu la révolution qui allait conduire à l’indépendance. La formation de multipes juntes dans les cités espagnoles, lors de l’été 1808 était la conséquence de la vacance du pouvoir royal résultant de l’invasion napoléonienne. Dans un premier temps elles ne voulurent pas changer grand chose, c’est ainsi que le 24 mai 1810 une première junte constituée à Buenos Aires désignait le Vice-roi Baltazar Hidalgo de Cisnéros comme président. Elle fut débordée le lendemain par une nouvelle junte formée par les éléments les plus radicaux de la ville s’appuyant sur le corps des milices. Elle destitua immédiatement le Vice-roi. Mais deux jours plus tard elle publie une circulaire précisant qu’elle agit au nom du roi d’Espagne Ferdinand VII. Ce n’est que six ans plus tard, lors du congrès de Tucumàn, le 9 juillet 1816 que l’indépendance des provinces unies de l’Amérique du Sud consacre l’éviction de la royauté espagnole.

La plaza de Mayo est étrangement calme en ce dimanche matin, Lire la suite »

Les universités et le XXIème siècle !

sept 08

stat

Nul n’étant prophète en son pays, ce n’est pas la CPU qui m’a sollicité pour donner mon sentiment sur l’impact socio-économique des universités en ce début de siècle, mais la conférence des universités espagnoles. Et c’est pourquoi je profite d’un stop de deux heures dans l’aéroport de Madrid, en attente de mon vol pour Santander pour commencer l’écriture de ce billet. Santander, charmante cité balnéaire de la côte Cantabrique, mais aussi siège de deux universités dont l’Université internationale Menéndez Pelayo, où va se tenir ce séminaire, de plusieurs musés et qui accueille chaque année un festival de jazz. A la Tabacalera de Santander, entrepôts transformés en pénitencier, après avoir pris la ville en août 1937, les franquistes entassèrent 4000 républicains dans des avant de les liquider un à un et de les jeter dans des fosses communes. Celle qui fut la dernière statue équestre de Franco de toute l’Espagne fut finalement déboulonnée le 18 décembre 2008 à l’occasion du réaménagement de la place et devrait rejoindre le futur Musée de la Cantabrie.

Dans ce genre d’exercice, il vaut mieux connaître ses dossiers, et ce d’autant que les universités espagnoles sont en pleine mutation. L’Espagne est le pays européen dans lequel le nombre de publication a le plus progressé ces dernières années, il a doublé en 10 ans,

  • devant les universités françaises (+78%),
  • les universités suisses (+66%),
  • les universités italiennes (+57%) et loin devant
  • les hollandaises (+42%),
  • les allemandes (+48%) ou
  • les anglaises  (+38%).

Ce qui relativise au passage le discours ambiant sur la mauvaise qualité des universités françaises car dans la même période, le nombre de publication des soit disant « grandes écoles » n’a cru que de 40% et celles du CNRS ou de l’INSERM que de 20% environ.

Quoi qu’il en soit, cette commande survenue à la mi-juillet m’obligea à quelques devoirs de vacances durant le périple aoûtien que j’ai décrit dans ma précédente note. Je décidais donc de m’en tenir à quelques exemples pour lesquels des données fiables étaient accessibles. Lire la suite »

Trip en Asie du Sud Est

juil 10

credit : rpeschetz - flickr

Il est près de 6 heures lorsque je frappe au numéro 1 de la rue Ba Huyên Thanh Quan à Hôchiminh-Ville. Quelques aboiements et je tombe dans les bras de mon ami Nghi. Il n’a pas changé, seulement vieilli, la voie est faible, nasale et moins assurée qu’avant. La vieille dame qui servait du temps de Duong Quinh Hoa a pris sa retraite, sa nièce la remplace. Elle nous a mijoté un excellent dîner vietnamien, d’ailleurs la cuisine du Vietnam ne se goûte vraiment qu’en famille. Je retrouve la maison comme elle était six années auparavant et il veille jalousement sur tous les trésors de l’art et de la culture vietnamienne que Hoa et lui y ont accumulé au fil des ans. Je lis sur son visage la tristesse infinie de l’absence. Il me fait visiter l’autel de Celle qui l’a quitté il y a trois ans. Avant de passer à table, je lui donne des nouvelles de la bande de copains qui a accompagné l’aventure du centre de nutrition de Duong Quinh Hoa et je lui remets mon bouquin sur le Cambodge. Puis comme nous le faisions jadis, nous parlons politique. Obama, Sarkozy, Ahmadinejad, Kim Jong Il ! Tout y passe, y compris la position de son pays sur les évènements du monde. Sa critique est toujours aussi acerbe sur ses anciens camarades de combat. La nouvelle règle de conduite des communistes vietnamiens c’est enrichissez vous ! Je me risque à lui dire qu’il me semble qu’en la matière ils suivent la voie chinoise. Bah me dit il, il y a un grand débat entre les intellectuels chinois et vietnamiens. Nous pensons être les premiers habitants de la chine, avant les Hans ! bien sûr ils ne le reconnaîtront jamais. Comme toujours avec Nghi, l’excessif masque la vision réaliste des progrès de la société mais lui, en philosophe pessimiste, pense que l’égoïsme et l’irresponsabilité vont tuer l’humanité. La révolution ne sert à rien conclu t’il. Je regagne l’hôtel le cœur plein de nostalgie en repensant à la vie de ce couple fusionnel qui a tant œuvré pour la justice et les enfants. Je veux mettre tout en ordre ici avant de rejoindre Hoa m’a dit Nghi en me quittant. Décidément il faut que j’écrive aussi sur cette partie de ma vie.

Le Vietnam, je l’ai découvert il y a presque trente années, dans les conditions que j’ai indiqué ailleurs . Hôchiminh-Ville, la Saïgon des français et des américains a évidemment beaucoup changé. Lire la suite »