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	<title>le blog de Gilbert Béréziat &#187; Divers</title>
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		<title>Je tire ma révérence</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Aug 2011 13:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[14 juillet]]></category>
		<category><![CDATA[15 août]]></category>
		<category><![CDATA[université]]></category>
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		<description><![CDATA[Fin août, ma carrière académique s’achèvera à l’université Pierre et Marie Curie. Un autre épisode de ma vie va donc commencer. Bien que n’en étant plus réellement acteur,  j’ai suivi avec constance les affaires universitaires depuis six ans. J’ai fait l’expérience depuis deux années et demie de bloguer sur un mode que certains ont trouvé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.wat.tv/video/jean-sablon-1cnk2_2g7bz_.html "><img class="aligncenter size-full wp-image-1927" title="Je tire ma révérence" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/07/Je-tire-ma-révérence.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Fin août, ma carrière académique s’achèvera à l’université Pierre et Marie Curie. Un autre épisode de ma vie va donc commencer. Bien que n’en étant plus réellement acteur,  j’ai suivi avec constance les affaires universitaires depuis six ans. J’ai fait l’expérience depuis deux années et demie de bloguer sur un mode que certains ont trouvé excessif tandis que d’autres approuvaient mon impertinence. Ce fut un exercice nouveau et très prenant, parfois excitant mais souvent décevant.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans toutes les universités françaises, les étudiants qui faisaient leurs études supérieures en mai 1968 sont aux plus hautes responsabilités universitaires. La génération qui s’est installée aux commandes est donc, pour l’essentiel le produit de cette université qui s’est créée en un demi-siècle. La génération des universitaires qui a pris sa retraite n’a pas à rougir de ce qu’elle a bâti. Au moment où dans notre pays des idées comme la ré-« humanisation » des disciplines scientifiques et technologiques, la nécessité pour les décideurs économiques et politiques d’avoir autre chose qu’un vernis scientifique au rabais et l’absolue nécessité de la mobilité non pas des jeunes chercheurs ou des vieux barbons que nous sommes (qui s’apparente un peu trop parfois à la « bougeotte ») mais des étudiants des premiers cycles universitaires, deviennent des lieux communs, ne boudons pas notre plaisir d’y voir un peu de l’esprit de 68 qui renaît.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour ce qui me concerne, je viens de recevoir le plus beau compliment de ma carrière. Non pas de la quinzaine de professeurs de médecine ou de sciences qui ont fréquenté mon laboratoire pendant leurs années de DEA ou de thèse, mais d’une femme qui y a été une jeune doctorante dans le milieu des années quatre-vingt dix. « <em>Ce que je retiens  de vous</em> », m’écrit-elle, <span id="more-1926"></span>« <em>c&#8217;est que c&#8217;est grâce aux compétences acquises dans votre laboratoire j&#8217;ai obtenu un poste d’ingénieur de transgénèse à Lyon. Il m&#8217;a fallu plusieurs années et beaucoup de caractère pour pouvoir m’imposer car je n&#8217;avais pas été formée dans cette ville. Je reste la &laquo;&nbsp;Parisienne de service&nbsp;&raquo; mais mes compétences étant reconnues depuis quelques temps maintenant, cela n&#8217;a plus aucune importance </em>». Cette jeunesse que l’université forme aujourd’hui s’est affranchie de beaucoup de barrières, elle est inquiète certes mais n’est pas résignée. Elle ne rendra pas les armes face aux poussins formatés au forcing dans les classes préparatoires puis dans les écoles de la Noblesse d’Etat.</p>
<p style="text-align: justify;">Partout dans le monde les jeunes issus de l’université s’agitent de nouveau et ils sont bien plus nombreux qu’il y a cinquante ans. Il leur reste cependant à reconstruire, ce que nous n’avons pas su faire, sur la déroute des idéologies du siècle passé, de nos idéologies, un sens au monde dans lequel ils vivent. Or la vie ne peut perdurer sans adaptation permanente, sans grands espaces et sans nouvelles frontières. Ce sera bien là le défi des générations qui entrent aujourd’hui, ou entreront demain à l’université. Ce n’est plus à nous de dire ce que doit être leur futur mais à c’est à elles de trouver les voies de leur ressourcement. Et c’est à nos enfants, devenus adultes à leur tour d’accompagner cette évolution en seront-ils capables alors que nous les avons si peu préparés à cette tâche gigantesque ?</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai hésité entre le jour de la fête nationale et le jour du 15 août pour annoncer la fin de ma carrière de blogueur. Je me suis résolu pour le 15 août, non pas que j’adule les messes votives plus que les défilés militaires, dont j’ai toujours décliné l’invitation rituelle lorsque je présidais mon université, comme j’ai toujours refusé toute forme de décoration et cela fait bien longtemps que je vais plus aux processions.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 14 juillet est pour moi la référence à la prise de la Bastille car beaucoup d’autres sont encore à prendre dans le monde à commencer dans notre pays et je préfère <a href="http://www.dailymotion.com/video/xjx5sc_feu-d-artifice-du-14-juillet-2011-l-integrale_creation">son feu d’artifice</a> au défilé des fantapantins. Les termes de la lutte qui a toujours été nécessaire à l’émancipation ont certes changé, les nouvelles technologies sont de puissants moyens de démocratisation. Mais elles peuvent être aussi des moyens redoutables d’acculturation. Le 15 août, c’est le jour où dans ma famille <a href="http://www.youtube.com/watch?v=1An061iHvZo">on fêtait ma mère</a>. Il est pour l’agnostique que je suis devenu, bien plus que la résurrection d’un improbable fils de Dieu, le symbole de l’espérance d’une continuité d’esprit dans la grande famille humaine. Ces dates illustrent pour moi non pas l’alliance du sabre et du goupillon comme trop longtemps, hélas, ce le fût mais la certitude que les luttes nécessaires, auxquelles aucune jeunesse ne peut se soustraire sauf à redevenir une caste d’esclave, ne doivent pas faire oublier l’essentiel – Dieu ou pas – c&#8217;est-à-dire l’Humanité forme pour l’instant la plus achevée de la vie.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans le moment historique qui est le notre, les universités peuvent jouer un rôle majeur pour éviter ce piège à condition qu’elles sachent préserver les libertés académiques et offrir à la jeunesse, toute la jeunesse dans toute sa variété, un espace de maturation de leur personnalité et pas un espace d’interdits. Les universités ont un avantage majeur sur le modèle méritocratique imposé en France par la bourgeoisie naissante, elles sont libres et diverses ce qui les rend indomptables par l’Etat. Je reste persuadé qu’elles ne pourront faire perdurer leurs libertés que dans le cadre d’une autonomie diversifiée mais totale et assumée ce qui exclue nullement, bien au contraire, qu’elles conservent la maîtrise des procédures démocratiques de choix de leurs administrateurs et donc de leur destinée.</p>
<p style="text-align: justify;">Je salue au passage Maurice qui vient d’être élu à la présidence de l’université Pierre et Marie Curie. Il aura fort à faire dans cette période de difficultés accrues pour notre université et aura le redoutable honneur de préparer  la relève de mars prochain. Mais je suis convaincu que notre université trouvera les ressources, avec l’intervention active de notre jeunesse universitaire, dont les corps d’enseignant-chercheurs, de personnels d’enseignement, de recherche et de gestion se sont profondément renouvelés ces dix dernières années, pour reprendre sa marche en avant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Quelque part entre la Bretagne et Paris le 15 août 2011<br />
</strong></p>
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		<title>Le retour de l’hôpital des pauvres ?</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Jul 2011 08:14:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
		<category><![CDATA[Opinions]]></category>
		<category><![CDATA[Benoist Apparu]]></category>
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		<category><![CDATA[hôpital]]></category>
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		<description><![CDATA[Le gouvernement a décidé en mai de réduire de 25% le budget du SAMU social, entraînant par là le départ au son des cors de Xavier Emmanuelli clamant l’enterrement du Chiraquisme social. Or les trois quart de ce budget servaient à financer des nuitées d’hôtel (plus de 5000 par jour en Ile de France). Il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/07/Le-retour-de-l’hôpital-des-pauvres.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1913" title="Le retour de l’hôpital des pauvres" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/07/Le-retour-de-l’hôpital-des-pauvres.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le gouvernement a décidé en mai de réduire de 25% le budget du SAMU social, entraînant par là le départ au son des cors de Xavier Emmanuelli clamant l’enterrement du Chiraquisme social. Or les trois quart de ce budget servaient à financer des nuitées d’hôtel (plus de 5000 par jour en Ile de France). Il y a donc eu une réduction drastique des possibilités d’accueil alors que la demande est en augmentation croissante du fait de la crise économique. La conséquence de cette mesure fait que de très nombreuses familles avec des enfants se retrouvent à la rue, ce d’autant plus que les centres d’hébergement habituels refusent de prendre en charge des enfants et que l’hôtel est souvent la seule solution pour elles.</p>
<p style="text-align: justify;">Un nombre croissant de familles n’ont pas trouvé d’autre solution que de chercher refuge dans les hôpitaux que ce soit auprès des services d’urgences ou des maternités de l’Assistance Publique (APHP). C’est naturellement dans les secteurs les plus populaires de l’est parisien, hôpitaux Robert Debré, Saint Antoine et Lariboisière en particulier, qu’ils ont afflué. Lors d’une réunion en juin entre l’APHP, le SAMU social et la préfecture de Paris, cette dernière avait tenté de minimiser le problème en le présentant comme anecdotique ! La seule décision prise fut de faire une enquête. Les résultats de celle-ci sont édifiants : en six semaines 111 familles ont été « abritées » par des services d’urgence ou des maternités de l’APHP. Ce sont donc 64 enfants qui ont dormi au moins une nuit dans un service d’urgence.</p>
