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	<title>le blog de Gilbert Béréziat &#187; Dans les médias</title>
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		<title>Grand Emprunt, Leurre ou Escroquerie ?</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jul 2011 14:57:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
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		<description><![CDATA[L’affaire newyorkaise, comme un réacteur nucléaire en surchauffe, n’en finit pas de déclencher des réactions en chaînes. Belle occasion pour Sarkozy de se débarrasser à moindre frais d’une ministre des finances, rare femme politique n’étant pas passée par les filières élitistes[1], mais au bilan plus qu’ambigu et inutilisable pour sa campagne électorale. Alouette, gentille Lallouette, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/07/Grand-Emprunt-Leurre-ou-Escroquerie.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1893" title="Grand Emprunt, Leurre ou Escroquerie" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/07/Grand-Emprunt-Leurre-ou-Escroquerie.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">L’affaire newyorkaise, comme un réacteur nucléaire en surchauffe, n’en finit pas de déclencher des réactions en chaînes. Belle occasion pour Sarkozy de se débarrasser à moindre frais d’une ministre des finances, rare femme politique n’étant pas passée par les filières élitistes[1], mais au bilan plus qu’ambigu et inutilisable pour sa campagne électorale. Alouette, gentille Lallouette, je te plumerai ! Mais au jeu des chaises musicales, l’hyper-président n’est pas vraiment à son avantage. Le sémillant François Baroin dont le moins que l’on puisse dire est que sa formation initiale ne le prédestinait pas à devenir ministre des finances[2] a réalisé le holdup du siècle en menaçant de lâcher l’hyper. Tout cela n’a pas grande importance car on sait qu’à Bercy le gratin de la noblesse d’Etat a tout loisir de contrôler les ministres. D’ailleurs l’arrivée de la fée de la rue Descartes[3] au budget lui permettra de veiller à ce que les promesses du soi disant «<em> grand emprunt</em> » ne se traduisent dans les faits que pour les opérations décidées rue du faubourg Saint Honoré dans la perspective des élections à venir, c&#8217;est-à-dire pour les copains et les coquins. Pour veiller au grain de la noblesse d’Etat, elle sera remplacée par le brave Wauquiez[4] qui pourra ainsi mettre à exécution son rêve ancestral, comment faire travailler les pauvres. Et pourquoi ne ressusciterait-il pas l’Hôpital Général créé par la compagnie du Saint Sacrement sous Louis XIII, afin de générer d’importants bénéfices pour l’Eglise en faisant travailler les enfants, les femmes et les gueux internés à la Salpêtrière ? Sans doute proposera-t-il que les étudiants boursiers consacrent une partie de leur temps à des travaux d’intérêts général pour compenser le manque à gagner que l’Etat refuse de donner aux universités autonomes ! Autre démocrate chrétien, le brave Le Maire[5], rescapé de la Giscardie, n’a eu d’autre solution que d’avaler une grosse couleuvre et de continuer à veiller aux intérêts des céréaliers et des betteraviers.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans cette affaire, la plus heureuse c’est la fée de la rue Descartes car en vérité elle était à bout de souffle à l’enseignement supérieur. <span id="more-1888"></span>Sa tâche au ministère du budget, dans l’organisation sarkozyste, sera plus que modeste mais par contre le président pourra tirer le plus grand profit de son nouveau porte-parole, je devrais dire sa ministre de la propagande, car en matière de mauvaise foi et de poudre aux yeux elle est imbattable Valérie.</p>
<p style="text-align: justify;">L’AEF qui n’est pas à une flagornerie près a tenté avec grande difficulté de dresser un portrait flatteur de son activité depuis 2007 :</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la formation le plan licence pour lequel les promesses financières n’ont pas été tenues elle s’est attirée les critiques de l’inspection générale, que n’a pu lever le comité de suivi qu’elle avait installé et va sans doute se traduire par une nouvelle couche de réglementation ; La mastérisation a été, selon un président proche de la majorité présidentielle « <em>un fiasco complet</em> » ; la réforme de la première année des formations de santé imposée aux universités est en passe de faire pschitt.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce qui concerne l’autonomie universitaire, l’élan de 2007 s’est tari dès 2008 par le renforcement des contrôles tatillons et le refus du ministère de l’enseignement supérieur et de Bercy d’engager des négociations honnêtes sur la masse salariale incluant les charges supplémentaires créées par cette autonomie, l’obligation de laisser les fonds correspondants à France Trésor, le refus de transférer les biens immobiliers à toutes les universités qui l’ont réclamé, montre que c’est surtout le transfert des ennuis qui a été réalisé. En fait on a assisté à un net recul des procédures contractuelles telles qu’elles existaient auparavant. Bref, l’Etat a repris d’une main ce qu’il donnait de l’autre et les universités sont dans des difficultés financières accrues.</p>
<p style="text-align: justify;">Les deux chantiers présentés comme des mesures phares du quinquennat, le plan campus et le soi disant grand emprunt se sont révélés de pures tactiques préélectorales pour 2012. En ce qui concerne le plan campus qui fut un fiasco en Ile-de-France, la mission économique de contrôle du parlement constate que les deux premières années de rapport de la « <em>manne </em>» représentée par la vente des actions d’EDF ont disparu et seuls les bétonneurs de la zone située autour de polytechnique à Saclay ont bénéficié des subventions directes. En région, très peu de choses ont été mises en chantier trois ans après le lancement. Selon un article des « <a href="http://www.lesechos.fr/"><em>Echos</em></a> », « <em>cinq ans après, les universités n&#8217;ont perçu que 70 millions d&#8217;euros. Un peu plus de 1 % de la somme vantée par Valérie Pécresse à longueur de communiqués</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l’opération pompeusement baptisée « <em>investissements d’avenir</em> » pour copier les Allemands, il faut remarquer que les deux tiers des sommes correspondent à des crédits non consomptibles, qui n’arriveront que tardivement voire jamais dans les caisses des universités autonomes. « <a href="http://www.lemonde.fr/"><em>Le Monde</em></a> » fait remarquer que « <em>par rapport à l’Allemagne c’est beaucoup moins pro… Plusieurs couacs ont émaillé des différents appels d’offres français…</em> »[6] Pour diluer le dispositif, donner du travail à la noblesse d’Etat et permettre au « <em>small is beautiful à la française </em>», c.a.d. toutes  les Ecoles et institutions microscopiques dépourvues d’étudiants, de profiter de la pseudo manne, pas moins d’une quinzaine d’appel d’offres ont été lancés, ce qui a brouillé le message auprès de la communauté universitaire. En 2005, seuls trois appels d’offres avaient été ouverts dans le cadre de l’initiatrice d’excellence Allemande.  J’ajoute que la totalité des financements étaient arrivés dès 2007 dans les banques choisies par leurs universités. Comme toujours on se lamentera que le fossé se creuse avec l’Allemagne…</p>
<p style="text-align: justify;">Le jour même du départ de Valérie, le fleuron de ses initiatives d’excellence à la française faisait plouf. De fuite en fuite provenant de membres français du jury, deux Normaliens (dont son ancien directeur de cabinet ennemi juré de Sorbonne Universités et présentement vice-président à l’EPFL, l’autre ayant porté sur les fonds baptismaux l’alliance de Saint Geneviève et du bois de Boulogne), un Pont et un X-Mines mais aucun véritable universitaire, on apprenait que la montagne avait accouché d’une souris en sélectionnant une pseudo-association dont les membres sont incapables de mettre sur leur site des « <em>facts and figures</em> » certifiés, ce qui n’a pas le moins du monde ému le jury international, et deux ensembles universitaires dont le seul référentiel mesurable est qu’ils sont en recul constant depuis plusieurs années au classement de Shanghai[7], le classement honni de la noblesse d’Etat. C’est pas avec ça que l’objectif affiché par Sarkozy au début de son mandat de hisser dix universités françaises au top cent des universités mondiales se réalisera.</p>
<p style="text-align: justify;">Les autres arrivants du remaniement gouvernemental sont tous des seconds couteaux qui ne redorent pas vraiment le blason de l’ensemble. Jean Leonetti « <em>vieux radsoc de 62 ans</em> », cardiologue marseillais, aurait sans doute été plus utile pour s’occuper de la dépendance que des affaires européennes.  Marc Laffineur un autre médecin de 63 ans anesthésiste réanimateur de formation et politicien du « <em>marais </em>» il s’appliquera n’en doutons pas à endormir les anciens combattants ! Claude Greff infirmière de 57 ans s’occupera de la condition féminine espérons, car l’espoir fait vivre, qu’elle saura réorienter le grand emprunt pour faire émerger des actions favorisant l’égalité Femmes-Hommes dans les fonctions électives, universitaires et au sein des conseils d’administration du CAC 40. Le brave François Sauvadet, 58 ans, fils d’agriculteur, spécialiste du retournement de veste et du ralliement, mal récompensé jusqu’alors, sert de bouche trou à la victime collatérale de Strauss Kahn. Cerise sur le gâteau, le benjamin,  l’inénarrable David Douillet, judoka jadis très proche des époux Chirac et de leur fille, mal recyclé dans les affaires puisque failli, s’occupera de glaner pour Sarkozy les voix des Français de l’Etranger sans alourdir son compte de campagne.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la soirée du Jeudi 30 juin, patatras la belle construction se grippe empéguée dans les méandres de l’affaire DSK. Et l’hyper qui pensait bien se refaire une virginité morale sur les décombres d’un parti socialiste empêtré dans le donjuanisme de son leader maximo se retrouve à l’arrière plan des médias. Le fameux Bernard petit fils du «<em> grand  Robert</em> », fils du « <em>fidèle Michel</em> » et frère du premier président du conseil constitutionnel à s’afficher aux « <em>Grosses têtes</em> » est obligé de faire amende honorable. Empêtré dans ses déclarations intempestives du 16 mai, il tente de les justifier par ce qu’il saurait du prévenu mais dont il ne peut rien dire et par ce qu’il avait « <em>été en direct avec un certain nombre de gens qui travaillent au Sofitel et en particulier un ami d&#8217;enfance de [son] collaborateur</em> ». Mais peut-être, lui qui semble si bien informé de ce qui se passe dans cet hôtel, pourrait il aussi nous faire part de la teneur des entretiens téléphoniques entre le patron de l’hôtel Sofitel de New York et le patron parisien de la Chaîne Accord et entre ce dernier et les services de l’Elysée dans cette fameuse nuit du 14 au 15 mai 2011 ? Dès lors que l’on connait les relations nouées dans le passé entre le premier flic de New York et le premier flic de France flottera toujours un parfum de manipulation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>12 place du Panthéon le 4 juillet</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1]<em> Chrisine Lallouette, née de parents enseignants, médaille de bronze de natation synchronisée, maîtrise d&#8217;anglais, maîtrise de droit des affaires et un diplôme d&#8217;études supérieures spécialisées de droit social à l&#8217;Université de Nanterre.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em>Stanislas, Etudiant à l&#8217;Université Panthéon-Assas, il est titulaire d&#8217;un DESS de défense, d&#8217;un DESS de sciences de l&#8217;information et d&#8217;un DEA de géopolitique.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[3] <em>Née à Neuilly,  Ginette, HEC, ENA et conseil d’Etat</em></p>
<p style="text-align: justify;">[4]<em> Né dans une famille d’industriels de Tourcoing, ENS, agrégation d’histoire, ENA et conseil d’Etat</em></p>
<p style="text-align: justify;">[5] <em>Né à Neuilly, ENS, agrégation de lettres modernes</em></p>
<p style="text-align: justify;">[6]<em> 28 juin 2011</em></p>
<p style="text-align: justify;">[7] <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/07/Classement-de-Shanghai1.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1898" title="Classement de Shanghai" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/07/Classement-de-Shanghai1.bmp" alt="" width="497" height="401" /></a><em><br />
</em></p>
