Notes de la catégorie ‘Dans les médias’

Grand Emprunt, Leurre ou Escroquerie ?

juil 04

L’affaire newyorkaise, comme un réacteur nucléaire en surchauffe, n’en finit pas de déclencher des réactions en chaînes. Belle occasion pour Sarkozy de se débarrasser à moindre frais d’une ministre des finances, rare femme politique n’étant pas passée par les filières élitistes[1], mais au bilan plus qu’ambigu et inutilisable pour sa campagne électorale. Alouette, gentille Lallouette, je te plumerai ! Mais au jeu des chaises musicales, l’hyper-président n’est pas vraiment à son avantage. Le sémillant François Baroin dont le moins que l’on puisse dire est que sa formation initiale ne le prédestinait pas à devenir ministre des finances[2] a réalisé le holdup du siècle en menaçant de lâcher l’hyper. Tout cela n’a pas grande importance car on sait qu’à Bercy le gratin de la noblesse d’Etat a tout loisir de contrôler les ministres. D’ailleurs l’arrivée de la fée de la rue Descartes[3] au budget lui permettra de veiller à ce que les promesses du soi disant « grand emprunt » ne se traduisent dans les faits que pour les opérations décidées rue du faubourg Saint Honoré dans la perspective des élections à venir, c’est-à-dire pour les copains et les coquins. Pour veiller au grain de la noblesse d’Etat, elle sera remplacée par le brave Wauquiez[4] qui pourra ainsi mettre à exécution son rêve ancestral, comment faire travailler les pauvres. Et pourquoi ne ressusciterait-il pas l’Hôpital Général créé par la compagnie du Saint Sacrement sous Louis XIII, afin de générer d’importants bénéfices pour l’Eglise en faisant travailler les enfants, les femmes et les gueux internés à la Salpêtrière ? Sans doute proposera-t-il que les étudiants boursiers consacrent une partie de leur temps à des travaux d’intérêts général pour compenser le manque à gagner que l’Etat refuse de donner aux universités autonomes ! Autre démocrate chrétien, le brave Le Maire[5], rescapé de la Giscardie, n’a eu d’autre solution que d’avaler une grosse couleuvre et de continuer à veiller aux intérêts des céréaliers et des betteraviers.

Dans cette affaire, la plus heureuse c’est la fée de la rue Descartes car en vérité elle était à bout de souffle à l’enseignement supérieur. Lire la suite »

Un mois de juin qui a bien commencé !

juin 14

Le pays, faute de discuter sur le fond de ce que pourrait être une alternative au Sarkozysme dans le cadre d’un monde rendu plus ouvert par les progrès scientifiques et techniques s’enlise dans la médiocrité. Nos journaleux sont réduits à puiser sur la toile leurs sujets d’articles en ce printemps pourri. Une des grandes universités parisiennes laisse fuiter via le « Canard enchaîné » une information partielle concernant un ancien ministre. Oubliant d’ailleurs qu’il a bien fallu que le président de l’université en question donne son accord et saisisse son conseil d’administration lorsqu’à l’issue de sa fonction ministérielle il a été mis à la disposition d’une autre institution publique pour y accomplir quelques menues fonctions en toute quiétude. Dès lors que cette mise à disposition prenait fin, et constatant que le service d’enseignement n’était point assuré malgré des relances effectuées dans les formes légales, le président de l’université avait tous pouvoirs pour faire avaliser par son conseil d’administration la suspension du traitement. Or il ne l’a pas fait. S’est-il déchargé à bon compte sur un hebdomadaire spécialisé d’une délation qu’il ne désirait pas assumer ? Je n’aime pas Monsieur Luc Ferry car, de mon point de vue, être philosophe n’autorise ni le persiflage ni des pratiques que ma morale réprouve. Mais le procédé utilisé à son encontre n’est guère plus élégant que le ministre qui se fait l’écho des poubelles marocaines. D’autant plus que dans le même temps le président de cette université refuse de payer les dettes qu’il a envers l’UPMC.

Ce dossier est d’ailleurs traité de manière partiale par l’actuelle ministre et par les médias. Si nous avions une ministre de l’enseignement supérieur digne de ce nom, elle aurait pu se saisir de cet incident pour ouvrir le dossier des cumuls et des décharges de service qui sont, n’en déplaise aux syndicats, légions et appauvrissent les universités autonomes. Au lieu de cela le gouvernement propose de rembourser le salaire net de monsieur Ferry à l’université mais quid des versements sociaux qui devront toujours être prélevés sur sa masse salariale ? Et pourquoi ne règle-t-il pas la facture due par cette université à l’UPMC ? C’est d’ailleurs une pratique que l’INRIA, le CNRS et l’INSERM pratiquent depuis de nombreuses années. Si nous avions des médias dignes de ce nom ils s’interrogeraient aussi sur la pertinence d’autres pratiques tout aussi légales comme le cumul de certains députés avec des rémunérations liées à leurs fonctions antérieures. Pourquoi ne vont-ils pas interroger là-dessus l’éternel donneur de leçon pour les autres, Bernard Debré ? Ils pourraient aussi s’interroger sur les établissements de la Noblesse d’Etat qui payent des prestations à des professeurs sans défrayer en quoi que ce soit les universités dont ils sont les salariés et parfois sans avoir même pris la précaution d’obtenir leur accord ! Que ne dirait-on pas si un ingénieur de chez Renault faisait des piges clandestines chez Citroën ?