<p style="text-align: justify;">L’APHP avait donné des consignes de ne pas communiquer ces chiffres alarmants, puis a dû se résigner à le faire sous la pression d’un chef de service d’urgence parisien et parce que <a href="http://www.leparisien.fr/societe/des-familles-a-la-rue-se-refugient-aux-urgences-20-07-2011-1538583.php">les journalistes en avaient déjà eu connaissance</a>. Le 5 juillet, une nouvelle réunion a eu lieu et, devant ces chiffres, il a été demandé au SAMU social de traiter en priorité ces familles, ce qui revenait à ne rien faire car il n’avait alors pratiquement plus de solutions. Il est avéré que devant cette situation certains de ses agents ont conseillé aux familles de se rabattre sur les hôpitaux. Le SAMU social a donc instrumentalisé les services d’urgence et les maternités en conseillant aux familles de s’y rendre pour s’y « mettre à l’abri », bien conscient que cela aller poser des problèmes majeurs. De fait cela en a posé et la réaction a été très vive devant ce retour à une conception de l’hôpital qui date de l’ancien régime.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette affaire met en évidence le désengagement massif de l’état sur le plan budgétaire que ce soit via le SAMU social ou les associations caritatives d’aide aux plus fragiles. Avec un cynisme certains les ministres concernés se retranchent derrière une soi-disant politique de long terme qui privilégierait la construction de logements sociaux. Naturellement en cette période de vaches maigres ils le font au détriment des aides au présent. Le bien mal nommé ministère de la solidarité dirigé par Roselyne Bachelot, qui s’était illustrée l’an dernier dans l’affaire du H1N1, joue les Ponce Pilate et se retranche derrière le ministre du logement Benoîst Apparu. On se rappellera que ce dernier avait en toute discrétion quitté en 2008 le logement HLM que <a href="http://www.marianne2.fr/Le-secretaire-d-Etat-Apparu-beneficiait-d-un-logement-HLM_a181170.html">selon Marianne</a> il occupait en contrepartie de ses activités comme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Benoist_Apparu">secrétaire national de la jeunesse au RPR</a>. Le dit Apparu qui refusait jusque là de répondre aux journalistes bénéficia d’une interview pour le moins complaisante de France 3 où il ne put donner aucune assurance autre que de renvoyer l’affaire à plus tard.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait le problème va retomber une fois de plus sur les collectivités territoriales qui sont déjà débordées sur le plan budgétaire par l’inflation de leur budget social. Bref, tout est réuni pour un accroissement majeur du problème aux urgences et dans les maternités, dernier endroit où il semble rester un peu d’humanité dans ce monde de brutes puisque même les églises ne s’ouvrent plus aux miséreux. L’explosion est attendue par de nombreux observateurs pour la rentrée. Il y a des pressions de plus en plus importantes pour que l’hôpital consacre des moyens à cet hébergement sans lien avec la santé et les soins, ce qui se traduirait une fois de plus par un détournement des maigres moyens consacrés à la santé. A moins que, ressuscitant  l’Hôpital Général créé par la royauté au XVIIème siècle, et reprenant les propositions du brave normalien Wauquier, le gouvernement n’envisage d’y faire travailler les parents voire les enfants pour payer leur hébergement et par là palier à l’évaporation des effectif que l’on va nous imposer pour répondre à la sollicitude des agences de notation. Et pendant ce temps là on créera une prime à la performance pour les médecins libéraux ! Reste à savoir s’ils ouvrirons leurs cabinets aux gueux pour y passer la nuit.</p>
<p style="text-align: justify;">Au moment où le gouvernement vole encore une fois au secours des banques et où il trouve de quoi financer les praticiens libéraux à la performance, il se refuse à appliquer la loi. Laquelle loi lui donne les moyens juridiques de réquisitionner les logements vacants et l’on sait qu’il en existe de nombreux et pas seulement dans les quartiers populaires. Un dernier point, la droite UMP est vent debout à Palaiseau pour s’opposer à l’attribution proposée par la municipalité d’attribuer 30% des nouvelles constructions dans le cadre de l’opération Palaiseau Saclay au logement social. Ce qui est nécessaire aujourd’hui c’est plus de justice et pas uniquement de la charité et encore moins des effets d’annonce sans lendemain.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>La Pitié-Salpétrière Vendredi 22 juillet 2011</strong></p>
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		<title>Encore un effort s’il vous plaît</title>
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		<pubDate>Tue, 24 May 2011 07:36:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Divers]]></category>
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		<description><![CDATA[Il y a 28 ans, en mai, prenait fin la plus longue grève des internes et des chefs de clinique jamais vue en France. Entamée début mars 1983, elle avait été précédée en mars 1982 d’une grève prodromique déclenchée par une circulaire qui se voulait conservatoire et qui instituait une note plancher (7,5/20) en deçà [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/05/Encore-un-effort-svp.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1857" title="Encore un effort svp" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/05/Encore-un-effort-svp.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a 28 ans, en mai, prenait fin la plus longue grève des internes et des chefs de clinique jamais vue en France. Entamée début mars 1983, elle avait été précédée en mars 1982 d’une grève prodromique déclenchée par une circulaire qui se voulait conservatoire et qui instituait une note plancher (7,5/20) en deçà de laquelle les commissions d’équivalence ne pourraient aller pour repêcher les candidats aux certificats de spécialités, certificats nécessaires pour être reconnus comme spécialistes par le conseil de l’Ordre des médecins. La goutte d’eau avait fait déborder le vase. Pourquoi ? Les internes des Centres Hospitaliers et Universitaires refusaient d’accepter des dispositions favorisant l’accès aux spécialités des internes des hôpitaux non universitaires. Le malaise était bien plus profond et Jack Ralite alors ministre de la santé l’avait bien remarqué : <em>« Les internes, depuis des années, réclament un statut et ne veulent plus être taillables et corvéables à merci. Ils vivent mal une hiérarchie de plus en plus irresponsabilisante ainsi que l&#8217;exercice souvent médicalement solitaire des gardes de nuit, du dimanche et des jours fériés. Ils s&#8217;inquiètent enfin de leurs débouchés, chaque année plus précaires. »</em>[1]</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré les séances de concertation qui se multiplièrent tout au long de l’année 1982, Ralite ne put résoudre la contradiction majeure d’une formation qui peinait à se dégager de schémas obsolètes mis en place par les technocrates du 1<sup>er</sup> Empire. Le concours de l’internat avait été créé, comme d’autres, pour dégager une élite médicale. Il ne pouvait en aucun cas, tel qu’il était, être utilisé pour sélectionner les médecins spécialistes que la société française réclamait. Dès lors que la pratique des spécialités médicales s’exerçait majoritairement dans un secteur libéral conventionnel et dans des hôpitaux généraux supposés assurer la gratuité des soins pour toute la population il fallait en augmenter le nombre et diversifier leur recrutement. La suppression du concours d’externat fut une conséquence positive des revendications étudiantes de mai 68, mais la masse médicale foncièrement conservatrice ne voulait pas voir disparaître le concours de l’internat. De la voie royale qu’elle était avant les années soixante, l’internat devint donc progressivement une voie unique de formation des spécialistes. Comment dès lors justifier l’existence de deux types d’internats selon que les services qualifiants étaient ou non situés dans un CHU ou un hôpital général ? Comment justifier la prééminence des grandes villes universitaires ? Il fallut vingt ans pour que la profession acte un fait que nous savions tous inéluctable dès 1983. L’internat sera remplacé par des épreuves classantes nationales (ECN) en 2004. Désormais la note éliminatoire n’existe plus et la moyenne n’a plus aucune importance. On peut être interne avec la note zéro ! La sélection s’effectue dix ans plus tôt par le concours d’entrée en deuxième année d’études médicales.</p>
<p style="text-align: justify;">Lors de ces fameuses journées où se révéla l’obsolescence du système français des études médicales, Jack Ralite avait déclaré devant l’assemblée nationale : <span id="more-1855"></span>« <em> Je suis lié à une couche de la population qui veut, légitimement, encore mieux bénéficier de la qualité de la médecine française. Jamais, de mon côté, ne viendra la moindre entorse à la qualité ; je suis même pour son développement, notamment pour les généralistes, ces médecins de première ligne ». </em>Paraphrasant Paul Langevin il s’était écrié : « J<em>e pense que la meilleure pédagogie en la matière est la sélection des meilleurs par la promotion de tous ». </em>Peut on considérer que cet objectif a été atteint aujourd’hui et à quel prix ? Il est indiscutable qu’en quarante ans la médecine française a formidablement progressé. Elle le doit avant tout au fait que la réforme Debré – le grand-père, pas le triste sire qui siège aujourd’hui au parlement – a permis le développement d’une recherche médicale de tout premier ordre et créé ainsi les conditions d’une prééminence de la recherche dans toutes les disciplines. Le doctorat d’université compte plus que l’ECN, il est devenu une condition nécessaire pour devenir professeur même en chirurgie plastique et donne un avantage certain pour l’accès aux emplois de praticiens hospitaliers !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il y a la face sombre de l’histoire. Le concours d’entrée en deuxième année de médecine s’est révélé être un puissant agent de ségrégation sociale. Les officines privées de préparation au concours se sont généralisées à un point tel que parler de gratuité de la première année de médecine est une plaisanterie. Il ne permet en aucune manière d’évaluer les motivations des candidats dont la principale est de plus en plus celle de l’accès à un statut social reconnu. Ceci n’est pas évidemment sans incidence sur leurs exigences salariales. Les abandons en cours d’étude sont en progression. La France est comparativement aux pays de même rang celui où l’on compte le plus de spécialistes mais où les médecins de famille se font rares. La couverture territoriale en médecins est devenue fortement inégalitaire. La pratique des dépassements d’honoraires est devenue la règle. Le cancer du privé à l’hôpital public a fait des métastases. Ceux qui peuvent payer auront seuls accès aux chambres individuelles. Le système mutualiste est lui-même atteint par la gangrène. La revue « Humanisme et Entreprise » tire la sonnette d’alarme : <em>« les représentations du personnel quant au non dépassement d’honoraires évoluent vers une perte de sens de cette pratique et d’autre part, ce contexte favorise la création, par les médecins, de nouvelles stratégies d’action, consistant à pratiquer de façon discrète de légers dépassements d’honoraires, dans le silence approbateur de la direction. »</em>[2]</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le panorama actuel est connu de tous : le système dual français est simple à expliquer : D’un côté le duo classes préparatoires/« grandes écoles » auquel s’apparente le système PCEM1 / PCEM2. En 2010 sur 532 000 bacheliers un peu moins de 40 000 ont été admis dans une classe préparatoire sur dossier et un peu plus de 2 500[3] seront été admis en PCEM 2 dans un mois. Les fortiches sélectionnés entre 16 et 18 ans voient leur avenir assuré. De l’autre côté le marais universitaire. En réalité c’est tout le problème des conditions d’orientation sélection qui est à revoir dans une société qui a perdu ses repères et s’est employée à contourner le système tant vanté par certains de la méritocratie républicaine. Plus d’un étudiant sur deux choisi une filière sélective sans aucune garantie de succès. Bien que sélectionnés directement dans les lycées, un quart des élèves entrant dans une classe préparatoire abandonne à l’issue de la première année. Dix pour cent des bacheliers de l’année présentant le concours d’entrée en médecine l’année suivante le réussissent. Toutes les études montrent que le succès dans les études supérieures, à niveau intellectuel égal, est pour une part dépendant des revenus des parents. La déclaration de Pierre Tapie, président conférence des grandes écoles pour qui <em>&laquo;&nbsp;il n&#8217;existe aucune barrière financière à l&#8217;entrée des grandes écoles&nbsp;&raquo;</em>[4], est une contrevérité absolue.</p>