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		<title>Un mois de juin qui a bien commencé !</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Jun 2011 09:33:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans les médias]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Baptiste Prévost]]></category>
		<category><![CDATA[Luc Ferry]]></category>
		<category><![CDATA[UNEF]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>

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		<description><![CDATA[Le pays, faute de discuter sur le fond de ce que pourrait être une alternative au Sarkozysme dans le cadre d’un monde rendu plus ouvert par les progrès scientifiques et techniques s’enlise dans la médiocrité. Nos journaleux sont réduits à puiser sur la toile leurs sujets d’articles en ce printemps pourri. Une des grandes universités [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/06/Luc-Ferry.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1872" title="Luc Ferry" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/06/Luc-Ferry.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le pays, faute de discuter sur le fond de ce que pourrait être une alternative au Sarkozysme dans le cadre d’un monde rendu plus ouvert par les progrès scientifiques et techniques s’enlise dans la médiocrité. Nos journaleux sont réduits à puiser sur la toile leurs sujets d’articles en ce printemps pourri. Une des grandes universités parisiennes laisse fuiter via le « Canard enchaîné » une information partielle concernant un ancien ministre. Oubliant d’ailleurs qu’il a bien fallu que le président de l’université en question donne son accord et saisisse son conseil d’administration lorsqu’à l’issue de sa fonction ministérielle il a été mis à la disposition d’une autre institution publique pour y accomplir quelques menues fonctions en toute quiétude. Dès lors que cette mise à disposition prenait fin, et constatant que le service d’enseignement n’était point assuré malgré des relances effectuées dans les formes légales, le président de l’université avait tous pouvoirs pour faire avaliser par son conseil d’administration la suspension du traitement. Or il ne l’a pas fait. S’est-il déchargé à bon compte sur un hebdomadaire spécialisé d’une délation qu’il ne désirait pas assumer ? Je n’aime pas Monsieur Luc Ferry car, de mon point de vue, être philosophe n’autorise ni le persiflage ni des pratiques que ma morale réprouve. Mais le procédé utilisé à son encontre n’est guère plus élégant que le ministre qui se fait l’écho des poubelles marocaines. D’autant plus que dans le même temps le président de cette université refuse de payer les dettes qu’il a envers l’<a href="http://www.upmc.fr/">UPMC</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce dossier est d’ailleurs traité de manière partiale par l’actuelle ministre et par les médias. Si nous avions une ministre de l’enseignement supérieur digne de ce nom, elle aurait pu se saisir de cet incident pour ouvrir le dossier des cumuls et des décharges de service qui sont, n’en déplaise aux syndicats, légions et appauvrissent les universités autonomes. Au lieu de cela le gouvernement propose de rembourser le salaire net de monsieur Ferry à l’université mais quid des versements sociaux qui devront toujours être prélevés sur sa masse salariale ? Et pourquoi ne règle-t-il pas la facture due par cette université à l’UPMC ? C’est d’ailleurs une pratique que l’<a href="http://www.inria.fr/">INRIA</a>, le <a href="http://www.cnrs.fr/">CNRS</a> et l’<a href="http://www.inserm.fr/">INSERM</a> pratiquent depuis de nombreuses années. Si nous avions des médias dignes de ce nom ils s’interrogeraient aussi sur la pertinence d’autres pratiques tout aussi légales comme le cumul de certains députés avec des rémunérations liées à leurs fonctions antérieures. Pourquoi ne vont-ils pas interroger là-dessus l’éternel donneur de leçon pour les autres, Bernard Debré ? Ils pourraient aussi s’interroger sur les établissements de la Noblesse d’Etat qui payent des prestations à des professeurs sans défrayer en quoi que ce soit les universités dont ils sont les salariés et parfois sans avoir même pris la précaution d’obtenir leur accord ! Que ne dirait-on pas si un ingénieur de chez Renault faisait des piges clandestines chez Citroën ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le 9 juin, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Pr%C3%A9vost">Jean-Baptiste Prévost</a>, ancien président de l&#8217;<a href="http://www.unef.fr/">UNEF</a> revient dans une interview à l’<a href="http://www.aef.info/public/fr/nonabonne/accueil/accueil.php">AEF</a> sur ses déclarations faites lors de son départ de la direction du syndicat étudiant : <span id="more-1870"></span>« <em>On assiste aujourd&#8217;hui à un repli corporatiste d&#8217;une partie du milieu enseignant, qui est sans doute compréhensible aux vues des difficultés qu&#8217;ils rencontrent, mais qui est lourd de conséquences pour porter un projet alternatif à l&#8217;actuelle politique gouvernementale</em> ». Quelle belle découverte ! Selon l’AEF il s&#8217;inquiète du renouveau d&#8217;un discours réactionnaire à l&#8217;université porté par les « Refondateurs » tels qu&#8217;Olivier Beaud ou Marcel Gauchet : « <em>Pour ces gens-là, de droite comme de gauche, l&#8217;échec des étudiants relève de la responsabilité individuelle, pas de celle d&#8217;un système qu&#8217;il faudrait réformer. Pour eux, refonder l&#8217;université, c&#8217;est liquider la démocratisation.</em> » Il reproche également aux présidents d&#8217;université d&#8217;être devenus des gestionnaires et pas les meilleurs. On pourrait bien sûr lui retourner le compliment dès lors qu’il affirme avoir voulu face à Sarkozy avoir une approche syndicale sans même se poser les questions essentielles et rechercher des alliés. A quoi rime en effet de clamer victoire sur la non sélection à l’entrée des licences et des masters (alors qu’elle est maintenue entre la première et la deuxième année de master) et qu’elle s’est étendue dans les filières sélectives (Dauphine, entrée dans les masters scientifiques, recrutement dans les masters littéraires d’élite à partir des élèves des classes préparatoires littéraires reçus collés aux ENS et aux IEP) ? Pourquoi cette absence de toute remise en cause des classes préparatoires ?</p>
<p style="text-align: justify;">Quand Jean-Baptiste Prévost justifie la participation au mouvement de 2009 où s’est concrétisée la jonction entre ceux qu’il dénonce aujourd’hui comme des « <em>réactionnaires de droite comme de gauche marchant main dans la main à l’université </em>» en défendant l’idée que cela « <em>a permis d&#8217;obtenir le gel des suppressions de postes dans l&#8217;enseignement supérieur […] et de montrer que l&#8217;avenir de l&#8217;université ne pouvait se résumer à son autonomie </em>», il tord le cou à la vérité. C’est bien au contraire grâce à l’action tenace des présidents des universités, qui ont opté les premiers pour l’autonomie, que le maintien intact de leur masse salariale a été acté par l’Elysée (ni par Matignon, ni par la rue Descartes). C’est cette décision qui a provoqué la grogne des autres présidents refusant que cette promesse faite à ceux-ci ne soit payée sur le dos de leurs établissements qui a entraîné la décision de sortir l’enseignement supérieur de la vulgate du «<em> non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite</em> ». Mais rien n’a empêché que ce soient les étudiants se destinant aux carrières de l’enseignement pré-universitaire qui fassent les frais des tractations entre Darcos et le SNES même si ce dernier a toujours refusé de l’avouer.</p>
<p style="text-align: justify;">Les étudiants de l’UNEF étaient bien naïfs de penser que leur participation au mouvement de 2009 recréerait une dynamique commune entre étudiants et enseignants. « <em>Cela a plutôt bien fonctionné avec le SNESup » mais au prix du gel de la réflexion sur la nécessaire évolution de l’enseignement supérieur. Jean-Baptiste Prévost regrette à postériori « que certaines organisations comme sauvons l’université ou encore l&#8217;autoproclamée coordination des universités – qui ne représentait plus aucune AG à partir d&#8217;avril &#8211; n&#8217;aient pas cherché davantage de convergences avec les revendications étudiantes</em> ». Mais l’exemple de 2004 et de l’évolution de « sauvons la recherche » aurait du le rendre méfiant. Ces sortes d’organisation en France, sujettes à toutes les manipulations gauchistes, ont toujours été récupérées par l’establishment et ont abouti à l’affaiblissement syndical. La logorrhée et le conservatisme font toujours bon ménage. Je reconnais bien volontiers que « <em>les étudiants sont assez grands pour mener eux-mêmes leurs combats et choisir leurs propres modalités d&#8217;action </em>» mais cela n’empêche en rien que leurs organisations dialoguent avec les présidents d’université or du cadre convenu de la CPU ! Contrairement à ce qu’il avance, tous ne sont pas de mauvais gestionnaires loin s’en faut.</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Baptiste Prévost ne saurait être plus ambigu lorsqu’il déclare : « <em>Il ne faut pas que des questions comme l&#8217;échec en première année, la misère sociale des étudiants, l&#8217;illisibilité de l&#8217;offre de formation ou l&#8217;infime proportion de jeunes parvenant aux mêmes grandes écoles élitistes que leurs parents, redeviennent des secrets de famille honteux</em>. » Dans son discours, pas une parole sur le système des écoles dont il est d’ailleurs issu. Son prédécesseur à la direction de l’UNEF est que je sache un membre important de la direction socialiste. Or le projet de son parti pour les prochaines élections présidentielles est étrangement muet sur le sujet de la pertinence de maintenir le système élitiste actuel et sur une autre façon de procéder à l’émergence des élites qui n’aboutisse pas à une simple reproduction de l’espèce. Il est grand temps pour la gauche de prendre cette affaire à bras le corps et d’aboutir à un véritable projet pour la formation des jeunes sans faire l’impasse sur la sélection des élites car chacun sait qu’une sélection n’est juste que si elle est efficace. Or chez nous, elle n’est ni l’une ni l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne voudrais pas clore ce billet sans un mot pour le feuilleton de l’été commencé outre Atlantique. La machine à vendre du spectacle et du papier bas de gamme est en route. Je connais quelques riches intègres et quelques pauvres crapuleux, l’inverse est aussi vrai. Mais je ne considère pas anormal qu’on soit plus exigeant vis-à-vis de ceux qui ont du répondant que vis à vis des modestes. Il faut être certes intransigeant sur le respect de la présomption d’innocence et sur celui de la vie privée. Mais pas d’angélisme s’il vous plait. Chacun a ses pulsions et comme le rappelait Théodore Monod « <em>l’hominisation n’est pas achevée </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">Méditons donc cette belle <a href="http://www.dailymotion.com/video/x55osm_le-penitencier-1964_music">chanson </a>de Vline Buggy [1] et Hugues Auffray<br />
« <em>Les portes du pénitencier<br />
Bientôt vont se refermer<br />
Et c&#8217;est là que je finirai ma vie<br />
Comme d&#8217;autres gars l&#8217;ont finie [....]<br />
Toi la fille qui m&#8217;a aimé<br />
Je t&#8217;ai trop fait pleurer<br />
Les larmes de honte que tu as versées<br />
Il faut les oublier</em> »</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Palaiseau le 13 juin 2011</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>C&#8217;est sous les pseudonymes de Vline et de Buggy que les deux sœurs  Evelyne et Liliane Koger se lancent, dès 1947 dans l&#8217;écriture de  chansons</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Ah le joli mois de mai à Paris</title>
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		<pubDate>Wed, 11 May 2011 13:06:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
		<category><![CDATA[Dans les médias]]></category>
		<category><![CDATA[Valérie Pécresse]]></category>