Le 9 juin, Jean-Baptiste Prévost, ancien président de l’UNEF revient dans une interview à l’AEF sur ses déclarations faites lors de son départ de la direction du syndicat étudiant : Lire la suite »

Ah le joli mois de mai à Paris

mai 11

La fée de la rue Descartes est vent debout pour défendre le bilan de son mentor en n’oubliant pas, carrière oblige, de mettre en avant sa propre action universitaire. Regardons-y d’un peu plus près. « Avec l’autonomie [déclare-t-elle au Figaro[1]] la personnalisation des formations est devenue le maître mot […] aux uns nos universités proposent de suivre des doubles formations […] aux autres la possibilité d’effectuer un stage dès la licence ». Enjeux les Echos, signale que de telles initiatives constatées au sein de Sorbonne Université restent des exceptions. Certes, et de plus, c’est bien avant la loi Pécresse, lorsque j’en étais le président, que l’UPMC a créé avec Sciences Po des doubles formations et avec Paris Sorbonne la double licence de sciences et de musicologie. Ni la loi ni la ministre ne sont pour quoi que ce soit dans la création du collège de droit de Panthéon Assas et du collège de la Sorbonne qui regroupe 13 (et pas 3) doubles cursus exigeants. Tout ceci résulte d’une application intelligente de la réforme LMD, tout au plus peut-on mettre à l’actif de la direction de l’enseignement supérieur qu’elle a renoncé à entraver leur mise en œuvre.

« Quant aux nouveaux partenariats que nouent nos universités avec les entreprises ils garantissent que leurs formations déboucheront sur un emploi [2]» il s’agit d’un vœu pieux car le système dérégulé du marché est incapable d’assurer quoi que ce soit. Bien au contraire, ce qui permettra aux étudiants de rebondir dans le futur ce sont des formations ouvertes assurant une solide formation pluridisciplinaire et pas la réponse étroite à des entreprises incapables de prédire ce que sera l’emploi au-delà de quelques années. L’UPMC comme d’autres n’a pas attendu la ministre pour mettre en place une politique de formation en alternance depuis une bonne quinzaine d’années. Lire la suite »

Des gauchos au secours de la Noblesse d’état

avr 11

« Élaboré en catimini, sans concertation réelle de la communauté universitaire, [le projet d'idex de Sorbonne Universités] favorise non pas l’excellence, mais l’élitisme et la création d’une université à deux vitesses… Nous appelons le ministère à faire machine arrière et à ne pas sélectionner un projet qui comprend une restructuration grave de l’offre de formation autour d’une vision archaïque et élitiste de l’université. »

déclarent les responsables de l’Unef de l’université Panthéon Assas – Paris 2, l’université Paris Sorbonne et de l’UPMC, dans un communiqué mardi 5 avril 2011[1].

Libre à trois zozos ultra-minoritaires dans les établissements de Sorbonne Universités de se tirer une balle dans le pied. Mais de là à tirer une balle dans le dos de leurs universités et de leurs condisciples pour détruire un projet qui propose :

-    d’augmenter les possibilités de logement étudiant, la création de lieux d’études et de convivialité, la mutualisation des initiatives de promotion de la santé, des pratiques sportives et culturelles et particulier :

-    le Quartier des Humanités rue Champollion avec des installations accueillantes, poly-usages, et modernes (une cafétéria, un espace de vie prenant en compte tous les aspects du quotidien étudiant)

-    un réseau de ressources pédagogiques, véritables lieux de vie étudiante et de rénovation pédagogique, associant bibliothèques, laboratoires d’application des nouvelles technologies, espaces de travail individuels et collectifs, ces premiers Learning centers seront mis en place sur les sites d’Assas (6 000 m2) puis de Jussieu (10 000 m2) et de Molitor (2 700 m2).

Il faut avoir le sectarisme et l’inconscience de jeunes bourgeois qui n’ont rien compris à ce qui se joue en ce moment. Lire la suite »

La pollution de l’équinoxe de printemps

mar 25

Dans mon article de début janvier, je rappelais que si la nouvelle année au calendrier chinois était celle du lapin blanc : « contrairement à ce que nous laisse croire Lewis Caroll, le lapin blanc n’est pas un animal blanc et doux comme son nom le laisse supposer. Selon l’Astrologue Russe Vladimir Pogoudine, « c’est une créature assez sévère, et si nous regardons les précédentes années du lapin, nous verrons qu’elles ont marqué le début de la seconde guerre mondiale, la perestroïka, les attentats terribles en Russie en 1999. » »

Dès le premier trimestre nous avons été gâtés. Trois tremblements de terre, dans le centre du Chili, au sud de Conception qui avait été durement frappée l’an dernier (magnitude 7), un autre de magnitude 7,3 survient au large des Îles Loyauté, en Nouvelle-Calédonie, un troisième atteint en février la Nouvelle Zélande. 200 000 personnes sont touchées par des inondations dans la région du Queensland en Australie, il y a plusieurs dizaines de morts. Après le passage d’une tornade dans les états du sud des Etats-Unis on déplore 6 morts et des dizaines de blessés. On décompte un million de sans-abri et 18 morts à l’issue d’inondations au Sri Lanka, plus de 300 morts dans des bidonvilles de Rio de Janeiro consécutifs aux glissements de terrains et aux coulées de boue survenues après des pluies torrentielles. Le 10 mars la nature se déchaîne contre le Japon, un violent séisme de magnitude 9 survient au nord-est du pays, il s’ensuit un tsunami avec des vagues monstrueuses, certaines dépassent 10 mètres, qui dévaste les régions de Sendai et Fukushima dans l’est du pays. Malgré la préparation de la population à ce genre de catastrophes, près de 20 000 morts sont probablement à déplorer. La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi a été gravement touchée, Lire la suite »