Notes de la catégorie ‘Carnets de voyage’

Il n’y a pas que l’Asie dans la vie !

sept 21

argentina

Lors de mes précédents passages à Buenos Aires je n’avais pas eu le temps d’une visite à la ville, cette fois c’est chose faite grâce aux contraintes des horaires d’Air France qui m’obligent à partir samedi soir. Avec le décalage horaire, j’ai donc mon dimanche disponible, j’en profite pour me rendre à la plaza de Mayo, jeter un coup d’œil à la cathédrale métropolitaine et visiter la casa Rosada, siège de la présidence de la république. L’hôtel où je suis descendu se situe avenue de Mayo, à quelques centaines de mètres de là. C’est ici, en mai 1810, qu’eut lieu la révolution qui allait conduire à l’indépendance. La formation de multipes juntes dans les cités espagnoles, lors de l’été 1808 était la conséquence de la vacance du pouvoir royal résultant de l’invasion napoléonienne. Dans un premier temps elles ne voulurent pas changer grand chose, c’est ainsi que le 24 mai 1810 une première junte constituée à Buenos Aires désignait le Vice-roi Baltazar Hidalgo de Cisnéros comme président. Elle fut débordée le lendemain par une nouvelle junte formée par les éléments les plus radicaux de la ville s’appuyant sur le corps des milices. Elle destitua immédiatement le Vice-roi. Mais deux jours plus tard elle publie une circulaire précisant qu’elle agit au nom du roi d’Espagne Ferdinand VII. Ce n’est que six ans plus tard, lors du congrès de Tucumàn, le 9 juillet 1816 que l’indépendance des provinces unies de l’Amérique du Sud consacre l’éviction de la royauté espagnole.

La plaza de Mayo est étrangement calme en ce dimanche matin, Lire la suite »

Les universités et le XXIème siècle !

sept 08

stat

Nul n’étant prophète en son pays, ce n’est pas la CPU qui m’a sollicité pour donner mon sentiment sur l’impact socio-économique des universités en ce début de siècle, mais la conférence des universités espagnoles. Et c’est pourquoi je profite d’un stop de deux heures dans l’aéroport de Madrid, en attente de mon vol pour Santander pour commencer l’écriture de ce billet. Santander, charmante cité balnéaire de la côte Cantabrique, mais aussi siège de deux universités dont l’Université internationale Menéndez Pelayo, où va se tenir ce séminaire, de plusieurs musés et qui accueille chaque année un festival de jazz. A la Tabacalera de Santander, entrepôts transformés en pénitencier, après avoir pris la ville en août 1937, les franquistes entassèrent 4000 républicains dans des avant de les liquider un à un et de les jeter dans des fosses communes. Celle qui fut la dernière statue équestre de Franco de toute l’Espagne fut finalement déboulonnée le 18 décembre 2008 à l’occasion du réaménagement de la place et devrait rejoindre le futur Musée de la Cantabrie.

Dans ce genre d’exercice, il vaut mieux connaître ses dossiers, et ce d’autant que les universités espagnoles sont en pleine mutation. L’Espagne est le pays européen dans lequel le nombre de publication a le plus progressé ces dernières années, il a doublé en 10 ans,

  • devant les universités françaises (+78%),
  • les universités suisses (+66%),
  • les universités italiennes (+57%) et loin devant
  • les hollandaises (+42%),
  • les allemandes (+48%) ou
  • les anglaises  (+38%).

Ce qui relativise au passage le discours ambiant sur la mauvaise qualité des universités françaises car dans la même période, le nombre de publication des soit disant « grandes écoles » n’a cru que de 40% et celles du CNRS ou de l’INSERM que de 20% environ.

Quoi qu’il en soit, cette commande survenue à la mi-juillet m’obligea à quelques devoirs de vacances durant le périple aoûtien que j’ai décrit dans ma précédente note. Je décidais donc de m’en tenir à quelques exemples pour lesquels des données fiables étaient accessibles. Lire la suite »