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		<description><![CDATA[La fée de la rue Descartes est vent debout pour défendre le bilan de son mentor en n’oubliant pas, carrière oblige, de mettre en avant sa propre action universitaire. Regardons-y d’un peu plus près. « Avec l’autonomie [déclare-t-elle au Figaro[1]] la personnalisation des formations est devenue le maître mot […] aux uns nos universités proposent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/05/Un-joli-mois-de-mai.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1850" title="Un joli mois de mai" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/05/Un-joli-mois-de-mai.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La fée de la rue Descartes est vent debout pour défendre le bilan de son mentor en n’oubliant pas, carrière oblige, de <a href="http://www.youtube.com/watch?v=nczeiySItww">mettre en avant sa propre action universitaire</a>. Regardons-y d’un peu plus près. « <em>Avec l’autonomie </em>[déclare-t-elle au Figaro[1]] <em>la personnalisation des formations est devenue le maître mot</em> […] <em>aux uns nos universités proposent de suivre des doubles formations</em> […]<em> aux autres la possibilité d’effectuer un stage dès la licence </em>». <a href="http://www.lesechos.fr/enjeux/">Enjeux les Echos</a>, signale que de telles initiatives constatées au sein de Sorbonne Université restent des exceptions. Certes, et de plus, c’est bien avant la loi Pécresse, lorsque j’en étais le président, que l’<a href="http://www.upmc.fr/">UPMC</a> a créé avec <a href="http://www.sciencespo.fr/">Sciences Po</a> des doubles formations et avec <a href="http://www.paris-sorbonne.fr/">Paris Sorbonne</a> la double licence de sciences et de musicologie. Ni la loi ni la ministre ne sont pour quoi que ce soit dans la création du collège de droit de Panthéon Assas et du collège de la Sorbonne qui regroupe 13 (et pas 3) doubles cursus exigeants. Tout ceci résulte d’une application intelligente de la réforme LMD, tout au plus peut-on mettre à l’actif de la direction de l’enseignement supérieur qu’elle a renoncé à entraver leur mise en œuvre.</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Quant aux nouveaux partenariats que nouent nos universités avec les entreprises ils garantissent que leurs formations déboucheront sur un emploi</em> [2]» il s’agit d’un vœu pieux car le système dérégulé du marché est incapable d’assurer quoi que ce soit. Bien au contraire, ce qui permettra aux étudiants de rebondir dans le futur ce sont des formations ouvertes assurant une solide formation pluridisciplinaire et pas la réponse étroite à des entreprises incapables de prédire ce que sera l’emploi au-delà de quelques années. L’UPMC comme d’autres n’a pas attendu la ministre pour mettre en place une politique de formation en alternance depuis une bonne quinzaine d’années.<span id="more-1846"></span></p>
<p style="text-align: justify;">La ministre poursuit dans la même tribune libre : « <em>Il y a deux ans, au plus fort de la crise, le président de la république décidait de consacrer 22 des 32 milliards d’Euro du grand emprunt à l’enseignement supérieur </em>[…] <em>Les premiers résultats des investissements d’avenir démontrent que Nicolas Sarkozy avait raison de miser sur l’imagination de nos enseignants et de nos chercheurs</em> ». L’hebdomadaire Enjeux Les Echos3 a un avis plus nuancé. « <em>Après quarante ans de sclérose, les universités françaises se sont remises en mouvement</em> […] <em>depuis 2006 une série de réformes à tiré l’institution de son apathie. Devenu président, Nicolas Sarkozy les a élevées au rang de priorité budgétaire. Pour autant, la dynamique reste fragile. Engourdies par des décennies d’hibernations, les universités peinent à digérer les transformations impulsées depuis cinq ans.</em> » Marie Pascale Deschamps et Lionel Steinmann ont la mémoire un peu courte, sans doute n’étaient-ils pas nés en 1968. C’est plutôt en 1969 avec la loi Edgar Faure – avant les universités n’existaient pas – et surtout au début des années quatre vingt dix avec la contractualisation, que les universités ont entrepris leur longue marche vers l’autonomie. D’ailleurs l’application de la loi Pécresse par les directions ministérielles de l’enseignement supérieur et du budget a plutôt limité l’autonomie que la nouvelle loi était censée renforcer.</p>
<p style="text-align: justify;">L’hebdomadaire Enjeux les Echos a raison de souligner que trois ans après le lancement un plan campus « audacieux » de «<em> 5 milliards d’euro pour faire jaillir ou rénover douze campus du 21ème siècle, les premiers coups de pioche se font encore attendre</em> » et l’argent du plan campus, comme celui des 22 milliards des investissements d’avenir, est toujours à Bercy ! Quant aux premiers résultats de ceux-ci, c’est surtout un surcroît de travail et de dépenses qu’ils ont occasionné aux universités. Pour l’instant, ce n’est pas travailler plus pour gagner plus ! La première édition du classement de Shanghai en 2003 classait la première université française, l’UPMC, à la 65ème place et l’<a href="http://www.u-psud.fr/fr/index.html;jsessionid=57F2EC8FBB374CE47038F8279232768E.default">université Paris Sud 11</a> à la 73ème place. Dès 2007 elles étaient remontées à la 40ème et à la 50ème place. Elles ont peu évolué depuis et ni la loi Pécresse ni les investissements d’avenir ne sont pour quelque chose dans leur progression.</p>
<p style="text-align: justify;">L’hebdomadaire fait remarquer, comme la cours des comptes et comme je l’ai fait moi-même à plusieurs reprises, que le nouvel intérêt porté par la ministre aux pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) créés par le gouvernement de Villepin était contradictoire avec la loi de 2007 et ne pouvait que ralentir le plein accès à l’autonomie. Pour se défendre, la <a href="http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2011/04/06/valerie-pecresse-la-mere-fouettard-des-presidents-duniversite-parisienne/">ministre nous rejoue le refrain de « l’Etat Stratège »</a> : « <em>Pour préparer l’excellence de demain, nous avons [dit-elle] lancé un travail de stratégie territoriale</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">C’est à mourir de rire en Ile de France. La logique de vente à la découpe de Paris Sud au profit, bien aléatoire, de SaclayTech – dont d’ailleurs ni l’<a href="http://www.polytechnique.fr/">Ecole Polytechnique</a>, ni <a href="http://www.hec.fr/">HEC</a> ne veulent entendre parler – n’a pas résisté à l’examen du jury international et déclenché un réflexe salutaire à Paris Sud. A Paris intra-muros un brillant stratège polytechnicien a conduit à adouber deux monstruosités. Devant le fiasco de la fusion Paris 5 Paris 7 pourtant claironné par la ministre il a appuyé « <em>un projet radial de part et d’autre du périphérique qui </em>[de Bondy à Montrouge, selon ses concepteurs] <em>s’inscrit dans la logique du grand Paris</em> ». Et imposé, en contrepartie de largesses immobilières au centre de Paris, un regroupement improbable au nord de la capitale d’humanités inhumaines et de sous technologie qui refusent de frayer avec l’enfant chéri de mai 68. Le même « joyeux luron » s’est évertué sans succès à contrecarrer la création de Sorbonne Université et a mené campagne avec succès et l’appui de Bercy contre la dévolution des biens immobiliers à la première université française pour la punir de refuser de donner son centre de recherche des Cordeliers à celui qui à l’époque était dans les petits papiers de la ministre et par ce que ses compères de Bercy refusaient de transférer à l’UPMC la soulte sécurisée pour la remise en état du campus Jussieu. On peut mieux faire en matière de stratégie pour des ensembles qui regroupent 90% de la recherche francilienne toutes disciplines confondues.</p>
<p style="text-align: justify;">L’autonomie sans les moyens c’est la dépendance a fort justement rappelé Louis Vogel, président de la conférence des présidents d’université et de Sorbonne Université. Qu’en est-il réellement de la soi-disant augmentation des moyens des universités une fois considéré que les investissements d’avenir, s’ils surviennent réellement – des contraintes liées au déficit budgétaire abyssal créé par la droite peuvent très bien les remettre en cause après 2012 – n’ont eu encore aucun effet, moins de 1% des revenus des 22 milliards aura été distribué aux heureux lauréats à la fin de l’année ? Certes en 2009 et 2010 des crédits supplémentaires avaient été distribués à certaines universités parfois à titre de rattrapage comme à Lille mais souvent sur une base partisane. Mais les deux premières universités françaises, l’UPMC et Paris Sud n’en ont pas bénéficié. Bien au contraire, la première annonce un déficit chronique de 20 millions d’euros et a été obligée de puiser dans son fond de roulement pour le plus grand plaisir des fonctionnaires de Bercy. Même le Germanopratin dont l’université avait pourtant été arrosée se complaint du budget 2011 et dénonce « <em>une diminution claire des crédits</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Concernant les initiatives d’excellences <a href="http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2011/04/06/valerie-pecresse-la-mere-fouettard-des-presidents-duniversite-parisienne/">Valérie Pécresse a déclaré</a> « <em>Lorsqu’on organise des jurys internationaux pour examiner des appels à projets, il faut accepter le risque que des réputations ne soient pas récompensées</em> ». Fortes paroles que j’approuve car l’avenir de l’université mérite mieux qu’un galant babillage bien peu descartien entre le Germanopratin et la Fée de la montagne. Espérons que cette publication ne soit pas le prodrome à une nouvelle maladie, le contournement des jurys internationaux pourtant portés aux pinacles par les deux compères. Nous verrons bien si la ministre saura résister aux pressions ou si, comme il se murmure ici ou là, une nouvelle entorse sera faite à ses fortes déclarations pour sauver la face de l’Aristocratie Médicale Parisienne et de la Noblesse d’Etat exilée sur le plateau des milles vaches. Dans son babillage la ministre prétend à propos de Sorbonne université, page 127, « <em>Pour construire la gouvernance commune de cet ensemble, il a fallu des mois et des mois de discussion, au point que j’ai parfois douté, il faut bien le dire, d’une volonté commune assez forte pour aboutir</em> ».  Ce n’est pas bien pour une bonne chrétienne de mentir ainsi. Elle sait fort bien que ce furent ces messieurs-dames de son cabinet qui renâclaient à donner leur aval à la création de Sorbonne Université. Le nom ne leur allait pas, il fallait donner du temps à la concurrence pour s’organiser afin qu’elles récupèrent aussi la référence à la Sorbonne. Ils refusaient aussi la forme juridique de fondation, ils voulaient un Etablissement Public afin de mieux nous contrôler. C’est l’arbitrage de l’Elysée qui a mis fin à cette opposition.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le reste, à savoir le bilan réel de la politique de Nicolas Sarkozy envers les universités il est trop tôt pour en juger. Les universitaires en feront un bilan, que je souhaite sans complaisance mais aussi sans esprit partisan, à la fin de l’année. Il n’est pas encore clair à mes yeux si elle a réellement conforté les universités, et surtout si elle aidera effectivement à la relance de l’économie du pays. On saura alors qui sera le candidat socialiste et quelle politique économique et universitaire alternative il proposera au pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Une bonne politique universitaire ne vaut rien sans une bonne politique sociale et une bonne politique sociale ne se construit pas sur une politique de peur et d’exclusion. Une bonne politique sociale ne se construit pas si les caisses de l’Etat sont vidées au profit des plus riches. Une bonne politique sociale n’est rien sans le plein emploi. N’oublions pas un certain mois de mai <a href="http://www.youtube.com/watch?v=lPomz4D8hW0&amp;feature=related">il y a 75 ans</a>. Comme aujourd’hui, en Europe certains avaient faim, comme aujourd’hui tous voulaient du travail, comme aujourd’hui l’extrême droite montait en puissance. L’histoire bégaye dit-on, elle ne se reproduit pas à l’identique. Certes, trente huit millions de civils furent tués par les nazis et leurs alliés, on peut certainement faire mieux avec les progrès scientifiques et techniques. 1945 n’efface pas les années trente mais les années actuelles les rappellent cruellement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Palaiseau le 10 mai 2011</strong></p>
<p>[1]<em> Le Figaro du vendredi 6 mai 2011 page 14</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em>Enjeux Les Echos numéro 279 des 6 et 7 mai 2011</em></p>
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		<title>Des gauchos au secours de la Noblesse d’état</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Apr 2011 10:32:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Valérie Pécresse]]></category>

