mai 29

Le 11 septembre 1973, refusant d’être capturé, Salvador Allende, président démocratiquement élu du Chili, se donnait la mort dans le palais présidentiel de la Moneda assiégé et bombardé depuis le matin par une junte militaire conduite par le général Pinochet. Six mois auparavant, l’Unité Populaire qui soutenait Allende avait gagné les élections, frôlant la majorité absolue. L’armée chilienne n’avait pas de tradition « golpiste », plusieurs généraux, restés fidèles à cette conception loyaliste, le payèrent de leur vie. Le Général Carlos Prats Gonzales vice-président d’Allende poussé à la démission par les radicaux de l’armée quelques semaines avant le coup d’état fut assassiné en exil, avec son épouse, le 24 septembre 1974. Ce fut également le cas du général de l’armée de l’air Alberto Bachelet, petit-fils d’un œnologue bourguignon Louis-Joseph Bachelet Lapierre et d’une anthropologue Angela Jeria Gomez. Arrêté et longuement torturé, le général Bachelet décèdera en 1974 en captivité.
Il ne fait aucun doute, comme l’a mis en évidence une commission sénatoriale à Washington que le coup d’état fut accueilli favorablement à Washington. Lire la suite »
mai 18

Dans beaucoup d’institutions des Etats Unis, la date limite pour que les étudiants ayant demandé une inscription pour la prochaine année universitaire confirment leur choix était le premier mai. Ils devaient le faire en envoyant des arrhes à, théoriquement, une seule institution pour réserver leur place. Cette année, de nombreux « colleges » ont indiqué une forte augmentation du nombre des élèves qui ont reporté ce choix à la dernière minute, le versement des arrhes se poursuivant la première semaine de mai. Certains établissements ont en outre repoussé la date fatidique pour tenir compte de cette situation.
Cette année, plus encore que les autres années, une trentaine d’institutions prestigieuses ont proposé des aides généreuses pour pénétrer encore plus les couches moyennes et c’est ainsi que Harvard et Yale, par exemple ont constaté des rendements identiques à l’an dernier. Mais il s’agit d’un monde clos, bien que plus large que celui des grandes écoles françaises. Lire la suite »
avr 03

Arrivée à Pékin sur Air China, lundi 30 mars avec une heure de retard due aux engorgements de Roissy. Passage ultra-rapide à la police et, signe des temps, vous êtes invité en appuyant sur l’une des quatre touches d’un compteur, à donner votre avis sur l’accueil du policier. Je veux bien croire que ceci ait accéléré les cadences. On imagine sans peine la réaction des syndicats des policiers et des CRS s’il en était de même à Roissy, ou l’émoi de nos chers syndicats de l’UPMC si l’on installait un tel dispositif à la scolarité où à l’accueil des étudiants étranger ! L’impression immédiate que me fait ce terminal c’est la Gare du Nord à l’heure d’affluence. Mais très vite l’impression s’estompe car ici, en dehors de la foule et du fait qu’elle ressemble bigrement à la nôtre, tout marche. Le VAL automatique arrive régulièrement et j’ai pu constater au retour que lorsqu’il y a encombrement, un bataillon de bétaillères routières supplétives vient se porter en renfort ce qui évite bien des énervements. Le passage de la douane est tout aussi fluide et l’inspection des bagages à main beaucoup plus efficace qu’à Roissy (il est vrai qu’en Chine le niveau des salaires pour cette catégorie de personnels ne pèse pas trop sur les coûts). Au total, avec le transfert de terminal, pas plus d’une demi-heure s’est écoulée depuis que j’ai quitté l’avion. Lire la suite »
mar 23