<p style="text-align: justify;">La déclaration de Paul Langevin est plus que jamais d’actualité car <em>« si l&#8217;on veut avoir la meilleure élite possible, il faut que la masse des élèves ait des acquis scolaires solides »</em>[5]. Personnellement j’y ajouterais la nécessité de mettre fin à la stupéfiante ghettoïsation des élèves des filières sélectives. Dans le débat sur le post baccalauréat et son articulation avec l’enseignement secondaire, il ne faut pas mélanger les problèmes sous peine de n’arriver à rien. J’identifie pour ma part quatre niveaux de réflexion :</p>
<ul style="text-align: justify;">
<li>Le premier niveau concerne le moment dans les études où il      conviendra de trancher entre le projet/désir des jeunes pour le choix      d’une filière de formation, la reconnaissance de son aptitude à la poursuivre      avec succès et la décision de l’y admettre.</li>
<li>Le second concerne la méthodologie utilisée pour évaluer      cette aptitude et le processus       utilisé pour la décision d’admission.</li>
<li>Le troisième concerne le contenu et donc le moment où l’on      passe d’une formation très généraliste à une formation spécialisée      préparant à un métier.</li>
<li>Le quatrième concerne le statut du baccalauréat, doit il      être un diplôme sanctionnant la fin des études secondaires où rester le      premier grade de l’enseignement supérieur.</li>
</ul>
<p style="text-align: justify;">Dans le texte diffusé lors de son « forum des idées » sur la recherche et l’enseignement supérieur tenu à Toulouse, le parti socialiste parait vouloir sortir de la posture d’attente qui était la sienne depuis de longues années. Mais comme toujours pour ce parti la prudence et l’ambiguïté l’ont emporté sur l’ambition. Certes les temps sont difficiles et je connais la « force tranquille » de la « glu » universitaire soi-disant progressiste. Une chose est de dire qu’il faut supprimer le concours d’entrée en médecine. Attaquer de front les officines privées ne leur coûtera pas grand-chose d’un point de vue électoral. Autre chose est de remettre en cause le système aberrant des classes préparatoires, chasse gardée des professeurs agrégés du second degré. Une chose est de proclamer que l’on maintiendra, voire que l’on renforcera l’autonomie universitaire. Autre chose est de considérer que pour réaliser une orientation sélective  au cours du cycle licence il vaudrait mieux laisser chaque communauté universitaire choisir les meilleures voies pour le réaliser tout en renforçant l’efficacité globale du système, c&#8217;est-à-dire en mettant fin à la technique éculée du redoublement sélectif. Autre chose est de considérer que l’autonomie entraîne inéluctablement l’émulation et que le jugement à posteriori se traduira immanquablement par une hiérarchisation des établissements.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le plus grand reproche que l’on peut faire à ce texte en l’état, c’est celui de ne pas avoir su s’extraire des lobbys universitaires qui comme des poules mouillées ne se sentent bien que dans le nid douillet de l’Etat. Rendre tout son sens à la contractualisation, on ne peut qu’applaudir des deux mains. Mais alors laissons les acteurs contractualiser eux-mêmes : Universités avec l’Etat, Universités avec les Régions voire les villes, Universités avec les Organismes de recherche, Universités entre elles, Organismes de recherche entre eux. Et pour ceux qui en ont l’appétence, Universités avec les Ecoles. Confortons l’autonomie et l’éthique des agences d’évaluation et de moyens. C&#8217;est-à-dire faisons l’autonomie que la droite n’a fait qu’esquisser. Et après tout si certains établissements la refusent alors donnons-leur le choix de devenir des régies de l’Etat, des Régions ou des Villes. Mais de grâce, amis socialistes, n’ajoutons de pas de couches administivo-bureaucratiques supplémentaires à celles dont la droite nous a gratifiées ces huit dernières années.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>12 place du Panthéon le 23 mai 2011</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>Journal officiel de la république française compte rendu de la séance du 7 avril 1982 de l’assemblée nationale.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em>Jennifer Urasadettan <em>« </em></em><em> </em><em> </em><em>Sensemaking et évolution des pratiques  éthiques : le cas d’une clinique mutualiste en contexte de  généralisation du dépassement d’honoraire</em><em><em> »</em> Humanisme et Entreprise n° 11-303 mai/juin/juillet 2011.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[3] S<em>ur 7500 admis au concours, un peu moins de 40% sont des primo entrants.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[4] <em>Enjeux Les Echos numéro 279 des 6 et 7 mai 2011</em></p>
<p style="text-align: justify;">[5] <em>Agnès van Zanten, « Libération » Vendredi 20 mai 2011 pp. 14-15</em></p>
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		<title>La pollution de l’équinoxe de printemps</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Mar 2011 14:56:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans mon article de début janvier, je rappelais que si la nouvelle année au calendrier chinois était celle du lapin blanc : « contrairement à ce que nous laisse croire Lewis Caroll, le lapin blanc n’est pas un animal blanc et doux comme son nom le laisse supposer. Selon l’Astrologue Russe Vladimir Pogoudine, « c’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/03/La-pollution-de-l’équinoxe-de-printemps2.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1805" title="La pollution de l’équinoxe de printemps" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/03/La-pollution-de-l’équinoxe-de-printemps2.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/2011/01/07/l%E2%80%99annee-de-lapin-sera-t-elle-celle-des-dupes/">mon article de début janvier</a>, je rappelais que si la nouvelle année au calendrier chinois était celle du lapin blanc : « c<em>ontrairement à ce que nous laisse croire Lewis Caroll, le lapin blanc n’est pas un animal blanc et doux comme son nom le laisse supposer. Selon l’Astrologue Russe Vladimir Pogoudine, </em>« c’est une créature assez sévère, et si nous regardons les précédentes années du lapin, nous verrons qu’elles ont marqué le début de la seconde guerre mondiale, la perestroïka, les attentats terribles en Russie en 1999. »<em> </em>»</p>
<p style="text-align: justify;">Dès le premier trimestre nous avons été gâtés. Trois tremblements de terre, dans le centre du Chili, au sud de Conception qui avait été <a href="http://www.youtube.com/watch?v=OYlDwlkTmIs">durement frappée l’an dernier</a> (magnitude 7), un autre de magnitude 7,3 survient au large des Îles Loyauté, en Nouvelle-Calédonie, un troisième atteint en février la Nouvelle Zélande. 200 000 personnes sont touchées par des inondations dans la région du Queensland en Australie, il y a plusieurs dizaines de morts. Après le passage d&#8217;une tornade dans les états du sud des Etats-Unis on déplore 6 morts et des dizaines de blessés. On décompte un million de sans-abri et 18 morts à l’issue d’inondations au Sri Lanka, plus de 300 morts dans des bidonvilles de Rio de Janeiro consécutifs aux glissements de terrains et aux coulées de boue survenues après des pluies torrentielles. Le 10 mars la nature se déchaîne contre le Japon, un violent séisme de magnitude 9 survient au nord-est du pays, il s’ensuit un <a href="http://gigistudio.over-blog.com/photo-1838323-tremblement-terre---japon---mars-2011-tsunami_jpg.html#start">tsunami avec des vagues monstrueuses</a>, certaines dépassent 10 mètres, qui dévaste les régions de Sendai et Fukushima dans l&#8217;est du pays. Malgré la préparation de la population à ce genre de catastrophes, près de 20 000 morts sont probablement à déplorer. La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi a été gravement touchée, <span id="more-1799"></span>entraînant une contamination radioactive sévère. L&#8217;empereur japonais Akihito s’est vu contraint moralement de faire <a href="http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/3021497-japon-risque-de-catastrophe-nucleaire-fait-sans-precedent-l-empereur-akihito-du-japon-age-de-77-ans-est-sorti-aujourd-hui-de-son-silence.html#id=3021497">une intervention télévisée</a>, ce qui ne s&#8217;était pas passé depuis que son père Hirohito avait annoncé la défaite du Japon lors de la dernière guerre mondiale.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/03/La-pollution-de-l’équinoxe-de-printemps.bmp"><img class="size-full wp-image-1801  aligncenter" title="La pollution de l’équinoxe de printemps" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/03/La-pollution-de-l’équinoxe-de-printemps.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">On peut accepter que les hommes, en l’état actuel de la science, soient désarmés, non pas devant les séismes, car visiblement les immeubles nouvellement construits aux Japon sont adaptés à ce genre de secousses sauf si, d’aventure, ils sont trop près de l’épicentre, mais devant les tsunamis géants le long du littoral. Rien ne saurait excuser l’action humaine si ce que le <em>New York Times </em> affirme, à savoir qu’un mois avant le séisme et le tsunami l&#8217;agence de régulation nucléaire japonaise avait autorisé le maintien pendant 10 années encore du plus ancien des six réacteurs de la centrale, malgré des avertissements concernant sa sécurité. Tepco a notamment avoué qu&#8217;une carte d&#8217;alimentation d&#8217;une valve de contrôle de température de réacteur n&#8217;avait pas été inspectée pendant 11 ans, bien que les techniciens, qui s&#8217;étaient contentés d&#8217;un contrôle de routine, aient indiqué le contraire. L&#8217;agence de régulation avait alors conclu que &laquo;&nbsp;<em>la gestion de la maintenance était inappropriée</em>&nbsp;&raquo; et que la &laquo;&nbsp;<em>qualité des travaux d&#8217;inspection étaient insuffisants</em>&laquo;&nbsp;. On voit bien les limites de la gestion des activités sensibles par des opérateurs privés. De la même façon, tant la politique de déforestation pratiquée en Australie que celle de densification des bidonvilles sur des zones mal viabilisées sont directement liées à des activités humaines intempestives.