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		<description><![CDATA[« Élaboré en catimini, sans concertation réelle de la communauté universitaire, [le projet d'idex de Sorbonne Universités] favorise non pas l&#8217;excellence, mais l&#8217;élitisme et la création d&#8217;une université à deux vitesses… Nous appelons le ministère à faire machine arrière et à ne pas sélectionner un projet qui comprend une restructuration grave de l&#8217;offre de formation [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/04/Des-gauchos-au-secours-de-la-Noblesse-d’état.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1827" title="Des gauchos au secours de la Noblesse d’état" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/04/Des-gauchos-au-secours-de-la-Noblesse-d’état.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Élaboré en catimini, sans concertation réelle de la communauté universitaire, </em>[le projet d'idex de Sorbonne Universités]<em> favorise non pas l&#8217;excellence, mais l&#8217;élitisme et la création d&#8217;une université à deux vitesses… Nous appelons le ministère à faire machine arrière et à ne pas sélectionner un projet qui comprend une restructuration grave de l&#8217;offre de formation autour d&#8217;une vision archaïque et élitiste de l&#8217;université. </em>»</p>
<p style="text-align: justify;">déclarent les responsables de l&#8217;<a href="http://www.unef.fr/">Unef</a> de <a href="http://www.u-paris2.fr/">l&#8217;université Panthéon Assas &#8211; Paris 2</a>, <a href="http://www.paris-sorbonne.fr/">l&#8217;université Paris Sorbonne</a> et de l&#8217;<a href="http://www.upmc.fr/">UPMC</a>, dans un communiqué mardi 5 avril 2011[1].</p>
<p style="text-align: justify;">Libre à trois zozos ultra-minoritaires dans les établissements de Sorbonne Universités de se tirer une balle dans le pied. Mais de là à tirer une balle dans le dos de leurs universités et de leurs condisciples pour détruire un projet qui propose :</p>
<p style="text-align: justify;">-    d’augmenter les possibilités de logement étudiant, la création de lieux d’études et de convivialité, la mutualisation des initiatives de promotion de la santé, des pratiques sportives et culturelles et particulier :</p>
<p style="text-align: justify;">-    le Quartier des Humanités rue Champollion avec des installations accueillantes, poly-usages, et modernes (une cafétéria, un espace de vie prenant en compte tous les aspects du quotidien étudiant)</p>
<p style="text-align: justify;">-    un réseau de ressources pédagogiques, véritables lieux de vie étudiante et de rénovation pédagogique, associant bibliothèques, laboratoires d’application des nouvelles technologies, espaces de travail individuels et collectifs, ces premiers Learning centers seront mis en place sur les sites d’Assas (6 000 m2) puis de Jussieu (10 000 m2) et de Molitor (2 700 m2).</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut avoir le sectarisme et l’inconscience de jeunes bourgeois qui n’ont rien compris à ce qui se joue en ce moment.<span id="more-1825"></span></p>
<p style="text-align: justify;">On aimerait entendre le point de vue du tout nouveau président national de l’Unef à propos du projet Paris Sciences et Lettres associé à <a href="http://www.dauphine.fr/">Dauphine</a>, porté par l’<a href="http://www.ens.fr/">Ecole normale supérieure</a> de la rue d’Ulm puisqu’il est lui-même élève de cette école. Ou encore celui du président sortant qui était un élève de <a href="http://www.sciencespo.fr/">Sciences Po Paris</a> membre actif du projet concurrent porté par le <a href="http://www.sorbonne-paris-cite.fr/">PRES Sorbonne Paris Cité</a>. Mais sans doute nos trois Artabans pensent-ils qu’il est légitime de mettre de l’argent dans des filières où élitisme rime avec ségrégation sociale et culturelle et pas dans des universités qui ne pratiquent pas de sélection à leur entrée. Elitisme accepté pour la Noblesse d’état, médiocrité normalisée et généralisée pour les autres tel est leur programme.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait ces étudiants, probablement minoritaires au sein de l’Unef elle-même, tentent de tromper les étudiants en confondant volontairement exigence et excellence. Les licences du collège de la Sorbonne sont des cursus exigeants. Ils sont destinés à offrir une alternative aux classes préparatoires des lycées, cocons de la Noblesse d’état. Etant bi-disciplinaires, ces parcours différenciés, éviteront l’écueil d’une spécialisation trop précoce pour les plus brillants mais, étant financés par l’Idex, ils donneront des marges de manœuvres supplémentaires aux établissements pour les autres licences. Cela veut dire que l’on exige plus de ceux qui ont les facilités intellectuelles. Mais cela signifie aussi qu’ils ne seront pas ghettoïsés au sein d’une petite élite comme les étudiants de Sciences Po, de l’ENS et de Dauphine. Une partie importante des cours sera commune et ainsi, ils resteront en contact avec ceux qui ont moins de capacité et leur serviront en quelque sorte de « locomotives » car nous considérons l’éducation supérieure comme une affaire collective et le « coaching » entre étudiants est préférable à celui des « boites à concours ».</p>
<p style="text-align: justify;">Il est clair que nos trois zozos n’ont même pas pris la peine de lire (je ne veux pas dire « comprendre » car leur présupposés dogmatiques les en rend probablement incapables) le contenu des projets, où, plus grave encore, s’efforcent-ils sciemment de dénigrer un projet pour en favoriser un autre. Les parcours internationaux de master seront initiés dans le cadre des labex, ils permettront là encore de servir de levier pour que chaque étudiant en master puisse avoir une expérience internationale pendant ses études comme c’est le cas aujourd’hui pour les étudiants de l’ENS, de Sciences Po ou des écoles d’ingénieurs dignes de ce nom. Le collège doctoral de la Sorbonne assurera l’attractivité et le développement individuel de chaque doctorant sous une forme compatible avec la pratique professionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos trois soit-disant présidents sont des rigolos bobo pseudo progressistes qui mériteraient la fessée. Ils ne sont certes pas archaïques eux, ils sont foncièrement réactionnaires et passéistes. Que dire de leur appel à Valérie Pécresse pour qu’elle use de son pouvoir discrétionnaire pour annuler la décision du jury international ? Les étudiants jureront aux prochaines élections.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lille le 8 avril </strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>Dépêche AEF n°<strong>148008</strong></em></p>
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		<title>La pollution de l’équinoxe de printemps</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Mar 2011 14:56:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans mon article de début janvier, je rappelais que si la nouvelle année au calendrier chinois était celle du lapin blanc : « contrairement à ce que nous laisse croire Lewis Caroll, le lapin blanc n’est pas un animal blanc et doux comme son nom le laisse supposer. Selon l’Astrologue Russe Vladimir Pogoudine, « c’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/03/La-pollution-de-l’équinoxe-de-printemps2.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1805" title="La pollution de l’équinoxe de printemps" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/03/La-pollution-de-l’équinoxe-de-printemps2.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/2011/01/07/l%E2%80%99annee-de-lapin-sera-t-elle-celle-des-dupes/">mon article de début janvier</a>, je rappelais que si la nouvelle année au calendrier chinois était celle du lapin blanc : « c<em>ontrairement à ce que nous laisse croire Lewis Caroll, le lapin blanc n’est pas un animal blanc et doux comme son nom le laisse supposer. Selon l’Astrologue Russe Vladimir Pogoudine, </em>« c’est une créature assez sévère, et si nous regardons les précédentes années du lapin, nous verrons qu’elles ont marqué le début de la seconde guerre mondiale, la perestroïka, les attentats terribles en Russie en 1999. »<em> </em>»</p>
<p style="text-align: justify;">Dès le premier trimestre nous avons été gâtés. Trois tremblements de terre, dans le centre du Chili, au sud de Conception qui avait été <a href="http://www.youtube.com/watch?v=OYlDwlkTmIs">durement frappée l’an dernier</a> (magnitude 7), un autre de magnitude 7,3 survient au large des Îles Loyauté, en Nouvelle-Calédonie, un troisième atteint en février la Nouvelle Zélande. 200 000 personnes sont touchées par des inondations dans la région du Queensland en Australie, il y a plusieurs dizaines de morts. Après le passage d&#8217;une tornade dans les états du sud des Etats-Unis on déplore 6 morts et des dizaines de blessés. On décompte un million de sans-abri et 18 morts à l’issue d’inondations au Sri Lanka, plus de 300 morts dans des bidonvilles de Rio de Janeiro consécutifs aux glissements de terrains et aux coulées de boue survenues après des pluies torrentielles. Le 10 mars la nature se déchaîne contre le Japon, un violent séisme de magnitude 9 survient au nord-est du pays, il s’ensuit un <a href="http://gigistudio.over-blog.com/photo-1838323-tremblement-terre---japon---mars-2011-tsunami_jpg.html#start">tsunami avec des vagues monstrueuses</a>, certaines dépassent 10 mètres, qui dévaste les régions de Sendai et Fukushima dans l&#8217;est du pays. Malgré la préparation de la population à ce genre de catastrophes, près de 20 000 morts sont probablement à déplorer. La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi a été gravement touchée, <span id="more-1799"></span>entraînant une contamination radioactive sévère. L&#8217;empereur japonais Akihito s’est vu contraint moralement de faire <a href="http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/3021497-japon-risque-de-catastrophe-nucleaire-fait-sans-precedent-l-empereur-akihito-du-japon-age-de-77-ans-est-sorti-aujourd-hui-de-son-silence.html#id=3021497">une intervention télévisée</a>, ce qui ne s&#8217;était pas passé depuis que son père Hirohito avait annoncé la défaite du Japon lors de la dernière guerre mondiale.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/03/La-pollution-de-l’équinoxe-de-printemps.bmp"><img class="size-full wp-image-1801  aligncenter" title="La pollution de l’équinoxe de printemps" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/03/La-pollution-de-l’équinoxe-de-printemps.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">On peut accepter que les hommes, en l’état actuel de la science, soient désarmés, non pas devant les séismes, car visiblement les immeubles nouvellement construits aux Japon sont adaptés à ce genre de secousses sauf si, d’aventure, ils sont trop près de l’épicentre, mais devant les tsunamis géants le long du littoral. Rien ne saurait excuser l’action humaine si ce que le <em>New York Times </em> affirme, à savoir qu’un mois avant le séisme et le tsunami l&#8217;agence de régulation nucléaire japonaise avait autorisé le maintien pendant 10 années encore du plus ancien des six réacteurs de la centrale, malgré des avertissements concernant sa sécurité. Tepco a notamment avoué qu&#8217;une carte d&#8217;alimentation d&#8217;une valve de contrôle de température de réacteur n&#8217;avait pas été inspectée pendant 11 ans, bien que les techniciens, qui s&#8217;étaient contentés d&#8217;un contrôle de routine, aient indiqué le contraire. L&#8217;agence de régulation avait alors conclu que &laquo;&nbsp;<em>la gestion de la maintenance était inappropriée</em>&nbsp;&raquo; et que la &laquo;&nbsp;<em>qualité des travaux d&#8217;inspection étaient insuffisants</em>&laquo;&nbsp;. On voit bien les limites de la gestion des activités sensibles par des opérateurs privés. De la même façon, tant la politique de déforestation pratiquée en Australie que celle de densification des bidonvilles sur des zones mal viabilisées sont directement liées à des activités humaines intempestives.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce trimestre nous avons aussi déploré le départ de quatre femmes remarquables, Louise Reiss, Maria Schneider, Françoise Cachin et Annie Girardot. La première était médecin, en 1961 elle avait démontré les effets néfastes des essais nucléaires, même lointains, <a href="http://www.nytimes.com/2011/01/10/science/10reiss.html">sur les populations</a>. La seconde, est la fille Daniel Gélin qui ne l&#8217;a jamais reconnue et qu’elle verra trois fois dans sa vie. A 19 ans, révélée par Bertolucci dans <em>Le Dernier Tango</em> à Paris Marlo Brando lui impose une scène de sodomie sans qu’elle ait été prévenue. Visiblement « l<em>e ciboire des femmes</em> » n’était pas son truc mais à ce propos elle dira plus tard : « <em>On pense de moi ce qu&#8217;on veut, que je suis une paumée, une droguée, une camée mal peignée, que j&#8217;ai mauvais caractère. Je m&#8217;en fous&#8230;</em> ». Deux ans après, dans <em>Profession reporter </em>de Michelangelo Antonioni elle donna avec brio la réplique à Jack Nicholson. Françoise Cachin, petite-fille de Marcel Cachin et de Paul Signac, fût conservateur au musée national d&#8217;art moderne. Elle participa à la préparation du musée d’Orsay qu’elle dirigea jusqu&#8217;en 1994. Puis elle sera directrice des Musées de France. En décembre 2006, elle s’est opposée au projet du Louvre Abou Dhabi le « <em>Las Vegas des sables</em> ». En conséquence, Renaud Donnedieu de Vabres la chassera l’année suivante du conseil artistique des Musées nationaux, puis de la présidence de l&#8217;association culturelle franco-américaine Frame. Avec <a href="http://www.dailymotion.com/video/x54435_annie-girardot_shortfilms">Annie Girardot</a>, la plus naturellement française des actrices avec son accent « parigot » et ses fidélités extrêmes à certaines valeurs, c’est la nostalgie de notre jeunesse qui s’éteint.</p>