Jeudi 19 je ne participe pas à la journée d’action intersyndicale. Non pas que la crise économique et sociale qui secoue le pays me soit indifférente, mais par ce que je suis à Berlin, déplacement prévu de longue date. A cette occasion je rencontre mon homologue de l’université Humboldt de Berlin. Cette université créée en 1880 à l’initiative d’un linguiste réformateur libéral de l’éducation, Wilhelm von Humboldt fut l’un des phares de l’éducation supérieure allemande. Elle s’appela d’abord l’université Frédéric-Guillaume. Les noms de ses enseignants et de ses étudiants les plus connus suffiraient à retracer l’ensemble de l’histoire intellectuelle, scientifique et politique de l’Allemagne : en philosophie, Fichte, Hegel et Feuerbach, en physique, Albert Einstein et Max Planck, sans oublier Heinrich Heine, mais aussi Otto von Bismarck et Karl Marx. Vingt-neuf Prix Nobel y ont enseigné. Lors de la chute de Hitler, la partition progressive de Berlin et la prise de contrôle par le parti communiste de l’université qui s’accompagna d’une répression brutale vis-à-vis de certains étudiants et de professeurs entraîna une scission de l’université, et la fondation de l’Université libre de Berlin dans le secteur d’occupation américain à Dahlem. C’est à cette époque qu’elle prit le nom de son prestigieux créateur. La concurrence acharnée que se livrèrent l’Est et l’Ouest à Berlin se traduisit évidemment en termes de compétition entre les deux universités et les investissements y affluèrent des deux côtés.
Mais on ne donne pas impunément l’éducation à un peuple sans lui donner en même temps les marges de manœuvres de la démocratie et une économie capable de répondre aux aspirations de la jeunesse (on le voit bien en ce moment partout en Europe et singulièrement en France). La chute du mur de Berlin, prélude à la chute de ce que l’on appelait alors le socialisme réel, c’est d’abord cette rupture là qu’elle signifie. Mais les années qui ont suivi 1989 furent dures pour ces deux universités car la priorité était à la reconstruction de Berlin, pas à l’université. Un renouvellement considérable des cadres eut lieu et petit à petit elles reprirent leur place éminente dans le concert des grandes universités européennes. Depuis plus de trois ans elles sont à l’heure d’une autonomie renforcée et gèrent la totalité de leur budget (salaires compris) dans un contexte économique difficile puisque le volume de leurs crédit n’avait suivi ni la hausse du coût de la vie, ni les effets du fameux GVT¹. L’incertitude y est grande en ce moment car, du fait de la crise économique, le gouvernement n’a pas confirmé qu’il donnerait suite à la hausse de 15% des budgets qui était prévue. Lire la suite »
mar 17

Pour la deuxième fois cette année je suis à Beyrouth. Pour un évènement important, la remise des premières habilitations à diriger les recherche à dix enseignants de l’Université Libanaise. C’est l’aboutissement d’une aventure humaine née de la rencontre, au début de mon mandat de président de l’UPMC, avec le recteur de cette université, Ibrahim Kobeisi, professeur de droit. Nous avions dans un premier temps créé, avec quelques universités françaises partenaires, un collège doctoral franco-libanais, puis mis en place un programme européen pour diffuser au Liban les bonnes pratiques en ce qui concerne l’encadrement des thèses (identification de leaders, identification des laboratoires libanais partenaires en coopération avec le CNRS libanais). Vingt enseignants libanais sont entrés dans ce programme financé depuis trois ans par l’Europe. Un décret d’Etat libanais est venu officialiser ce nouveau grade confortant ainsi au Liban le lien indispensable entre enseignement supérieur et recherche.
Le lendemain, je passe la journée avec deux universitaires libanais, l’un exerce à Toulouse où il dirige une UFR, l’autre enseigne à l’université libanaise. Nous partageons les mêmes vues sur l’indispensable autonomie universitaire vis-à-vis de l’Etat. Vu de Beyrouth, nos petites querelles franco-françaises paraissent bien dérisoires, quand on considère la chape de plomb que fait peser, sur l’université libanaise, la bureaucratie de l’Etat, héritage de la France, et les marges de manœuvres que pourraient créer en France une véritable autonomie. Il serait temps maintenant de siffler la mi-temps chez nous et de réfléchir un peu à la cohérence de l’action gouvernementale en matière d’enseignement supérieur. Lire la suite »