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce trimestre nous avons aussi déploré le départ de quatre femmes remarquables, Louise Reiss, Maria Schneider, Françoise Cachin et Annie Girardot. La première était médecin, en 1961 elle avait démontré les effets néfastes des essais nucléaires, même lointains, <a href="http://www.nytimes.com/2011/01/10/science/10reiss.html">sur les populations</a>. La seconde, est la fille Daniel Gélin qui ne l&#8217;a jamais reconnue et qu’elle verra trois fois dans sa vie. A 19 ans, révélée par Bertolucci dans <em>Le Dernier Tango</em> à Paris Marlo Brando lui impose une scène de sodomie sans qu’elle ait été prévenue. Visiblement « l<em>e ciboire des femmes</em> » n’était pas son truc mais à ce propos elle dira plus tard : « <em>On pense de moi ce qu&#8217;on veut, que je suis une paumée, une droguée, une camée mal peignée, que j&#8217;ai mauvais caractère. Je m&#8217;en fous&#8230;</em> ». Deux ans après, dans <em>Profession reporter </em>de Michelangelo Antonioni elle donna avec brio la réplique à Jack Nicholson. Françoise Cachin, petite-fille de Marcel Cachin et de Paul Signac, fût conservateur au musée national d&#8217;art moderne. Elle participa à la préparation du musée d’Orsay qu’elle dirigea jusqu&#8217;en 1994. Puis elle sera directrice des Musées de France. En décembre 2006, elle s’est opposée au projet du Louvre Abou Dhabi le « <em>Las Vegas des sables</em> ». En conséquence, Renaud Donnedieu de Vabres la chassera l’année suivante du conseil artistique des Musées nationaux, puis de la présidence de l&#8217;association culturelle franco-américaine Frame. Avec <a href="http://www.dailymotion.com/video/x54435_annie-girardot_shortfilms">Annie Girardot</a>, la plus naturellement française des actrices avec son accent « parigot » et ses fidélités extrêmes à certaines valeurs, c’est la nostalgie de notre jeunesse qui s’éteint.</p>
<p style="text-align: justify;">On pouvait pourtant espérer du mieux avec le frémissement des opinions arabes qui débuta, il est vrai tragiquement, par une épidémie de répliques suicidaires à la suite de Mohammed Bouazizi  ce jeune tunisien qui n’a pu supporter de voir saisir sa cargaison de marchand ambulant lui qui, malgré son diplôme du supérieur, ne trouvait pas d’emploi. Egypte, Yémen, Syrie, Algérie, Maroc, Iran et dans une moindre mesure Lybie et Emirats, partout où l’on croyait calmer la jeunesse par les études sans lui concéder aussi des droits économiques, sociaux et politiques, la marmite entre en ébullition. Pour autant, « ébullition » ne veut pas dire « explosion » et faute d’un véritable débouché politique, le pire est à craindre, les islamistes sont en embuscade. Mais, hélas et honte à eux, le jour de l’équinoxe de printemps, les français qui ont boudé les urnes ont donné à la Marine ersatz des fascistes, liguards, nazillons héritiers du parti social français et autres croix de feu, un score qui nous rappelle de forts mauvais souvenirs.</p>
<p style="text-align: justify;">En Europe cela fait longtemps que les religions ont cessé de surfer sur les craintes séculaires et, à l’exception de la Pologne, elles ne font guère recettes. Le créneau est occupé par les mouvements populistes d’extrême droite :</p>
<p style="text-align: justify;">L’Union démocratique du centre est le premier parti de Suisse avec 28,9% des voix en 2009.<br />
Le parti du progrès en Norvège, obtint 23% des voix en 2009<br />
Le FPÖ et le parti pour l’avenir de l’Autriche (BZÖ) 17,7% des voix en 2009<br />
En Hongrie le Jobbik a fait 16,7% des voix en 2010<br />
Le parti de la liberté en Hollande, 15,4% des voix en 2010<br />
Le parti du peuple au Danemark, 15,3% des voix en 2009<br />
Le Vlaams Belang de Belgique 12,5% des voix en 2009<br />
En France le Front National recueille 11,5% des voix en 2010<br />
La ligue du nord italienne a obtenu 10,2% des voix en 2009<br />
En Bulgarie le parti Ataka a fait 9,5% des voix en 2009<br />
L’alarme populaire grecque a obtenu 7,3% des voix en 2009<br />
Dans la flegmatique Albion, le British National Parti a remporté 6,5% des voix en 2009<br />
Le parti national slovaque à fait 5,9% des voix en 2010<br />
Aux États-Unis, la droite républicaine renforcée sur son flan extrémiste par le « Tea party » prend le contrôle de la chambre des représentants.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans tous ces pays, comme en France, les nazi-like avancent masqués, ils n’ont rien à envier aux islamistes ou à Israël Beitenou, mais leurs programmes et leurs buts sont les mêmes. Communautarisme, exclusion, promesses non financées. La Hongrie est dirigée par Viktor Orban, un populiste qui a commencé la mise au pas de la presse et a pris la présidence tournante de l&#8217;Union européenne. La politique de Nicolas Sarkozy et elle si différente, lui qui place ses pions dans tous les médias et les rouages de l’Etat et a tant promis aux uns et tant donné aux autres ? Et que dire d’Israël ou « Bibi » gouverne avec Avigdor Lieberman, le chef de file du parti d&#8217;extrême droite aux affaires étrangères ?</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes rentrés dans une phase historique importante et dangereuse, face à la réalité d’une maison commune qui n’est pas ce havre de paix que voudraient nous décrire les Ecolo Bobo de droite comme de gauche, face à la montée des intolérance et de la xénophobie en Europe, à l’éradication des humanistes et la mise sous tutelles des femmes là ou règne la charia[1]. Dans ce contexte, plus que les gesticulations guerrières de la France télécommandées par le pentagone, c’est à une renaissance d’un humanisme internationaliste qu’il faut nous atteler. <a href="http://www.youtube.com/watch?v=E-lHQNXpgxY">Rony Brauman a raison</a>, jamais une intervention militaire étrangère n’a apporté la démocratie  N’en déplaise à Mélanchon et à Bové, internet à changé la donne et permet à la très grande majorité non pas d’avoir accès à l’économie de la connaissance comme certains voudraient nous le faire avaler, mais aux connaissances et parfois aux mirages qui en tiennent lieu. C’est dire que l’éducation doit redevenir une priorité pour donner à ceux qui sont le devenir de l’humanité la force de discriminer, comme le diraient le croyant, entre le bon grain et l’ivraie. Mais il est bon aussi de se rappeler ce que disait Candide Moix au début des années soixante : «<em> la démocratie libérale est livrée à l’oligarchie des riches ; la grande banque et la grande industrie se sont emparées des postes de commandes du politique, de la presse, de l’opinion, de la culture, des représentants du spirituel, afin de dicter à tous les volontés d’une classe</em> »[2]. Remplacez classe par caste et vous aurez  un bon descriptif de la situation actuelle en Europe.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les circonstances présentes, nul n’a le droit d’hésiter « <em>L&#8217;histoire bégaye mais ne se répète pas</em> »[3], et « <em>le ventre est encore fécond d&#8217;où à surgi la bête immonde</em> »[4]. La dernière guerre mondiale, fut la première ouvertement raciste . Pas d’hésitation donc pour dimanche prochain. Il faut aussi saluer la prise de position de Valérie Pécresse et de Nathalie Kosciusko-Morizet qui mettent les Valeurs au dessus des Idées. Quant à Xavier Bertrand et à Jean-François Copé ils se déconsidèrent. Pour une partie de la droite mieux vaut toujours Hitler que le front populaire. Quelques soient mes réserves, pour faire soft, quant à sa politique, je voterais Nicolas Sarkozy si d’aventure il se trouvait face à Marine Le Pen au second tour l’an prochain. Je l’ai déjà fait pour Jacques Chirac.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Palaiseau le 25 mars 2011</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1]<strong> </strong><em>Salmaan Taseer, gouverneur de la principale province du Pakistan, le Penjab, connu pour son progressisme et sa critique de l&#8217;islamisme a été assassiné à Islamabad le 1er janvier. Le 3 janvier le gouvernement du Sri Lanka envisage d’interdire le port de la minijupe. Et les jeunes filles sont toujours tchadorisées en Arabie Saoudite, les Corbeaux chargés de l’ordre moral veillent à l’Aéroport de Téhéran, la droite islamique turque s’érige en modèle pour les pays arabes.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em>Candide Moix, La pensée d’Emmanuel Mounier, Editions du Seuil, 1960 page 57</em></p>
<p style="text-align: justify;">[3] <em>Karl Marx</em></p>
<p>[4] <em>Bertold Brecht</em></p>
<p>[5] <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/03/Seconde-guerre-mondiale.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-1802" title="Seconde guerre mondiale" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/03/Seconde-guerre-mondiale.bmp" alt="" /></a></p>