<p style="text-align: justify;">On pouvait pourtant espérer du mieux avec le frémissement des opinions arabes qui débuta, il est vrai tragiquement, par une épidémie de répliques suicidaires à la suite de Mohammed Bouazizi  ce jeune tunisien qui n’a pu supporter de voir saisir sa cargaison de marchand ambulant lui qui, malgré son diplôme du supérieur, ne trouvait pas d’emploi. Egypte, Yémen, Syrie, Algérie, Maroc, Iran et dans une moindre mesure Lybie et Emirats, partout où l’on croyait calmer la jeunesse par les études sans lui concéder aussi des droits économiques, sociaux et politiques, la marmite entre en ébullition. Pour autant, « ébullition » ne veut pas dire « explosion » et faute d’un véritable débouché politique, le pire est à craindre, les islamistes sont en embuscade. Mais, hélas et honte à eux, le jour de l’équinoxe de printemps, les français qui ont boudé les urnes ont donné à la Marine ersatz des fascistes, liguards, nazillons héritiers du parti social français et autres croix de feu, un score qui nous rappelle de forts mauvais souvenirs.</p>
<p style="text-align: justify;">En Europe cela fait longtemps que les religions ont cessé de surfer sur les craintes séculaires et, à l’exception de la Pologne, elles ne font guère recettes. Le créneau est occupé par les mouvements populistes d’extrême droite :</p>
<p style="text-align: justify;">L’Union démocratique du centre est le premier parti de Suisse avec 28,9% des voix en 2009.<br />
Le parti du progrès en Norvège, obtint 23% des voix en 2009<br />
Le FPÖ et le parti pour l’avenir de l’Autriche (BZÖ) 17,7% des voix en 2009<br />
En Hongrie le Jobbik a fait 16,7% des voix en 2010<br />
Le parti de la liberté en Hollande, 15,4% des voix en 2010<br />
Le parti du peuple au Danemark, 15,3% des voix en 2009<br />
Le Vlaams Belang de Belgique 12,5% des voix en 2009<br />
En France le Front National recueille 11,5% des voix en 2010<br />
La ligue du nord italienne a obtenu 10,2% des voix en 2009<br />
En Bulgarie le parti Ataka a fait 9,5% des voix en 2009<br />
L’alarme populaire grecque a obtenu 7,3% des voix en 2009<br />
Dans la flegmatique Albion, le British National Parti a remporté 6,5% des voix en 2009<br />
Le parti national slovaque à fait 5,9% des voix en 2010<br />
Aux États-Unis, la droite républicaine renforcée sur son flan extrémiste par le « Tea party » prend le contrôle de la chambre des représentants.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans tous ces pays, comme en France, les nazi-like avancent masqués, ils n’ont rien à envier aux islamistes ou à Israël Beitenou, mais leurs programmes et leurs buts sont les mêmes. Communautarisme, exclusion, promesses non financées. La Hongrie est dirigée par Viktor Orban, un populiste qui a commencé la mise au pas de la presse et a pris la présidence tournante de l&#8217;Union européenne. La politique de Nicolas Sarkozy et elle si différente, lui qui place ses pions dans tous les médias et les rouages de l’Etat et a tant promis aux uns et tant donné aux autres ? Et que dire d’Israël ou « Bibi » gouverne avec Avigdor Lieberman, le chef de file du parti d&#8217;extrême droite aux affaires étrangères ?</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes rentrés dans une phase historique importante et dangereuse, face à la réalité d’une maison commune qui n’est pas ce havre de paix que voudraient nous décrire les Ecolo Bobo de droite comme de gauche, face à la montée des intolérance et de la xénophobie en Europe, à l’éradication des humanistes et la mise sous tutelles des femmes là ou règne la charia[1]. Dans ce contexte, plus que les gesticulations guerrières de la France télécommandées par le pentagone, c’est à une renaissance d’un humanisme internationaliste qu’il faut nous atteler. <a href="http://www.youtube.com/watch?v=E-lHQNXpgxY">Rony Brauman a raison</a>, jamais une intervention militaire étrangère n’a apporté la démocratie  N’en déplaise à Mélanchon et à Bové, internet à changé la donne et permet à la très grande majorité non pas d’avoir accès à l’économie de la connaissance comme certains voudraient nous le faire avaler, mais aux connaissances et parfois aux mirages qui en tiennent lieu. C’est dire que l’éducation doit redevenir une priorité pour donner à ceux qui sont le devenir de l’humanité la force de discriminer, comme le diraient le croyant, entre le bon grain et l’ivraie. Mais il est bon aussi de se rappeler ce que disait Candide Moix au début des années soixante : «<em> la démocratie libérale est livrée à l’oligarchie des riches ; la grande banque et la grande industrie se sont emparées des postes de commandes du politique, de la presse, de l’opinion, de la culture, des représentants du spirituel, afin de dicter à tous les volontés d’une classe</em> »[2]. Remplacez classe par caste et vous aurez  un bon descriptif de la situation actuelle en Europe.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les circonstances présentes, nul n’a le droit d’hésiter « <em>L&#8217;histoire bégaye mais ne se répète pas</em> »[3], et « <em>le ventre est encore fécond d&#8217;où à surgi la bête immonde</em> »[4]. La dernière guerre mondiale, fut la première ouvertement raciste . Pas d’hésitation donc pour dimanche prochain. Il faut aussi saluer la prise de position de Valérie Pécresse et de Nathalie Kosciusko-Morizet qui mettent les Valeurs au dessus des Idées. Quant à Xavier Bertrand et à Jean-François Copé ils se déconsidèrent. Pour une partie de la droite mieux vaut toujours Hitler que le front populaire. Quelques soient mes réserves, pour faire soft, quant à sa politique, je voterais Nicolas Sarkozy si d’aventure il se trouvait face à Marine Le Pen au second tour l’an prochain. Je l’ai déjà fait pour Jacques Chirac.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Palaiseau le 25 mars 2011</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1]<strong> </strong><em>Salmaan Taseer, gouverneur de la principale province du Pakistan, le Penjab, connu pour son progressisme et sa critique de l&#8217;islamisme a été assassiné à Islamabad le 1er janvier. Le 3 janvier le gouvernement du Sri Lanka envisage d’interdire le port de la minijupe. Et les jeunes filles sont toujours tchadorisées en Arabie Saoudite, les Corbeaux chargés de l’ordre moral veillent à l’Aéroport de Téhéran, la droite islamique turque s’érige en modèle pour les pays arabes.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em>Candide Moix, La pensée d’Emmanuel Mounier, Editions du Seuil, 1960 page 57</em></p>
<p style="text-align: justify;">[3] <em>Karl Marx</em></p>
<p>[4] <em>Bertold Brecht</em></p>
<p>[5] <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/03/Seconde-guerre-mondiale.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1802" title="Seconde guerre mondiale" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/03/Seconde-guerre-mondiale.bmp" alt="" /></a></p>
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		<title>&#171;&#160;Je suis X-Mines mais je me suis soigné…&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Feb 2011 09:15:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/02/Je-suis-X-Mines-mais-je-me-suis-soigné.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1760" title="Je suis X-Mines mais je me suis soigné" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/02/Je-suis-X-Mines-mais-je-me-suis-soigné.jpg" alt="" width="497" height="71" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">C’est en ces termes que Patrick Mehr, président de <a href="http://www.plunkettlakepress.com/">Plunkett Lake Press</a>[1], a titré un point de vue dans « <em><a href="http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/societe/221133338/suis-x-mines-suis-soigne">Les Echos</a></em> ». Constatant lors de son dernier voyage à Paris le pessimisme ambiant, tout particulièrement chez les jeunes, il le met en relation avec le fait que « l<em>a sélection et la formation des élites comptent toujours parmi les activités les plus importantes du gouvernement français : dès leur enfance, les jeunes Français se préparent à passer les examens et concours requis pour entrer dans les grandes écoles (créées en 1794). Devenus adultes, ces diplômés de l&#8217;Ecole polytechnique, de l&#8217;Ecole nationale d&#8217;administration ou de l&#8217;Ecole normale supérieure obtiennent automatiquement des postes de direction dans les ministères et dans les grandes entreprises&#8230; et sont assurés de ne jamais être sans emploi </em>». La solution qu’il propose pour inciter les jeunes Françaises et les jeunes Français les plus créatifs à créer leur propre entreprise, « <em>abolir tous les grands corps de l&#8217;Etat </em>», risque fort de déclencher un pityriasis multiforme à la noblesse d’Etat.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pourtant cette mesure, plus que les 50 000 suppressions de postes dans l’enseignement secondaire programmées en 2010 et 2011, serait en mesure d’être le déclencheur d’une nouvelle croissance. N’en déplaise au braiement des produits de la sélection à la française, c’est bien ce nœud gordien qui tient le pays en otage. Il doit être tranché. Berlusconi a sa mafia, la France a ses écoles. Depuis 1871 la France court après l’Allemagne, mais elle a toujours un train de retard. En 1971 elle croyait posséder la meilleure armée du monde, ce fût l’humiliation de Sedan. En 1914, elle croyait en une guerre de mouvement, les pantalons garance se firent hacher menu à la mitrailleuse et le cours de la guerre ne fût tranché qu’après l’entrée en guerre des États-Unis. En 1936 ce fût l’illusion de Maginot, le refus de développer l’arme d’attaque blindée et le retard dans la construction d’une aviation militaire alors que la république de Weimar puis le troisième Reich réarmaient en secret avec l’aide de l’union soviétique que nous snobions. La conséquence fut terrible en 1940 et nous subîmes la seconde raclée de Sedan. Plutôt que de se glisser dans l’Europe allemande d’Angela Merkel, qui, pour n’être évidemment pas du même tonneau que l’Europe Allemande nazie, considère d’abord ses propres intérêts, nous ferions mieux d’examiner avec soin ses actions.</p>
<p style="text-align: justify;">Un exemple particulièrement éclairant de l’action délétère de la Noblesse d’Etat est la façon dont est exécutée la politique universitaire de Sarkozy.<span id="more-1755"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Il n’y a plus grand monde aujourd’hui pour contester que l’autonomie universitaire était un préalable nécessaire pour que la recherche et l’innovation trouvent un second souffle dans notre pays et qu’elle conditionnait une augmentation importante des moyens des universités. Il suffit de considérer les chiffres affichés par les principales universités nord américaines et européennes pour constater qu’en matière de recherche et d’innovation les résultats sont directement le reflet des investissements financiers. Dès sa prise de fonctions, Sarkozy savait très bien que les finances de l’Etat ne lui permettraient pas de remettre à niveau les budgets universitaires. C’est dans ce contexte que certains de ses conseillers ont eu l’excellente idée  d’utiliser les revenus générés par la vente des actions d’EDF pour lancer le plan campus, en laissant entendre que la quasi totalité irait aux universités autonomes à hauteur des revenus de 5 milliard d’euros placés. Ils avaient également obtenu qu’une partie de l’argent récupéré auprès des banques, qu’il avait fallu refinancer en catastrophe, serve aux universités, à hauteur des revenus de 11 milliards d’euros placés, dans le cadre du « grand emprunt ». Huit milliards d’euros étant consacrés à la recherche. Deux stratégies  étaient possibles, identifier rapidement les dix sites universitaires et les capitaliser d’urgence ou bien monter des dispositifs d’appel d’offres multiples pour donner l’illusion de la compétition. Dès 2006, le gouvernement allemand avait choisi la première solution. La France a choisi une voie hybride : décisions « <em>à l’allemande pour le campus de Saclay</em> » et organisation d’un vaste foutoir d’appels à proposition pour le reste du pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi une telle différence ? Il était impensable pour la Noblesse d’Etat que la filière ségrégationniste contrôlant l’accès aux grands corps dont parle Patrick Mehr soit laissée à l’écart. Par exemple l’opération Saclay permettait de protéger l’<a href="http://www.polytechnique.fr/">Ecole Polytechnique</a> et de forcer d’autres écoles[2], et l’<a href="http://www.u-psud.fr/fr/index.html;jsessionid=76A01AFA2C250366FA37290D20068D2B.default">université Paris Sud</a>, à se mettre au pas cadencé derrière elle. Très vite certains conseillers issus des grandes écoles, appartenant aux grands corps de l’Etat, qui foisonnent à l’Elysée, à Matignon où dans l’environnement de Valérie Pécresse, se sont ressaisis. Et plus ils applaudissaient fort aux discours de Sarkozy, plus ils imaginaient les contre-mesures permettant de torpiller la montée en puissance d’universités réellement autonomes. La première chose qu’ils ont obtenu fut que l’argent du plan campus ne serve pas ni à capitaliser les universités ni à financer la vie universitaire du regroupement entre les trois universités qui composent aujourd’hui Sorbonne Université. La seconde chose fut que l’argent du soit disant « grand emprunt » promis aux universités soit balkanisé en de multiples initiatives permettant d’en faire bénéficier leurs « écoles » et surtout, par le biais des multiples comités ad hoc constitués, redonne du grains à moudre à leur confrérie. C’est l’illustration de ce que Patrick Mehr appelle « <em>le contrôle gouvernemental étouffant et archaïque sur les initiatives entrepreneuriales en France </em>».  