Trip en Asie du Sud Est

juil 10

credit : rpeschetz - flickr

Il est près de 6 heures lorsque je frappe au numéro 1 de la rue Ba Huyên Thanh Quan à Hôchiminh-Ville. Quelques aboiements et je tombe dans les bras de mon ami Nghi. Il n’a pas changé, seulement vieilli, la voie est faible, nasale et moins assurée qu’avant. La vieille dame qui servait du temps de Duong Quinh Hoa a pris sa retraite, sa nièce la remplace. Elle nous a mijoté un excellent dîner vietnamien, d’ailleurs la cuisine du Vietnam ne se goûte vraiment qu’en famille. Je retrouve la maison comme elle était six années auparavant et il veille jalousement sur tous les trésors de l’art et de la culture vietnamienne que Hoa et lui y ont accumulé au fil des ans. Je lis sur son visage la tristesse infinie de l’absence. Il me fait visiter l’autel de Celle qui l’a quitté il y a trois ans. Avant de passer à table, je lui donne des nouvelles de la bande de copains qui a accompagné l’aventure du centre de nutrition de Duong Quinh Hoa et je lui remets mon bouquin sur le Cambodge. Puis comme nous le faisions jadis, nous parlons politique. Obama, Sarkozy, Ahmadinejad, Kim Jong Il ! Tout y passe, y compris la position de son pays sur les évènements du monde. Sa critique est toujours aussi acerbe sur ses anciens camarades de combat. La nouvelle règle de conduite des communistes vietnamiens c’est enrichissez vous ! Je me risque à lui dire qu’il me semble qu’en la matière ils suivent la voie chinoise. Bah me dit il, il y a un grand débat entre les intellectuels chinois et vietnamiens. Nous pensons être les premiers habitants de la chine, avant les Hans ! bien sûr ils ne le reconnaîtront jamais. Comme toujours avec Nghi, l’excessif masque la vision réaliste des progrès de la société mais lui, en philosophe pessimiste, pense que l’égoïsme et l’irresponsabilité vont tuer l’humanité. La révolution ne sert à rien conclu t’il. Je regagne l’hôtel le cœur plein de nostalgie en repensant à la vie de ce couple fusionnel qui a tant œuvré pour la justice et les enfants. Je veux mettre tout en ordre ici avant de rejoindre Hoa m’a dit Nghi en me quittant. Décidément il faut que j’écrive aussi sur cette partie de ma vie.

Le Vietnam, je l’ai découvert il y a presque trente années, dans les conditions que j’ai indiqué ailleurs . Hôchiminh-Ville, la Saïgon des français et des américains a évidemment beaucoup changé. Lire la suite »

A l’Est, douloureusement du nouveau, en France la morosité.

juin 16

credits : Reza Vaziri - flickr

De retour à Téhéran, la veille de mon départ pour Bakou, j’assiste chez des amis, en sirotant un Bloody Mary du feu d’Allah, au débat historique Ahmadinejad/Moussavi. J’ai la traduction en direct, c’est vraiment chaud. Je les quitte avant la fin, personne dans les rues, toute la ville est devant la télévision. Le lendemain, dans la voiture du ministère de l’enseignement supérieur, en route vers l’aéroport, nous franchissons au ralenti l’immense cohorte qui se dirige vers le gigantesque mausolée de Kohmeini où l’actuel guide suprême va déclarer son soutien à Ahmadinejad. Mon accompagnateur me raconte qu’une grande partie des iraniens présents sont là contre salaire. Ici aussi, on achète les voix. L’aéroport est désert, après avoir passé assez facilement la sécurité et la douane, négocié un surcroît impressionnant de bagages, l’ATR 72 d’Azerbaïjan airlines m’emporte vers Bakou. Quel contraste à l’arrivée, on est vraiment en Europe n’en déplaise à Nicolas Sarkozy. J’y avais fait une courte visite en 1983 mais je ne reconnais rien excepté la mer, les complexes chimiques datant de l’époque soviétique et les grandes avenues. Mon hôtel est dans la vieille ville sur la colline dont la restauration se fait à un rythme accéléré mais sans grand souci d’authenticité. Lire la suite »

Vers les marches de l’Orient.

juin 09

credits: mohammadali - flickr

Vendredi 27 mai, en partance pour Téhéran, je me prépare à l’abstinence en sirotant quelques whiskys dans le salon de l’aéroport d’Orly. Je tombe par hasard sur le « Canard Enchaîné » daté du 27 mai. Je n’en crois pas mes yeux, notre VRP suprême, en visite dans les Emirats arabes unis, était accompagné d’une délégation nombreuse : Claude Guéant, naturellement, peu de ministres (4, pour que le précédent n’ait pas trop de personnes à surveiller), et de nombreuses vedettes du CAC 40 dont Serge Dassault. Mais je n’ai pas trouvé la moindre trace de Georges Molinié ou de Christine Albanel ! Pourtant, au jour où nous sommes, les seules exportations réelles dans les Emirats ce sont la Sorbonne et le Louvre à Abou Dhabi ! Il va falloir qu’il s’y fasse, notre Président. Dans le monde, les universités et la culture représentent bien plus l’esprit français que l’armement ¹ et l’industrie. Je rêve du jour où, en homme pragmatique qu’il est, il voyagera aussi avec le président de l’UPMC.

Mais qu’ai-je à faire au pays des Perses, dont le nom est connu depuis l’empire Achéménide, soit près de 45 siècles ! Je pourrais dire que le cylindre de Cyrus (qui y régna plus de 5 siècles avant notre ère) contient la première déclaration des droits de l’homme ; je pourrais dire encore que des traces de vin datant de plus de 70 siècles y furent retrouvées ; où encore que le premier centre hospitalier universitaire du monde y a vu le jour à Jundi-Shapur, au 3e siècle ; ou enfin, que le mot ?r?n shahr signifie « royaume ou terres des Aryens ». C’est, plus simplement, qu’après le Liban, la Syrie, l’Israël-Palestine, l’Egypte, le Kurdistan Irakien, notre université se devait de visiter les universités de ce pays. Six universités à Téhéran et à Chiraz et le ministère de l’Enseignement supérieur, tel est mon programme. Le tout en cinq jours. Lire la suite »