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		<title>Cadeau de Noël</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Jan 2011 10:38:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La survenue d’un accident de santé vous oblige à une saine relativisation des choses de la vie. C’est ainsi que j’ai vécu dans un service de soins intensifs les réparties pleines d’opportunité de l’inepte albinos et de l’employée des eaux et forêts lors de la semaine de désorganisation circulatoire induite par l’arrivée précoce de chutes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.flickr.com/photos/deniscollette/2727189369/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1707" title="Crédits photo Flickr Denis Collette" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2011/01/Crédits-photo-Flickr-Denis-Collette.bmp" alt="" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La survenue d’un accident de santé vous oblige à une saine relativisation des choses de la vie. C’est ainsi que j’ai vécu dans un service de soins intensifs les réparties pleines d’opportunité de l’inepte albinos et de l’employée des eaux et forêts lors de la semaine de désorganisation circulatoire induite par l’arrivée précoce de chutes de neige. Les nuits sans sommeil, lorsque vous êtes immobilisé dans un lit, vous pouvez être à l’écoute des bruits de la ruche. C’est alors que vous comprenez toute l’abnégation du personnel hospitalier attentif aux moindres besoins des patients et parfois aux exigences de malades irascibles. Ici on ne connait pas la double peine. Pas de récrimination chez cette infirmière qui a mis plus de deux heures à rentrer chez elle, ou chez cette autre qui trouva refuge dans un hôtel du voisinage pendant que les deux zozos péroraient. Aucune des deux n’a fait usage de son droit de retrait ! Gentillesse de cet interne qui après une longue journée d’urgence trouve encore le temps vers la minuit de faire mon doppler de contrôle. Patience de cette aide soignante expliquant à ce malade agité que non décidemment il ne peut déambuler.</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois passé la période critique, bien que l’étiologie du mal ait été envisagée, transfert chez les « Sherlock Holmes », les internistes. La médecine interne est à la médecine générale ce que la mécanique de précision est au garagisme. Pas besoin de garde à vue musclée pour que l’on se déboutonne et raconte avec autant de précision que possible non seulement son histoire récente mais aussi le flash back de sa vie antérieure. On a même droit à une gentille engueulade contre ce président qui n’a même pas pensé que ce qui lui est arrivé il y a dix, vingt ou quarante ans puisse aussi éclairer le présent. Mais toujours la même gentillesse du personnel infirmier. Je confronte mon vécu de l’hôpital avec cet aide-soignant qui y est entré à l’époque où j’y effectuais mon externat. Certes les temps changent, <span id="more-1706"></span>certes c’est plus désincarné aujourd’hui, les progrès technologiques ont restreint les échanges individuels. Certes la gestion comptable à flux tendu est pesante pour ne pas dire plus (deux jours pour trouver une taie d’oreiller !). Mais l’attachement à l’institution reste fort et constitue indiscutablement un atout.</p>
<p style="text-align: justify;">Le contraste majeur réside dans l’immobilier. Bien sûr l’institut de Cardiologie est situé au sein d’un bâtiment neuf et moderne, mais je ne puis oublier que sa construction doit beaucoup à l’implication d’un ancien patron et à la mobilisation qu’il su obtenir de la part de ses amis politiques et de partenaires privés. Certes dans mon transfert vers le service de médecine interne je frôle le tout neuf institut de recherche sur les maladies du cerveau et de la moelle épinière ; là encore sans l’intervention énergique de deux patrons et la mobilisation des amis politiques et du secteur privé rien n’aurait avancé.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais que dire de l’état global de l’hôpital, le plus réputé de France pour la qualité de la médecine qui y est pratiquée et sans doute l’un des plus réputés d’Europe ? En attentant gentiment que le glucose marqué qui vient de m’être injecté se fixe sur les organes à visualiser, je contemple le plafond du local où est installé le TEP-Scan pour constater les traces des infiltrations ! Et que dire de la vétusté des locaux où est installé le service central de radiologie ? Je me dis alors que décidément, l’hôpital phare de la meilleure université française n’est pas mieux traité que la maison mère. On comprend que la noblesse d’Etat se fasse soigner à l’hôpital militaire. La France serait-elle en voie de sous-développement ?</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité c’est toute l’irrationalité de trente années de gestion de l’Assistance Publique de Paris qui saute aux yeux. Comment peut-on faire dépendre l’avenir des perles de la médecine française des décisions zigzagantes d’une administration brejnevienne qui épuise des équipes de direction hospitalières pour la plupart très compétentes ? Comme tous ceux qui ont participé avec assiduité cette année aux réunions de la commission qui donnait son avis sur les projets stratégiques des nouveaux groupes hospitaliers en matière de biologie médicale j’ai été atterré par les effets d’une telle politique. Tel bâtiment programmé en vertu d’une décision stratégique antérieure, construit et livré cette année doit être réadapté à la nouvelle organisation et reprogrammé en conséquence ce qui va renchérir les coûts, tel automate dont la décision d’achat financée doit être suspendue dans l’attente des nouvelles décisions. Tel nouveau bâtiment qui avait la ferveur des autorités stoppé. Et la vente des biens de l’AP-HP, comme feu ceux du clergé, non pas pour des investissements futurs mais pour combler les déficits !</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité l’AP-HP constitue une de ces exceptions françaises dont il n’y a pas si longtemps on se gargarisait en haut-lieu (le directeur général n’avait-il pas rang de préfet de région, nommé en conseil des ministres ?). Mais comme pour les universités l’heure est au moyennage ou comment raboter le haut pour saupoudrer le bas. Une telle politique pourrait bien nous ramener au Moyen Age. Un incident ferroviaire vient justement nous rappeler qu’un train ne peut avancer sans bonne locomotive, sans conducteur et n’arrive pas à bon port si les aiguilleurs font n’importe quoi. Il en ira de même pour l’université et les hôpitaux universitaires. Bref c’est un moteur de Ferrari dans une carrosserie de Pontiac des années cinquante.</p>
<p style="text-align: justify;">La solution est connue de tous : construire autour des trois principales universités parisiennes trois groupes hospitaliers couvrant toutes les disciplines à partir de l’existant. Rendre ces trois universités et ces trois groupes entièrement autonomes. Les laisser organiser contractuellement leurs rapports. Et supprimer à Paris Centre l’accessoire pour organiser l’hospitalisation en Ile de France de manière rationnelle autour des territoires en prenant là aussi en compte les ensembles universitaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il n’est pas sûr qu’une volonté politique existe pour initier une telle réorganisation.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Palaiseau le 28 décembre</strong></p>
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		<title>Ave maria</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Aug 2010 06:21:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La fête de l&#8217;Assomption est probablement née à Jérusalem au 4ème siècle. Peut être lors de la consécration d’une église dédiée à Marie située entre Nazareth et Bethléem, plus vraisemblablement lors de la consécration d&#8217;une autre église à Gethsémani deux siècles plus tard. La fête fut étendue à tout l&#8217;Empire romain par l&#8217;empereur Maurice sous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-1514" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/08/15/ave-maria/ave-maria/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1514" title="ave maria" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/08/ave-maria.jpg" alt="ave maria" width="497" height="71" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">La fête de l&#8217;Assomption est probablement née à Jérusalem au 4ème siècle. Peut être lors de la consécration d’une église dédiée à Marie située entre Nazareth et Bethléem, plus vraisemblablement lors de la consécration d&#8217;une autre église à Gethsémani deux siècles plus tard.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/08/église.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-1515 alignleft" title="église" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/08/église-150x150.jpg" alt="église" width="150" height="150" /></a>La fête fut étendue à tout l&#8217;Empire romain par l&#8217;empereur Maurice sous le nom de « D<a href="http://www.youtube.com/watch?v=KB2zgiPLf3Y">ormition de la Vierge Marie </a>». Grégoire de Tours est le premier à en parler en France, à la fin du VIe  siècle. A partir de cette date, l’Eglise fera de Marie un produit d’appel. L’Assomption fut toujours célébrée le 15 août et sera instituée fête nationale par le roi Louis XIII jusqu&#8217;à la Révolution française. Comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, le 19 février 1806, Napoléon en fera la Saint Napoléon en l’honneur de sa naissance le 15 août 1769 à Ajaccio. Mais par le même décret elle redeviendra la fête de l&#8217;Assomption et deux ans plus tard, le 15 août 1808, il décrètera que les écoles doivent désormais suivre les « principes de l’Église catholique » et confie aux Frères des écoles chrétiennes l’enseignement primaire et la formation des instituteurs. C’est la République restaurée qui en fera un jour férié. Ca ne coûtait pas grand-chose puisqu’à la mi-août, « les noisettes ont le ventre roux »  et que « la vierge du mois d&#8217;août, arrange tout ou défait tout ».</p>
<p style="text-align: justify;">Contrairement aux croyances populaires, le 15 août n’a rien à voir avec la conceptrice de Jésus de Nazareth. Dans la vision étriquée des chrétiens du moyen âge, la mère de Jésus ne pouvait être que vierge lors de sa conception. Ce sont les évangiles qui expliquent comment : l’ange Gabriel annonça à une jeune vierge juive dans qu’elles conditions <a href="http://www.paperblog.fr/1163351/annonciation-ou-il-est-question-de-virginite-de-marie-et-d-accueillir-un-tanguy ">elle allait accueillir un Tanguy </a>. La question de foi repose donc sur la possibilité qu’un « <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/2009/04/22/et-pendant-ce-temps-la-l%e2%80%99obscurantisme-avance-ses-pions/  ">Intelligent Design </a>» ait pu provoquer la fécondation d’un ovule marial (il n’y a guère que quelques attardés du bas middle ouest qui croient encore à cette histoire de côte d’Adam). Mais malheureusement, pour les intégristes chrétiens de toute obédience, nous savons aujourd’hui que c’est <a href="http://www.sartoretti.org/display.php?id1=503">l’ovule qui choisit son spermatozoïde</a> et pas l’inverse. Sans compter qu’il est quasiment acquis que ce pieux sanctuaire, ce vase d’élection, ait probablement par la suite accueilli<a href="http://livre.fnac.com/a1670141/Jacques-Duquesne-Marie "> d’autres semences</a> . La virginité perpétuelle de Marie qu’affirment les Eglises catholique et orthodoxe serait donc un leurre. A moins que cette virginité ne soit qu’un concept ésotérique de plus.<span id="more-1500"></span><br />
S’il fallait relier le 15 août à une manifestation de la place éminente des femmes dans la société, il serait plus opportun de se rappeler que trente années environ avant la naissance de celui qui deviendra le Christ, un 15 août, Cléopâtre mettait fin à la dynastie ptolémaïque et à sa vie à 39 ans. Elle le fit pour échapper à l’avide Octave, le futur Auguste et premier empereur romain, fils adoptif de son ancien amour, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=B7xVPv1yqZI">le dictateur Jules César</a> , quelques jours après qu’Antoine, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=LuJAfM4WK8c ">son compagnon d’infortune</a> eut été battu à plate couture à <a href="http://www.youtube.com/watch?v=nZRvtOXj-dY ">la bataille d’Actium </a>. Sans doute sa conception des droits de la femme était elle éminemment aristocratique, mais il faudra attendre la fin du 19ème siècle pour que les suffragettes américaines obtiennent le droit de vote pour les femmes. Le premier état au monde à le leur accorder fut le Wyoming, état du Far West, en 1869, Il faudra toutefois attendre le 28 août 1920 pour que la Constitution américaine soit modifiée et autorise le vote des femmes de manière définitive sur tout le territoire.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-1520" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/08/15/ave-maria/suffragettes/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1520" title="suffragettes" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/08/suffragettes.jpg" alt="suffragettes" width="497" height="352" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les suffragettes anglaises, sous la houlette d’<a href="http://www.youtube.com/watch?v=PnUJWiN414w ">Emmeline Pankhurst </a>, l’obtiennent en 1928. La France toujours à la pointe du progrès ne suivit qu’après la deuxième guerre mondiale. D’ailleurs l’abbé Sieyès en 1789, classait les femmes, comme les enfants, dans la catégorie des citoyens passifs et le code Napoléon n’accordait aucun droit juridique aux femmes mariées.</p>