Le résultat tangible peut être constaté aujourd’hui, quatre ans après les annonces fracassantes sur le refinancement des universités françaises. L’opacité du processus et de la gestion des fonds rendent difficile une vision précise de son ampleur. Mais on peut estimer qu’une infime fraction de l’argent disponible a été distribué. Les universités allemandes, choisies en moins de six mois en 2006, obtenaient 100% des moyens disponibles soit 1,5 milliard d’euros sur 5 ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Patrick Mehr considère que : « <em>l&#8217;esprit d&#8217;initiative et le talent des jeunes Français les mieux formés doivent être libérés afin que l&#8217;économie française bénéficie de leur créativité. La richesse nationale résulte de la vitalité des entreprises nouvelles, des créations artistiques et scientifiques, des actions politiques en profondeur ; pas de l&#8217;accumulation sans fin de réglementations produites par des fonctionnaires hautement qualifiés </em>». Je ne peux que l’approuver. Cependant il constate qu’aucun haut fonctionnaire ne recommandera la suppression des « <em>grands Corps de l’Etat </em>» car « <em>on ne scie pas la branche sur laquelle on est [confortablement] assis </em>». Certes, mais à tout le moins peut ont exiger qu’ils soient recrutés de manière ouverte à partir de candidats possédant au moins un  doctorat d’université et non pas par choix à partir de classements établis au sortir des petites « grandes écoles » de la République auxquelles on accède plus par déterminisme social que par ses qualités propres. Et sans doute doit on exiger qu’une concurrence loyale soit instaurée entre ces écoles et les universités.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Palaiseau le 13 février 2011</strong></p>
<p style="text-align: justify;">{1] <em>Plunkett Lake Press est une entreprise américaine spécialisée dans la publication de livres en ligne. Elle est basée à Lexington dans le Massachusetts.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em><a href="http://www.agroparistech.fr/">AgroParisTech</a>, <a href="http://www.ecp.fr/">École centrale de Paris</a>, <a href="http://www.ensae.fr/"><acronym>Ensae</acronym></a>, <a href="http://www.ens-cachan.fr/"><acronym>ENS</acronym> Cachan</a>, <a href="http://www.mines-paristech.fr/corpstechniques/CTE.html">École des mines de Paris Télécom Paris</a>, <a href="http://www.supelec.fr/">Supelec</a>, <a href="http://www.hec.fr/">HEC</a>, <a href="http://www.ensta.fr/">Ensta</a></em></p>
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		<title>Indécent vous avez dit ? Indécente !</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Jan 2011 10:50:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sur public Sénat, le 26 janvier, la ministre de l&#8217;Enseignement supérieur et de la Recherche a jugé « indécent », que les universités passées à l&#8217;autonomie se plaignent des moyens accordés pour 2011. La pauvre Chérie, elle avait l’habitude d’avoir une CPU soumise, après qu’elle eut arrosé quelques universités à sa botte[1]. Voici qu’elle ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/01/Valérie-Pécresse-sur-Public-Sénat.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1743" title="Valérie Pécresse sur Public Sénat" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/01/Valérie-Pécresse-sur-Public-Sénat.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.publicsenat.fr/vod/preuves-par-3/valerie-pecresse,-ministre-de-l-enseignement-superieur-et-de-la-recherche/valerie-pecresse,olivier-picard/67585">Sur public Sénat</a>, le 26 janvier, la ministre de l&#8217;Enseignement supérieur et de la Recherche a jugé « <em>indécent </em>», que les universités passées à l&#8217;autonomie se plaignent des moyens accordés pour 2011. La pauvre Chérie, elle avait l’habitude d’avoir une CPU soumise, après qu’elle eut arrosé quelques universités à sa botte[1]. Voici qu’elle ne supporte pas que la nouvelle direction ait déclaré que le budget alloué « <em>risque d&#8217;en mettre certaines en difficulté </em>». Mais comme l’a remarqué le nouveau président de la CPU, le différentiel entre les classes préparatoires et les « <em>grandes </em>» écoles d’une part et les universités d’autre part reste considérable (40% d’écart).</p>
<p style="text-align: justify;">Deux faits viennent, s’il en était besoin, illustrer comment la Noblesse d’Etat a repris la main sur les universités et combien Valérie Carabosse en exerce les basses œuvres. Le premier est la différence de traitement budgétaire des « <em>grandes </em>» écoles et des Universités intensives en recherche. La seconde est le renforcement de la filière ségrégative des classes préparatoires. Le gouvernement a décrété la pose dans le refinancement des universités intensives en recherche, celles-ci ne verront leurs budgets hors salaire croître que de 1,5% ce qui ne compensera pas les effets de l’inflation[2], en particulier parce que cette dernière est beaucoup plus forte sur les consommables de laboratoire, et ne permettra pas la jouvence des équipements dont les prix croissent évidemment plus vite que l’inflation du fait des innovations qu’elles incorporent. Dans même temps, les « <em>grandes </em>» écoles voient leur budget croître de 3,5%[3]. Qui plus est, bien qu’elle ait été obligée de reconnaître la sous-estimation des masses salariales des universités, ayant pris en 2009 et 2010 leur budget global en main, la compensation n’a pas été arrêtée. Dans le même temps, la ministre annonce l’ouverture de 40 classes préparatoires supplémentaires dont la moitié se fera en partenariat avec les universités[4]. Ce qui signifie que près de 40 000 heures d’enseignement et de colles, soit environ 400 emplois et au bas mot 1 million et demi d’euros, seront transférés vers les filières ségrégatives au sein d’un budget stagnant. Il est cependant impossible d’avoir une idée précise du phénomène puisque les grandes écoles prises individuellement ne publient pas leur budget consolidé et que le plus grand flou réside dans la part réelle que les lycées allouent à leurs classes préparatoires. <span id="more-1740"></span>Il est certain qu’il est plus aisé pour la ministre d’augmenter le financement de la filière ségrégationniste qui représente moins de 10% des étudiants (3,5% pour les CPGE et 5,1% pour les écoles <a href="http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&amp;ref_id=NATTEF07113">qu’elles soient grandes ou de commerce</a>).</p>
<p style="text-align: justify;">Pour cette opération, dont le caractère réactionnaire n’échappe à personne, la ministre a reçu la main de quelques universités parisiennes : Paris Descartes, Paris Diderot, Paris Sud, Créteil et Versailles St Quentin et de quelques-unes en région. Ah les beaux progressistes que voilà, libre à eux de se tirer un coup de feu dans le pied. La mairie de Paris n’est pas en reste. Elle, pourtant si timorée dans le financement des universités parisiennes, vient de proposer des espèces sonnantes et trébuchantes pour une opération pseudo-scientifique visant à affaiblir l’université Pierre et Marie Curie pour renforcer les dites écoles. Que valent les 300 000 nouveaux étudiants inscrits à l’université contre les 40 000 sélectionnés par les soins des agrégés des lycées, avec la bénédiction hypocrite des syndicats, vivier dans lequel la Noblesse d’Etat compte bien assurer la reproduction de l’espèce ? Pas plus qu’hier elle ne sera demain une locomotive pour l’innovation et la création d’entreprise sans lesquels la France continuera son glissement progressif vers le tout commercial. Glissement progressif du plaisir pour certains et vers les difficultés pour les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Notre bonne fée qui n’est pas en reste pour maquiller les bilans (elle n’a pas fait HEC pour rien !) ne l’est pas non plus pour surfer sur ses contradictions. Elle vient de s’extasier sur les beautés du partenariat Public-Privé de 30 ans signés avec l’université bien aimée de la Mairie qui permettra, contre le paiement d’un loyer de 10 millions d’euros par an, le financement, la conception, la construction et la grande maintenance, sur la ZAC Paris Rive Gauche, de quatre nouveaux bâtiments universitaires[5], alors que le chantier de Jussieu a pris 10 ans de retard parce qu’il est géré par un établissement public[6]. Mais que n’a-t-elle mis fin à ce scandale et pourquoi, dans le même temps, a-t-elle a refusé de transférer ce chantier et la soulte qui va avec à l’université qui en est la seule utilisatrice. L’idée même d’évoquer l’université Pierre et Marie Curie la laisse sans voix. Il est vrai que celle-ci a refusé de s’inscrire dans la politique de la ministre, d’accueillir des classes préparatoires et des IUT et demande inlassablement l’autonomie totale tant haïe des technocrates alors que Paris Diderot voit avec plaisir, elle qui ne souhaite pas la dévolution des biens, l’Etat s’engager à payer annuellement pendant 30 ans temps 10 millions d’euros.</p>
<p style="text-align: justify;">J’avais dans l’un de mes articles précédents montré combien la ministre prenait ses aises avec la vérité des chiffres. Toute honte bue la voici maintenant, en présentant ses vœux, qui s’érige en moraliste avec une mauvaise fois caractérisée « J<em>&#8216;apprends à être le ministre de l&#8217;autonomie, mais mon premier souci est de vous soutenir, vous épauler au quotidien. L&#8217;État doit mieux vous accompagner mais aussi réguler. </em>»[6] Et de fait, depuis qu’elles ont soit disant acquis l’autonomie, jamais les universités n’ont été considérées par la ministre comme des partenaires avec lesquels on pouvait contractualiser sur une période raisonnablement longue, et en cette fin de mois de janvier depuis plus de cinq ans, c’est la première fois que des grandes universités n’ont pas eu connaissance des espèces sonantes et trébuchantes sur lesquelles elles pourront compter cette année. L’autonomie universitaire ce n’est pas cela, ce n’est pas l’accompagnement aux fins de vie et la régulation à priori sans concertation. Ce n’est pas l’organisation de la licence sur un modèle stéréotypé. En réalité sous son sourire angélique la ministre de l’enseignement supérieur se révèle plutôt comme une ministre carabosse. Et puisque dans son émission sur public Sénat, elle s’est faite l’apôtre de la transparence, qu’elle cesse de se gargariser à l’excellence pour se consacrer à l’Ethique que devrait lui imposer sa charge, en particulier dans la réalité des chiffres qu’elle énonce sans arrêt.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Palaiseau le 30 janvier 2011</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1]<a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/01/SYMPA-Progression-2007-2010.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1741" title="SYMPA Progression 2007 2010" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/01/SYMPA-Progression-2007-2010.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/01/SYMPA-Progression-2007-2010.bmp"></a>[2] <em>Selon l’UNEF</em> « Valérie Pécresse a annoncé pour l&#8217;année 2011 un budget de l&#8217;enseignement supérieur et de la recherche en hausse de 4,7 milliards d&#8217;euros. Or, malgré une hausse affichée de 3,3 %, la réalité est toute autre. Cette hausse est en effet principalement obtenue par la prise en compte de crédits &#8216;fictifs&#8217; ou fléchés vers d&#8217;autres secteurs que les universités : exonérations fiscales pour les entreprises, grand emprunt (dont seulement une infime partie sera utilisée cette année), comptabilisation de crédits non disponibles pour l&#8217;instant »</p>
<p style="text-align: justify;">[3] <em>Annonce faite par Valérie Pécresse à l&#8217;occasion d&#8217;une table ronde organisée à l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Rouen.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[4] <em>Pour l&#8217;année 2010-2011, il y a 2 187 CPGE, qui comptent au total 79 249 élèves (dont 15 % dans le privé).</em></p>
<p style="text-align: justify;">[5] <em>Le financement est de 148 millions d’euros et le remboursement de 300 millions d’euros sur 30 ans !</em></p>
<p style="text-align: justify;">[5] <em>C’est curieux que personne, dans les corps de contrôle de l’Etat, ne se soit penché sur les responsabilités de la Noblesse d’Etat dans cette gabegie financière puisque la perte engendrée par les locations induites par ce retard se monte à près de 400 millions d’euros ! </em></p>
<p>[6] <em> Dépêche AEF  n°<strong>144443</strong> Paris, Jeudi 27 janvier 2011</em></p>
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		<title>Un Cabinet de combat</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Nov 2010 11:01:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Opinions]]></category>

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		<description><![CDATA[Le pouvoir avait laissé entendre qu’il formerait une équipe resserrée. Lorsque que François Fillon[1] démissionne le 13 novembre le gouvernement comporte 20 ministres dont 17 de plein exercice. Le nouveau gouvernement présenté par Claude Guéant comporte 22 ministres dont 15 de plein exercice. Le resserrement, tout relatif en nombre l’est idéologiquement. Le numéro deux du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-full wp-image-1679" title="Un Cabinet de combat" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/11/Un-Cabinet-de-combat.bmp" alt="" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le pouvoir avait laissé entendre qu’il formerait une équipe resserrée. Lorsque que François Fillon[1] démissionne le 13 novembre le gouvernement comporte 20 ministres dont 17 de plein exercice. Le nouveau gouvernement présenté par Claude Guéant comporte 22 ministres dont 15 de plein exercice. Le resserrement, tout relatif en nombre l’est idéologiquement. Le numéro deux du gouvernement sera Alain Juppé[2] à la Défense et non pas Jean-Louis Borloo à l’Environnement. Environnement qui rétrograde à la 4ème place avec Nathalie Kosciusko-Morizet[3] fille de gaulliste historique amputée de l’énergie, de la mer, des technologies renouvelables et des négociations sur le climat mais affublée du transport et du logement. L’inoxydable Alliot-Marie[4], chiraquienne historique reste à la 3ème place en prenant les Affaires étrangères. Certes le pâle Michel Mercier[5] arrive en 5ème place à la chancellerie, sans doute pour calmer la gens de la justice et du droit. Puis on trouve dans l’ordre Brice Hortefeux[6], et Xavier Bertrand[7], sarkozistes de choc, qui encadrent Christine Lagarde[8] (laquelle perd deux places).</p>
<p style="text-align: justify;">Nicolas se débarrasse de plusieurs dossiers gênants, exit du ministère de l’immigration et de l’identité nationale, Hortefeux le Neuilléen fera l’affaire. Eric Besson est renvoyé à l’industrie rétrogradé au rang de ministre délégué auprès de Christine Lagarde où il remplacera le champion de moto gaffeur. Exit la Jeunesse et les Solidarités actives et Marc-Philippe Daubresse que Jean-François Copé draguera à la direction de l’UMP ! Parmi les promus on compte Maurice Leroy, ancien communiste recyclé par Pasqua en pseudo-centriste sera ministre de la Ville, mais sans le logement et les transports. On verra si ses classes au parti communiste le rendent populaires dans les banlieues, d’autres avant lui s’y sont cassés les dents. Patrick Ollier le prince consort de la dame des affaires étrangères sera chargé de réparer les bévues de de Raincourt dans les relations avec le parlement et ce dernier s’occupera de la Françafrique, c’est moins risqué. Autres promus, Laurent Wauquier, il fallait bien un normalien, Nadine Morano il fallait bien une franchouillarde et Chantal Jouanno il fallait bien une sportive.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est au niveau des secrétaires d’Etat que les coupes franches sont apparues, exit le nouveau centre, les borloophyles et les raffarinophyles : exit, Hervé Morin,  Dominique Bussereau, Valérie Létard, Hervé Novelli, Alain Marleix, Hubert Falco, Anne Marie Idrac. Exit aussi la diversité, exit la beurette et la bobo sénégalaise, exit le pseudo-socialiste mulhousien. Neuf postes sont ainsi dégagés. Outre les promus, quatre secrétaires d’Etat ayant fait allégeance <span id="more-1676"></span>(Pierre Lellouche, Nora Berra, Georges Tron et Benoist Apparu) seront reconduits et rejoints par la grande gueule de Thierry Mariani, l’ineffable Frédéric Lefebvre, la fille de Harki Jeannette Bougrab et Marie-Anne Montchamp (pour bien montrer à Dominique de Villepin que tout peut s’acheter).</p>
<p style="text-align: justify;">On ne touche pas au fragile équilibre de l’éducation, Luc-Marie Châtel[9] à l’Education Nationale et Valérie Pécresse[10] à l’Enseignement Supérieur et à la recherche. On dégage Roselyne Bachelot[11] de la Santé où elle a si bien réussi dans sa lutte contre la pandémie virale et pour le retour à l’équilibre des budgets hospitaliers mais le « <em>bourgeois de la Sarthe </em>» la repêche. Il est vrai que la médiocrité tient souvent lieu de compagnonnage. La santé sera confiée à un médecin diplômé de l&#8217;université d’Oran ayant exercé dix ans dans l’industrie pharmaceutique.</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, et comme je l’indiquais dans mon dernier blog, c’est un ministère  de combat, avec Juppé à la Défense et le retour du RPR aux affaires. Le problème de Sarkozy c’est 2012 et pas l’urgence socio-économique. Sur les 31 ministres et secrétaires d’Etat, on en compte 11 ayant fait des études de droit en majorité à Nanterre et Paris 1 et 16 étant passés par les Ecoles publiques et privées de la noblesse d’Etat, principalement Sciences Po et l’ENA. Pratiquement aucun ministre n’a eu une formation scientifique solide.</p>
<p style="text-align: justify;">S’il avait voulu marquer son attachement à sortir le pays de l’ornière où il se trouve en matière de  développement industriel et économique, au lieu de mettre au deuxième rang le ministère de la défense Sarkozy aurait proposé un grand ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche, du développement industriel et de l’économie. S’il avait voulu s’attaquer aux problèmes généraux de l’éducation de base, il aurait créé un grand ministère de l’Education nationale, de l’intégration et de l’insertion professionnelle. S’il avait voulu s’attaquer aux problèmes du « <em>bien vivre partout</em> », il aurait créé un grand ministère de la santé, du travail et des conditions de vie. Or le ministère de l’Economie, à la 6ème place, est dirigé par une banquière flanquée d’un ministère de l’industrie à la 17ème place occupé par un gars de Sciences Po ! Le ministère de l’Education nationale est occupé à la 9ème place par un spécialiste du marketing, celui de l’Enseignement supérieur et de la recherche se trouve en 10ème place. Quant à la santé, le travail et les conditions de vie, il y a fort à parier qu’ils resteront l’apanage de quelques technocrates. Et plutôt que de créer un ministère de l’Ecologie tronqué, chargé de vendre sa candidature en 2012, Sarkozy aurait mieux fait de créer un haut commissariat à l’écologie, l’environnement et aux changements climatiques qui puisse être mis à l’abri des pression idéologiques et claniques.</p>
<p style="text-align: justify;">Beaucoup de promesses faites, peu de résultats concrets aujourd’hui, lenteur de l’administration française me dira-t-on, sans doute, mais essoufflement d’un volontarisme maintenant bridé par les conservatismes et le désir de survivre.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Palaiseau le 22 novembre 2012</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1] Maîtrise de droit public à l’université du Maine et DEA de droit public à l’université Paris 5</p>
<p style="text-align: justify;">[2] Fleuron de la noblesse d’Etat, passé du lycée Victor Duruy de Mont-de-Marsan aux classes préparatoires de Louis-le-Grand au Quartier latin puis à l‘ENS de la rue d’Ulm ensuite à l’IEP rue St Dominique pour sortir 5ème de l’ENA (promotion Charles de Gaulle avec jean Louis Gergorin, Dominique Perben et jean Cyrille Spinetta) et d’entrer à l’Inspection des finances !</p>
<p style="text-align: justify;">[3] Polytechnicienne recyclée aux Eaux et Forêts puis initiée au management par le Collège des Ingénieurs.</p>
<p style="text-align: justify;">[4] Juriste, docteur de l’université Panthéon Assas.</p>
<p style="text-align: justify;">[5] UDF maintenu, ami de Bayrou, juriste lyonnais dégrossi par l’IEP de la même ville.</p>
<p style="text-align: justify;">[6] Fils de banquier, maîtrise de droit privé à Nanterre, Sciences Po Paris dont il sort sans diplôme selon Wikipedia.</p>
<p style="text-align: justify;">[7] Maîtrise de droit public, puis un diplôme d&#8217;études supérieures spécialisées (DESS) d&#8217;administration locale à l’université de Reims.</p>
<p style="text-align: justify;">[8] Institut d&#8217;études politiques d&#8217;Aix-en-Provence. Échoue au concours d&#8217;entrée de l&#8217;ENA et obtient une maîtrise de droit des affaires et un DESS de droit social Nanterre.</p>
<p style="text-align: justify;">[9] Lycée St-Louis-de-Gonzagues puis Maîtrise de gestion et DESS de marketing à l’université Paris 1. Spécialiste du marketing puis DRH à L’Oréal.</p>
<p style="text-align: justify;">[10] « Ginette » à Versailles, HEC et ENA, enseignante à Sciences Po et auditrice au conseil d’Etat.</p>
<p style="text-align: justify;">[11] Etudes de pharmacie à Angers.</p>
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		<title>Lille et Lyon deux aspects de la rentrée universitaire.</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Sep 2009 06:50:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Autonomie des universités]]></category>
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		<description><![CDATA[Le samedi 19 septembre, j’ai participé au forum organisé à Lyon sous la houlette de « Libération » pour débattre avec Bernard Belloc de l’autonomie des universités. La semaine précédant cet évènement un journaliste de « Libé » avait réussi à me joindre en Patagonie pour s’inquiéter que Bernard Belloc et moi étions tous les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-662" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2009/09/28/lille-et-lyon-deux-aspects-de-la-rentree-universitaire/lyon-liberation/"><img class="aligncenter size-full wp-image-662" title="lyon liberation" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2009/09/lyon-liberation.jpg" alt="lyon liberation" width="497" height="71" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le samedi 19 septembre, j’ai participé au <a href="http://www.forum-liberation-lyon.com/">forum organisé à Lyon sous la houlette de « Libération »</a> pour débattre avec Bernard Belloc de l’autonomie des universités. La semaine précédant cet évènement un journaliste de « Libé » avait réussi à me joindre en Patagonie pour s’inquiéter que Bernard Belloc et moi étions tous les deux d’accord sur ce sujet. Elle était effrayée par le fait que l’auditoire puisse être frustré de ne pas entendre les diatribes anti-LRU qui réunissent fièrement les gauchistes de SUD et le noyau dur des juristes conservateurs (SUD en épitoge selon une maxime maintenant célèbre). C’est sans doute pourquoi les deux journalistes initialement prévus pour modérer le débat se sont défilés et durent être remplacés au pied levé par une jeune collaboratrice d’un « think/thanks » de Delors.</p>