<p style="text-align: justify;">Après trois millénaires d’une civilisation brillante, l’Egypte va connaître six siècles d’occupations diverses puis l’arabisation forcée, le joug Ottoman, enfin le protectorat britannique en 1914 dont elle ne se libérera qu’en 1922. Même dans les pays les plus avancés, la situation de la femme est loin d’être arrivée à un point d’équilibre avec celle des hommes. Dans les pays de traditions catholique et orthodoxe, le culte marial n’y est sans doute pas étranger. Mais les autres religions monothéistes, à l’exception peut être de quelques succursales protestantes ne sont guères plus tendres avec les femmes, et de ce point de vue l’islam et le judaïsme n’ont pas grand-chose à envier à religion catholique.</p>
<p style="text-align: justify;">Il n’y eu pas de miracle du 15 août à Roncevaux (Orreaga en basque) en 778. Roland, conduisant l&#8217;arrière-garde de l&#8217;armée de Charlemagne qui venait de mettre à sac Pampelune y fut châtié par les Vascons. Il eut beau souffler dans son Oliphant, il mourut au combat.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-1521" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/08/15/ave-maria/val/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1521" title="val" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/08/val.jpg" alt="val" width="497" height="334" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Par contre 651 ans plus tard les troupes anglaises et françaises s’observèrent toute la journée dans des armures surchauffées par la canicule. Malgré les provocations et les insultes personne ne bougea. Miracle, la bataille de Montépilloy n’a pas eu lieu ! Il faut dire que la fougue des français avait été refroidie par la raclée de Crécy au siècle précédent. Le 15 août 1940 la royal air force infligeait ses premières <a href="http://www.dailymotion.com/video/xbt4kn_la-bataille-dangleterre-et-le-blitz_news">pertes sévères à la luftwaffe</a> , 5 ans plus tard l’empereur du Japon prononce le Gyokuon-hōsō  qui met <a href="http://www.youtube.com/watch?v=TFN592GESmo ">fin à la seconde guerre mondiale</a> .<br />
.<br />
André Isaac dit Pierre Dac l’inventeur du <a href="http://www.nogodtube.com/video/Pierre-Dac-et-le-Biglotron-2 ">biglotron</a> qui matraqua les collaborateurs depuis Londres pendant la dernière guerre mondiale est né le 15 août 1893 nous dégustâmes ses blagounettes jusqu’à <a href="http://phortail.org/blagues/dictons-0771.html ">ses derniers instants </a>. Dans un autre registre Régine Deforges née le 15 août 1935  fut tout autant insoumise au service de la cause des femmes et de leur droit au plaisir, <a href="http://video.voila.fr/video/iLyROoafMJ7-.html ">ni vierges ni martyres en somme </a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin c’est le 15 août 1057 que décède Macbeth Ier  roi d&#8217;Écosse non par le sang mais par le fait qu’il s’en était saisi après avoir fait assassiner le roi Duncan Ier 17 ans plus tôt. Macbeth qui nous valu une des plus fortes tragédies de Shakespeare mise en scène par Jean Vilar au TNP, en Avignon et dans<a href="http://www.ina.fr/audio/PHD99280313/macbeth.fr.html "> les plus fameux théâtres du monde</a>.  Macbeth, autre tragédie du couple ou, comme le disent les gnostiques, emblématique de ce monde qui ne sécrète que du mal.</p>
<p style="text-align: justify;">Saint Paul le 15 août 2010</p>
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		<title>Bye Bye</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Jul 2010 08:15:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 16 juin, jour de mes 68 ans, j’ai quitté l’équipe présidentielle de l’université Pierre et Marie Curie, son comité exécutif et la vice-présidence des relations internationales. La veille nous avions enterré sans tambour ni trompettes Paris Universitas. Trois jours plus tard Valérie Pécresse rendait les armes et signait le décret créant Sorbonne Universités. Louis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-1464" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/07/19/bye-bye/jussieu-3/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1464" title="Crédits photos : Thomas Claveirole - Flickr" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/07/Jussieu.bmp" alt="Jussieu" width="497" height="71" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le 16 juin, jour de mes 68 ans, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=FAwnKH7jCh4 ">j’ai quitté l’équipe présidentielle</a> de l’<a href="http://www.upmc.fr/">université Pierre et Marie Curie</a>, son comité exécutif et la vice-présidence des relations internationales. La veille <a href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/06/21/paris-universitas-requiem-in-pace-sorbonne-universitas-virtutes-cernuntur-in-agendo/ ">nous avions enterré</a> sans tambour ni trompettes Paris Universitas. Trois jours plus tard Valérie Pécresse rendait les armes et signait le décret créant Sorbonne Universités. Louis Vogel, qui sera le premier président de Sorbonne Université, m’a demandé d’être son conseiller. Bye bye donc Zamansky’s Tower and Good bye Panthéon. Des Catacombes de la soif au Cénotaphe de Pierre et de Marie Curie, en passant par la Sorbonne maison mère tout un programme !</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis arrivé au sein de l’équipe présidentielle de l’UPMC à la fin du mandat de Jean Claude Legrand, en 1995. Il venait de repousser les tentatives d’OPA sur les stations marines lancées par Claude Allègre. Pour contrer ces opérations, il créa le centre scientifique de la mer et initia une politique visant à leur développement. C’est également lui qui repoussa les appétits de l’Etat sur le centre des Cordeliers dénoncé par une mission de l’inspection générale de l’Education nationale comme « la maison de retraite des professeurs de médecine ». C’est lui qui engagea une politique de restauration d’un site qu’abandonnèrent lâchement les universités Paris 5 et Paris 7 parce qu’elles ne voulaient pas participer financièrement aux investissements nécessaires à sa remise en état. Cette politique fut poursuivie par Jean Lemerle tant en direction des stations marines des Cordeliers. Une fois la rénovation du site des Cordeliers bien engagée et sa transformation en centre de recherche reconnu, il redevint une proie désirable pour les hyènes germanopratines. De cette époque date le premier plan de parachèvement du Campus Jussieu. Ce plan proposait de transformer Cuvier en centre universitaire comportant un dispositif hôtelier pour l’accueil de visiteurs étrangers et une résidence étudiante[1].<span id="more-1462"></span></p>
<p style="text-align: justify;">C’est <a href="http://www.upmc.fr/fr/universite/histoire_et_personnalites/les_presidents_de_l_universite/jean_lemerle_1996_2001.html ">Jean Lemerle</a> qui m’intégra officiellement à la présidence en me donnant la responsabilité de la recherche dans les sciences de la vie et en médecine. Sous son mandat la grande mutation de la gouvernance a commencé à l’UPMC. Il avait recruté un cabinet conseil à cet effet et beaucoup de collègues, qui furent par la suite membre de mon équipe présidentielle puis de celle de mon successeur se sont rencontrées à cette occasion à un séminaire fameux en forêt de Chantilly. C’est de son mandat que datent l’annualisation budgétaire, une nouvelle approche des ressources humaines, les premiers plans de mise en sécurité des campus de l’UPMC et la création du directoire de la recherche. J’ai poursuivi ensuite cette politique avec la généralisation des directoires, la création des départements de formation[2] pour accompagner la réforme pédagogique et la mise en place du LMD, la fusion des UFR médicales et de mathématiques, la mise sur orbite de la faculté d’ingénierie, la création de PolyTech UPMC et de l’Institut de formation doctorale et enfin le lancement des centres de recherche. Jean Charles Pomerol a eu la difficile tâche d’appliquer la loi LRU tout en confortant les réformes de structure que nous avions initiées.</p>
<p style="text-align: justify;">Je lui suis reconnaissant de m’avoir donné la possibilité, à l’issu de mon mandat, de développer le secteur des relations internationales qui constitue un outil essentiel pour l’université. Faut il le rappeler, plus de 30% des étudiants en master et près de 40% des thésards de l’UPMC sont des étudiants étrangers. Cette tendance lourde est celle de toutes les universités intensives en recherche du monde et devrait encore s’accroître dans les prochaines années. Par ailleurs, toutes les études sur le sujet montrent que l’emploi hautement qualifié, en particulier l’emploi scientifique se situe maintenant sur un marché mondial. Nous ne devons pas être effrayés que, faute de débouchés satisfaisants en France dans certaines disciplines, nos diplômés trouvent des emplois, en Europe d’abord, mais aussi partout dans le monde. D’une certaine façon, la France est devenue une terre d’émigration scientifique. De la même façon, l’origine des étudiants étrangers qui souhaitent étudier chez nous se diversifie. Majoritaires il y a dix ans, les étudiants provenant de nos anciennes colonies sont maintenant minoritaires.