<p style="text-align: justify;">Contrairement à leurs craintes, débat il y eut, car autant je suis d’accord avec Bernard Belloc sur le principe de l’autonomie, autant j’estime que l’on est loin du compte et que le dossier n’a pas beaucoup avancé depuis la promulgation de la loi. Par ailleurs, j’ai profité de cette tribune pour mettre en avant mon idée force : seules des universités autonomes et puissantes pourront mettre fin au système ségrégationniste, dual et obsolète de l’enseignement supérieur français. D’ailleurs, les réactions de la salle sur ce sujet furent tout à fait favorables. Partant de la démarche entreprise par la nouvelle administration américaine, j’ai montré qu’il y avait un abîme entre la politique libérale progressiste d’Obama et le libéralisme de Sarkozy.<span id="more-654"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.liberation.fr/societe/0101591826-faut-il-avoir-peur-de-l-autonomie-des-facs"><img class="alignleft size-medium wp-image-658" title="liberation" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2009/09/liberation1-211x300.jpg" alt="liberation" width="211" height="300" /></a>En effet, dans une allocution prononcée au milieu du mois de juillet, le Président Obama a réaffirmé avec force qu’il placerait les « community colleges » au centre des décisions destinées à revitaliser l’économie américaine. Il a proposé de dépenser des milliards de dollars pour les programmes de formation à l’emploi, pour les programmes de formation aux compétences de base nécessaires à l’économie moderne, pour faciliter l’accès aux cours en ligne en ciblant principalement les collèges de deux années. Ce dispositif étant destiné à élargir l’accès à des formations supérieures plus longues. Ces collèges ont été, selon lui, trop longtemps ignorés, l’investissement ayant été d’abord ciblé en direction des institutions formant les élites : <em>“ Community colleges are treated like the stepchild of the higher education system; they&#8217;re an afterthought, if they&#8217;re thought of at all ”</em>. Ce dernier constat pourrait tout à fait s’appliquer à la France si l’on considère avec quelle bienveillance sont traitées les « Grandes Ecoles et les Grands Etablissements » dans notre pays par rapport aux universités, même les plus impliquées dans l’effort de recherche de la Nation.</p>
<p style="text-align: justify;">La droite au pouvoir en France n’a évidemment pas la même politique que le président Obama en ce qui concerne l’enseignement en général et l’enseignement supérieur en particulier. Puisque la ministre vient de confirmer, après le président, que sa priorité était de renforcer l’accès aux classes préparatoires pour relancer « l’ascenseur social ». Mais cet ascenseur est un leurre car, comme je l’ai démontré dans l’une de mes précédentes notes, les vingt Grandes Ecoles d’Elites  recrutent 95% de leurs étudiants à partir d’une dizaine de lycées parisiens et d’Ile de France et de quelques lycées des grandes métropoles régionales.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette réalité cruelle vient de nous être fournie par l’O<a href="http://www.poleuniv-lille-npdc.fr/n_activite/ores/index.html">bservatoire Régional des études supérieures de l’université de Lille</a>. Dans sa livraison de septembre, il constate que : <em>« Contrairement aux effectifs de l’ensemble de l’enseignement supérieur régional, ceux des CPGE de la région Nord &#8211; Pas de Calais ont progressé de 6 % en cinq ans. Cette progression est conforme à la tendance nationale. Elle concerne toutes les filières : en premier lieu les CPGE Littéraires (+ 12 %) et dans une moindre mesure les CPGE Scientifiques (+ 4 %) »</em> . Si l’on considère les classes préparatoires scientifiques, en deuxième année le nombre d’étudiants s’élève à 1763, 25% sont des filles, 70,4% ont eu une mention bien ou très bien au baccalauréat et 70,2% viennent des catégories sociales favorisées ou très favorisées. Pour les élèves des classes préparatoires littéraires, parmi les 329 élèves en deuxième année, 76% sont des filles, 76,5% ont eu une mention bien ou très bien au baccalauréat et 61,5% viennent des classes sociales favorisées ou très favorisées.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour autant le système n’affiche pas franchement une bonne santé, car non seulement il siphonne les meilleurs éléments des cursus scientifiques menant à la recherche et à l’érudition, mais ensuite, malgré une sélection féroce, il n’est pas franchement efficace puisque 22% des étudiants quittent le système après la première année, près de 10% redoublent la première année, près de 20% redoublent la seconde année, 24 % seulement intègrent une « Grande Ecole régionale !) et le reste soit rejoint l’université (15% parfois en IUT) soit est recruté au compte-gouttes par les classes préparatoires des lycées cités ci-dessus (impossible d’en connaître le nombre), soit fait autre chose. Mais si on considère combien d’étudiants provenant des classes préparatoires du Nord Pas-de-Calais intègrent l’une des grandes écoles nationales citées en référence, pour l’année 2008 on en trouve 17 provenant des classes préparatoires scientifiques et 2 provenant des classes préparatoires littéraires, soit moins de 1% de l’effectif total. Il y a bien tromperie sur la marchandise. Naturellement, je ne suis pas naïf et je comprends bien que certains des enfants des cadres supérieurs et de la haute bourgeoise du Nord Pas-de-Calais ont déjà quitté le cocon familial et sont au chaud dans des classes préparatoires plus huppées pour rejoindre le vivier de la noblesse d’Etat.</p>
<p style="text-align: justify;">Et alors que les plus aisés sont au chaud dans les classes préparatoires et les grandes écoles, les laboratoires de l’université de Lille se vident et le Secours Populaire Français est appelé à la rescousse et <a href="http://www.nordeclair.fr/Locales/Lille/2009/09/25/secours-populaire-une-permanence-a-lille.shtml">ouvre une antenne au sein de l’université</a>. A Lille 1, la scientifique, sept étudiants sur dix ont un travail et le nombre d’étudiants fréquentant la permanence lilloise du SPF a augmenté de 35 % ces deux dernières années. Au même moment une étude effectuée au <a href="http://www.ilr.cornell.edu/CHERI/">Cornell Higher Education Research Institute</a> pointe le fait que les l’existence de services destinés aux étudiants est un facteur majeur de la réussite dans les études et de leur poursuite, supérieur aux dépenses de formation et de recherche. Le ministère français vient de publier les dotations universitaires en se gargarisant d’une hausse qui reste à démontrer puisque la direction de l’enseignement supérieur a systématiquement refusé les négociations budgétaires en prélude à la signature des contrats. Je mets le ministère au défi de publier les budgets globaux des grandes écoles et des grands établissements reprenant les mêmes rubriques que pour les universités.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est dans ce contexte qu’il faut prendre avec des pincettes les déclaration triomphantes de la ministre sur le fait que la rentrée 2009 se fait dans de bonnes conditions et que les étudiants n’ont pas boudé les universités, mêmes celles qui depuis plusieurs années sont le siège d’une agitation récurrente. <strong>En réalité les étudiants n’ont pas le choix</strong>. La sélection est déjà réalisée lorsqu’ils entrent en classe terminale. C’est cela que, par la diversification des établissements universitaires, la maîtrise financière, immobilière et managériale mais aussi pédagogique qu’elle génère, une autonomie réelle nous permettra de commencer à inverser. C’est d’ailleurs bien pour cela, et Bernard Belloc ne m’a pas contredit là dessus à Lyon, que le plus grand frein à la mise en œuvre de cette autonomie véritable est constitué par ceux qui, de gauche comme de droite, ont été formés par ce système ségrégationniste. Et ceux-ci sont légion dans tous les rouages de l’Etat, voire même au sein des universités. Je dois à la vérité de dire que pour certains, ma critique pouvait paraître celle de la gauche libérale et Bernard Belloc ne manqua pas de rappeler qu’il existe d’autre modèles que celui des université anglo-saxonnes et que les études supérieures dans les pays scandinaves pourtant dirigées par la droite sont pour l’essentiel gratuites. Il me rappela gentiment qu’il m’avait impliqué lorsqu’il était premier vice président de la CPU dans un voyage d’études aux Etat Unis, je l’ai rassuré, il n’a pas produit sur moi le miracle du chemin de Damas et je ne suis pas un adulateur du modèle américain même si, je pense que la société américaine, par ce que globalement elle accepte le risque plus que la nôtre, possède sur nous un avantage évolutif.</p>
<p style="text-align: justify;">Après le débat, je profite de ce court séjour à Lyon pour revoir la place des Terreaux, tout près du lieu où ma grand-mère paternelle fut « piplette », ensuite je déambule dans les rues du vieux quartier vers Bellecour, puis vers la Guillotière, pour finir ma soirée dans un bouchon lyonnais. Au cours de cette promenade je tombe sur le quai Jean Moulin. Jean Moulin dont le dernier livre de Daniel Cordier (Caracalla), qui fut son secrétaire, retrace en le démystifiant ce que fut son quotidien dans le Lyon de Vichy puis occupé, avec ses difficultés, ses imprudences mais surtout sa grandeur dans la simplicité des actions pourtant souvent dangereuses puis au bout du compte le sacrifice d’une vie après que fût obtenu la constitution du comité des MUR (mouvements unis de la résistance). Ce cheminement ravive en moi le souvenir de mon père et de la résistance, de ceux qui furent pour lui un modèle, comme Yves Farges, l’un des fondateurs de Franc-Tireur, désigné par De Gaulle en 1944 commissaire de la république de la région Rhônes-Alpes, qui lutta contre le marché noir au sein du gouvernement provisoire comme ministre du ravitaillement et dont il me légua avant sa mort « le pain de la corruption ». Et la fréquentation de Jean Moulin pendant ces mois difficiles fut certainement pour beaucoup dans l’évolution du royaliste maurassien Daniel Cordier vers l’acceptation d’une république sociale et humaniste. Il vaut mieux suivre ce chemin là que l’inverse comme le dirait Stéphane Guillon.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2009/09/autonomie.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-661" title="autonomie" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2009/09/autonomie.jpg" alt="autonomie" width="245" height="36" /></a>Dans le train qui me ramène à Massy TGV, je repense au débat et à ces journalistes qui ne peuvent prononcer le mot d’université et encore moins leur nom. Pour « Libé » l’autonomie n’est pas celle des universités, c’est l‘autonomie des facs ! Pour « le Monde Magazine » qui scrute le samedi 19 septembre l’avenir des surdoués ayant obtenu plus de 20 au baccalauréat c’est une impossibilité absolue. Pas de problème pour citer leur arrivée en mathématiques supérieures au lycée Hoche, Henri IV ou Louis le Grand, ni pour signaler leur espoir d’entrer à l’Ecole Normale Supérieure ou à Sciences Po. Mais sur la dizaine d’élèves cités, les deux qui ont choisi de faire des doubles cursus, selon « le Monde Magazine », c’est à la faculté de Perpignan ou à celle des Sciences de Jussieu qu’ils iront. Ca donnerait des crampes aux journalistes du « Monde » d’avouer qu’ils peuvent aussi choisir l’Université de Perpignan ou l’Université Pierre et Marie Curie. Seule l’université de Cambridge aura l’honneur de l’hebdomadaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Palaiseau le 25 septembre</p>
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		<title>On parle du blog et du livre.</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Dec 2008 06:16:31 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je voulais vous signaler que plusieurs blogs ont eu la gentillesse d&#8217;évoquer le mien : le <a href="http://www.mille-watts.com/comcampus/2008/12/un-vice-president-duniversite-ouvre-son-blog/" target="_self">blog Comcampus </a>évidemment, de l&#8217;agence Campus communication qui accompagne mon &laquo;&nbsp;blogging&nbsp;&raquo; au quotidien, mais également le blog  <a href="http://enseignementsuperieur.typepad.fr/news_grandes_ecoles/2008/12/bienvenue-au-nouveau-blog-de-gilbert-b%C3%A9r%C3%A9ziat-upmc.html" target="_self">News grandes écoles</a>. Plus récemment c&#8217;est le <a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/12/universits-les.html" target="_self">blog Sciences² de Libération</a> à l&#8217;occasion d&#8217;un article sur le budget 2009 des universités qui a cité une de mes notes. Du côté des médias spécialisés, l&#8217;<a href="http://www.lors.fr/docutheque.php?aid=4536" target="_self">Officiel de la Recherche et du supérieur </a>dans un article publié le 16 décembre 2008 évoque le lancement de mon blog et celui de Louis Vogel. Quant au livre &laquo;&nbsp;quand l&#8217;université se réveille&nbsp;&raquo;, le numéro 122 de <a href="http://www.vieuniversitaire.fr/" target="_self">Vie universitaire </a> lui consacre une fiche de lecture.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2008/12/lors.jpg"><img class="alignnone" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2008/12/lors.jpg" alt="" width="500" height="500" /></a></p>
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