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous devons faire face à cette évolution de deux façons, d’une part en augmentant très sensiblement la mobilité académique des étudiants et de nos collègues (c’est ce que l’UPMC a commencé à faire avec les programmes internationaux de licence et de masters et les doubles cursus), d’autre part en adaptant nos cycles de formation en conséquence. Il est certain que le français doit rester la langue d’instruction du cycle licence, mais le programme « français langue étrangère » doit être adapté aux besoins des étudiants étrangers désirant faire tout ou partie de leurs études en France. Par contre, il est devenu indispensable que, partout où cela est possible, l’enseignement des masters soit délivré en anglais qui est de facto la « lingua franca » scientifique de quasiment tous les pays aux monde. Ce sera la meilleure façon de positionner l’UPMC dans le concert des universités mondiales et de conserver à la France une place éminente dans les formations supérieures. D’ailleurs cela donnera aussi aux étudiants français l’aisance qui nous a souvent manquée dans le passé. Je sais que notre communauté universitaire devra faire un effort important pour y arriver, mais l’enjeu en vaut la chandelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Au moment où la génération qui a fait son apprentissage de la gouvernance universitaire dans les soubresauts de Mai 68 et des années qui ont suivi va faire valoir ses droits à la retraite, je mesure toute l’ampleur du travail accompli ces quinze dernières années à l’université Pierre et Marie Curie. D’une université jalousée, en bute aux prédateurs multiples, nous avons fait une université respectée voire enviée au sein de laquelle la mixité intellectuelle et sociale commence à prendre corps. L’UPMC doit maintenant réussir son autonomie, maîtriser son patrimoine et conforter sa position internationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne peux que souhaiter à la génération qui va prendre en main les rênes de l’université, qu’elle soit en capacité d’amplifier cette évolution. Rien n’est jamais acquis à l’homme <a href="http://www.youtube.com/watch?v=TQxkjzYSlRg ">dit le poète</a>. Certes, mais rien n’est interdit non plus. Tout n’a pas été parfait dans notre action, il lui reste donc des marges de progression. Ce sera sa tâche de mettre en place une administration qui ne reproduise pas la bureaucratie de l’Etat et respecte la prépondérance académique dans les domaines de l’enseignement, de la recherche et de la valorisation. Cela implique la création d’un véritable contrôle de gestion indépendant de l’administration de l’UPMC et de celle de l’Etat, sur lequel le comité exécutif puisse s’appuyer pour prendre ses décisions, la généralisation d’une pratique budgétaire incluant la maîtrise des ressources humaines doit être strictement encadrée par le comité exécutif et le conseil d’administration et il faudra rompre ses liens avec la direction des finances. Enfin la mise en place d’une direction générale du patrimoine est une nécessité absolue dans la perspective de la dévolution des biens immobiliers. Je souhaite aussi qu’elle réussisse la refondation d’une université globale au Quartier latin engagée par Sorbonne Université. Désormais ce sera son affaire et je suis persuadé qu’elle y réussira.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Savoir n’est rien, imaginer est tout&nbsp;&raquo; disait Anatole France. Plus que jamais dans les contorsions d’un monde qui se cherche, l’imagination devra être la ligne de conduite de la future direction face au formalisme et au mirage des idées convenues.</p>
<p style="text-align: justify;">Paris le 19 juillet 2010</p>
<p style="text-align: justify;">[1] <em>J’ai décrit cet épisode dans mon livre </em>Quand l’université s’éveille tout devient possible.</p>
<p style="text-align: justify;">[2] <em>Ils furent dotés de directeurs ayant les mêmes pouvoirs que les directeurs des grands laboratoires (en particulier des délégations de gestion d’un budget fixé par le conseil d’administration de l’université)</em></p>
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		<title>Joyeux anniversaire !</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Jun 2010 13:53:07 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le 16 juin 2010 on célèbrera l’anniversaire de la déculottée la plus cuisante subie par l’armée française depuis celle de Crécy en 1346, lorsque sa chevalerie fut décimée par les anglais[1]. En moins d’un siècle, ce fut la troisième défaite face à nos cousins germaniques, pourtant issus comme nous de l’empire que Carolus Magnus, roi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-1370" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/06/14/joyeux-anniversaire/le-sacre-de-charlemagne-2/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1370" title="Le sacre de Charlemagne" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/06/Le-sacre-de-Charlemagne1.bmp" alt="Le sacre de Charlemagne" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Le 16 juin 2010 on célèbrera l’anniversaire de la déculottée la plus cuisante subie par l’armée française depuis celle de <a href="http://www.youtube.com/watch?v=8aNf1mQQ7_4 ">Crécy en 1346</a>, lorsque sa chevalerie fut décimée par les anglais[1]. En moins d’un siècle, ce fut la troisième défaite face à nos cousins germaniques, pourtant issus comme nous de l’<a href="http://www.dailymotion.com/video/x2rv3p_france-gall-sacre-charlemagne_music ">empire que Carolus Magnus</a>, roi des Francs, avait fondé plus d’un millénaire auparavant.<a rel="attachment wp-att-1364" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/06/14/joyeux-anniversaire/le-sacre-de-charlemagne/"><br />
</a><br />
Du 10 mai au 22 juin 1940, date de la signature dans la clairière de Rethondes en forêt de Compiègne de la honteuse convention d’armistice  par le général Huntziger[2] accompagné du général d&#8217;aviation  Bergeret[3], du vice-amiral Le Luc[4] et de l&#8217;ambassadeur Léon Noël[5], 100 000 soldats français sont tués. C’est certes moins que les 250 000 morts en deux mois du début de la Grande Guerre que l’on peut porter à l’actif de <a href="http://andrebourgeois.fr/joffre.htm">l’âne polytechnicien qui commandait des lions</a> mais autant que les 100 000 soldats français tués entre juillet et septembre 1970.</p>
<p style="text-align: justify;">On a gaussé sur la disproportion des forces en présence. En réalité l’Allemagne ne possède pas une supériorité évidente si l’on compare les effectifs des armées respectives à la veille de la déclaration de guerre :</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-1365" href="http://www.gilbertbereziat.fr/2010/06/14/joyeux-anniversaire/joyeux-anniversaire/"><img class="aligncenter size-full wp-image-1365" title="Joyeux anniversaire" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/06/Joyeux-anniversaire.bmp" alt="Joyeux anniversaire" width="497" height="126" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">En 1940 Le grand quartier général français draine des moyens humains considérables puisque 1770 personnes travaillent au sein de cet organisme à la fin du mois d&#8217;octobre 1939, dont près de 500 officiers. Si on ajoute le personnel des éléments rattachés au grand quartier général, on arrive, à cette même date, à un total de près de 6500 personnes, dont environ 760 officiers. <span id="more-1363"></span>Par contre, c’est une tout autre affaire si l’on examine l’état d’esprit des belligérants. Selon beaucoup d’historiens, l&#8217;un est revanchard, formant sa jeunesse aux nouvelles technologies, formant des cadres polyvalents, misant sur des armes et des doctrines nouvelles et offensives, l’autre vivant dans la hantise du cauchemar de la guerre précédente, se reposant sur des lauriers certes durement gagnés mais par les poilus.</p>
<p style="text-align: justify;">En réalité, il a toujours eu un décalage entre les français, égocentriques et individualistes et le reste du monde. L’exception française ne date pas d’aujourd’hui, elle remonte aux soldats de l’an II, pour sympathique qu’elle soit, elle n’en reste pas moins anachronique et inadaptée au monde moderne du fait de l’ossification impériale napoléonienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 6 août 1870, à deux reprises, près du <a href="http://www.youtube.com/watch?v=eCPciKfI9Pc ">village de Reichshoffen</a>, les cuirassiers à cheval chargent sabre au clair dans les houblonnières. Empêtrés dans les piquets et les fils de fer, hommes et chevaux se font massacrer. En 1914, Les uniformes portés par les soldats français ressemblent à ceux portés lors de la guerre de 1870 avec le fameux pantalon garance. Il est porté non seulement par tradition, mais aussi pour être vu de loin par l’artillerie, et donc pour éviter les pertes par les tirs amis (les tirs ennemis, bien sûr, ne comptent pas !) Il faut attendre 1915 pour que soit distribué l&#8217;uniforme bleu horizon. En 1940, méprisant les chars, on s’enterre dans <a href="http://www.youtube.com/watch?v=HPgJuaLbqRs&amp;feature=related ">la ligne Maginot</a>, la <a href="http://www.dailymotion.com/video/x2zv0c_bataille-de-france-2_tech ">bataille de France sera perdue</a> en moins de deux mois.</p>
<p style="text-align: justify;">Les choses ont progressé depuis Crécy où, sur 4 000 morts français (encore ne l’étaient-ils pas tous selon les critères du sinistre Besson[6]) on relevait 1 500 chevaliers ; sur 130 000 soldats morts, 2359 officiers périrent en 1870 ; du mois d&#8217;août 1914 à novembre 1918, 1 500 000 soldats ont été tués, parmi eux 40 000 officiers dont 41 généraux ; en 1940 il y eu que 250 000 soldats tués, parmi eux 13 généraux[7] (l’un d’entre eux, le Général Billotte, le fut dans un accident de la circulation). En 1940 aucun ne sortait de polytechnique et pour cause, depuis la grande guerre, les polytechniciens n’étaient plus intéressés par la carrière militaire jugée sans doute trop dangereuse[8]. C’est ce que l’on appelle la démocratisation de la guerre. Dans un remarquable opuscule, « <em>la statue intérieure</em> », <a href="http://livre.fnac.com/a184997/Francois-Jacob-La-Statue-interieure ">François Jacob constate</a> : « <em>En 14-18, la mort emportait les hommes au hasard, sans aucun lien avec leur qualité, leur valeur. En 40-44, il y avait eu sélection. Ceux qui étaient tombés, c’étaient les meilleurs. Les plus résolus. Les volontaires de la Résistance ou de la France Libre. </em>» Plus encore qu’au cours de la première guerre mondiale, ce sont les civils qui vont trinquer, les pertes civiles surpassèrent les pertes militaires, <a href="http://juin1940.free.fr/exode.htm ">une jeune française de retour chez elle après la débâcle constate</a> : «<em> l&#8217;épicerie avait été mise à sac, livrée au pillage pendant trois jours et vandalisée. Tout ce qui n&#8217;avait pas pu être volé avait été détruit ou souillé par les réfugiés et les fuyards. Il ne nous restait plus rien : toutes les marchandises avaient disparu. Il a fallu vendre ma bicyclette pour reconstituer une petite partie du stock de l&#8217;épicerie. L&#8217;exode a été pour moi une expérience terrible. C&#8217;était l&#8217;été de mes vingt ans</em> ». Mais le pire, comme le raconte François Jacob était à venir lors du retour des déportés, « <em>De ceux qui étaient revenus des camps de la mort. Squelettes de peau parcheminée qui dépassaient des loques rayées. Avec les récits de l’horreur. Pire que tout ce qu’on avait pu craindre, tout ce qu’on avait pu imaginer. La révélation d’un monde où, à chaque instant, l’impossible devenait possible. Sorte de cauchemar inversé où le réveil, loin d’éloigner l’angoisse, rendait au malheur toute son acuité, replongeait dans l’enfer. Et l’enfer, ce n’était pas seulement la faim, les poux, le typhus, les plaies, les coups, la folie, les cadavres, l’horrible odeur de la fumée qui montait des crématoires. C’était, plus encore, l’organisation de l’avilissement, la machine à humilier, à briser l’humain, à le contraindre à se mépriser lui-même </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">Il serait un peu court de ne voir dans la défaite de 1940 qu’une faille dans l’organisation militaire. En réalité dès 1870 la méritocratie française est à l’œuvre, la France n&#8217;est en mesure de mobiliser que 265 000 hommes, sur un front de 250 kilomètres, de Thionville à Bâle. De leur côté, la Prusse et ses alliés d&#8217;Allemagne du Sud en alignent immédiatement 600 000 grâce à une organisation bien rodée et à un réseau ferroviaire très dense. Bismarck est bien informé des réalités de l’armée française, vieillissante, mal préparée à une guerre européenne, démoralisée par le désastre de l’expédition mexicaine. Ses soldats sont mal équipés, chefs de peu de valeur incapables de positionner correctement les troupes. Bazaine le pleutre nommé commandant en chef de l&#8217;armée du Rhin, s&#8217;efforce de se replier. Cependant, alors que s&#8217;offre à lui l&#8217;occasion de détruire plusieurs corps de l&#8217;armée prussienne il décide, à l&#8217;étonnement général de son Etat Major, de replier son armée de 180 000 hommes à Metz, se coupant ainsi du reste de la France et donc de ses réserves. Il négocie avec les Allemands « <em>pour sauver la France d&#8217;elle-même </em>», c&#8217;est-à-dire de la poussée républicaine, voire révolutionnaire et capitule le 22 octobre. Un conseil de guerre, le condamne à la peine de mort avec dégradation militaire pour avoir capitulé avant d&#8217;avoir épuisé tous les moyens de défense dont il disposait. Sa peine est commuée en 20 années de prison, sans cérémonie de dégradation, par le nouveau maréchal-président Mac-Mahon, qui lui-même avait été battu à Sedan. Il s’échappe de captivité l’année suivante (avec quelles complicités ?).</p>
<p style="text-align: justify;">Déjà le décalage technologique est à l’œuvre. La supériorité allemande vient de l&#8217;utilisation d&#8217;obus percutants plutôt que fusants. L’obus percutant, en 1970, s&#8217;enfonce dans la terre meuble et fait fougasse sans grands dégâts. L’obus fusant à shrapnel était dangereux dans un rayon de 100 mètres. L’infériorité vient aussi, du mode d&#8217;emploi de l’artillerie. Pas de grande batterie du côté français, duels d’artillerie avec pour seul résultat d&#8217;attirer sur elle une concentration des batteries adverses. En 1914, la doctrine française de l’offensive s’appuyait sur les canons à tir rapide de 75, qui accompagnaient l’infanterie pour réduire les troupes adverses avant l’assaut. En 1914, ce sont les canons lourds qui manquaient. En 1940 ce furent les avions et dans les deux cas ce n’était pas faute d’avoir des généraux. L’Etat major était composé de chefs âgés, proposait des programmes d&#8217;armement peu ambitieux, et une doctrine basée principalement sur la défense et sur le bon vieux « ils ne passeront pas », comme en 1970 lorsque, <a href="http://www.military-photos.com/leboeuf.htm ">le général Le Bœuf</a>, polytechnicien, déclarait : nous sommes prêts, archi prêts, il ne manque pas un bouton de guêtre.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant les avertissements n’avaient pas manqué, En 1938, Paul Louis Théodore Benazet ancien sénateur et député de l’Indre déplorait l’impréparation de l’armée française <a href="http://realite-histoire.over-blog.com/article-34511940.html ">face au réarmement allemand</a> : « <em>La faute capitale de nos services, et des gouvernements qui s&#8217;en sont trop paresseusement remis à eux, est de n&#8217;avoir pas compris la gravité de ce nouveau rapport des forces, et de s&#8217;imaginer qu&#8217;il sera possible de s&#8217;en tirer, comme en 1914, et au même prix, en opposant des pièces de 75 à des pièces d&#8217;artillerie lourde, ou des fusils à des mitrailleuses. Je répète qu&#8217;il s&#8217;agit ici d&#8217;une situation sans précédent. Ce serait faire preuve d&#8217;une incroyable légèreté que de ne pas construire les matériels de défense appropriés aux conditions nouvelles de combat, et cela avec une rapidité telle que l&#8217;adversaire ne puisse encore donner à ses moyens d&#8217;attaque une supériorité nouvelle.</em> » Et il poursuivait concernant l’aviation que, malgré les programmes lancés par Pierre Cot ministre de l’air du front populaire, « <em>Au moment où les aviations étrangères avaient des programmes et construisaient des prototypes qui leur permirent les réalisations de 1936 et 1937 (l&#8217;Allemagne gagnant le record du monde de vitesse avec 611 km/h!) nous nous enfermions dans des conceptions absolument différentes. Nos programmes de 1933, ne faisaient état d&#8217;aucun des progrès techniques incorporés dans le Douglas DC-2 et dans le Heinkel-70. On se bornait à placer des moteurs relativement puissants sur des cellules d&#8217;un type déjà périmé !</em> »</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;exercice organisé par le Général Gaston Prételat (commandant la IIème armée) en mai-juin 1938 montrait que l&#8217;armée allemande pouvait traverser le Luxembourg, l&#8217;Ardenne belge, franchir la Meuse et parvenir à Stonne en quatre jours. Mais le Généralissime Gamelin n’y croyait pas. Il reprocha à Prételat d’avoir surestimé les possibilités ennemies, d’avoir prêté au haut commandement allemand une façon d’agir singulièrement audacieuse et d’avoir voulu jouer le pire. Mais Prételat, commandant en chef du secteur de Sedan en 1940, subira tout ce qu’il avait prévu. Comme lors de l’offensive prussienne en 1870, la percée de Sedan en 1940 fut décisive pour la défaite de l’armée française.</p>
<p style="text-align: justify;">Fréderic Salat-Baroux, ancien secrétaire général à la présidence de Jacques Chirac, montre dans un livre récent que Pétain et ceux qui le conseillèrent avaient d’abord un projet politique, abattre la République. Ce sera fait à Vichy, le 10 juillet 1940. À Liberté, Égalité, Fraternité succède Travail, Famille, Patrie, <a href="http://www.decitre.fr/livres/De-Gaulle-Petain.aspx/9782221114438 ">nouvelle devise de « <em>l&#8217;État français</em> »</a>. Un groupe de chercheurs a entrepris récemment de reconstruire l’histoire pour tester la suite des évènements si la France avait décidé de poursuivre la guerre. Le point majeur de l’hypothèse est le remplacement, à l&#8217;instigation de De Gaulle, de Weygand par Huntziger le 10 juin et la décision du <a href="http://www.1940lafrancecontinue.org ">repli en Afrique du Nord</a>. Le 13 juin Pétain est arrêté. Une variante est <a href="http://www.liberation.fr/culture/0109639129-si-petain-etait-mort-en-1940 ">donnée par Libération </a>: « <em>Victime d’une «attaque» dans la nuit du 12 au 13 juin 1940, le maréchal Pétain est mort le 7 septembre 1940, à l’hôpital parisien de la Salpêtrière, sans jamais avoir retrouvé ses fonctions cérébrales normales. Ainsi, le vainqueur de Verdun n’a pas pu voir la France continuer la guerre contre l’Allemagne et l’Italie, aux côtés du Royaume-Uni. Il n’a pu que comprendre sa propre défaite politique</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le journal Sud Ouest présente <a href="http://www.sudouest.fr/2010/06/04/c-est-la-fete-a-la-ba-106-108794-2780.php ">une réalité plus cruelle</a> : « <em>le 16 juin 1940, De Gaulle est à Londres. Churchill lui communique une proposition dingue : fusionner les deux pays (Angleterre et France) pour n&#8217;en faire qu&#8217;un seul. Il est chargé d&#8217;en informer le gouvernement français, installé à Bordeaux. Le 16 au soir, il quitte la capitale anglaise à bord de l&#8217;avion personnel de Churchill pour convaincre le gouvernement français de signer l&#8217;accord de fusion à Concarneau. Il ne sait pas que Paul Reynaud, président du Conseil, vient de démissionner. Pétain a pris la main. De Gaulle atterrit à Mérignac en soirée. À peine descendu, on l&#8217;informe du départ de Reynaud. Le plan de Churchill tombe à l&#8217;eau. Rue Vital-Carles, l&#8217;atmosphère est étouffante. Le 17 au matin, une Citroën sombre fonce vers l&#8217;aéroport. À son bord, Charles de Gaulle. Le site est un foutoir sans nom, un horizon peuplé de centaines d&#8217;avions. Le général regagne les brumes britanniques </em>». Il y arrive tout nu, seule une poignée d’officiers le suivront en juin : le lieutenant Edouard Pinot, les capitaines Georges Goumin et Pierre Koenig, les commandants François Drogou et Diego Charles Brosset, le colonel Edgar de Larminat, l’amiral Muselier, et le lieutenant colonel Raoul Magrin Vernerey. Il faudra attendre le mois d’août pour que le général (Paul Legenthilomme) et l’amiral Philippe Auboyneau rejoignent la France Libre puis le 17 septembre pour voir arriver à Londres le premier « gros poisson », le général Georges Catroux. Quelques généraux entrèrent rapidement dans la résistance, François d’Astier de la Vigerie, Eugène Delestrain, mais la plupart des généraux français lorsqu’ils ne furent pas prisonniers choisirent l’attentisme, une forte minorité se rallièrent à Pétain pour ne le lâcher que lorsque le vent commença à tourner.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce ne fut guère plus brillant du côté des hommes politiques, le 10 juillet 569 parlementaires des deux chambres (élus pour les députés en 1936 : majorité de front populaire) votent les pleins pouvoirs à Pétain (61%), <a href="http://mjp.univ-perp.fr/france/80.htm ">80 votent contre</a> (9%, pratiquement tous de gauche), 20 s’abstiennent (2%), 27 sont sur mer en route vers le Maroc (3%), 149 sont absents (16%), 17 sont décédés et 61 communistes et apparentés ont été déchus de leur mandat (7%). La droite républicaine et la gauche radicale ont fait faillite, elles suivront l’exemple des généraux. Bien peu nombreux furent les membres de la méritocratie qui rejoignirent Londres ou choisirent la résistance. Beaucoup firent comme les généraux, ils se terrèrent.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques individualités se complairont dans l’ignominie, au premier chef Pierre Laval scientifique et juriste ancien socialiste attiré par l’appât du gain. Mais aussi Paul Marion, ancien communiste passé de la SFIO au PPF de Jacques Doriot, lui-même ancien communiste, secrétaire général à l’information et à la propagande[9], Raphaël Alibert, juriste, signataire du statut des Juifs d&#8217;octobre 1940, Xavier Vallat, commissaire aux questions juives, René Belin ancien syndicaliste CGT ministre du travail, Pierre Pucheux, normalien secrétaire d&#8217;État à la Production industrielle puis secrétaire d&#8217;État à l&#8217;Intérieur, François Lehideux formé à Sciences Po, délégué à l&#8217;Équipement national, puis secrétaire d&#8217;État à la Production industrielle, René Bousquet, juriste, secrétaire général à la police avec délégation générale et permanente de signature du chef du gouvernement. Et tant d’autres, Philippe Henriot journaliste, Marcel Déat normalien, ancien socialiste termine sa carrière politique à Sigmaringen comme ministre du Travail et de la Solidarité nationale, Aimé-Joseph Darnand, autodidacte, membre honoraire de la SS qui fonda la milice, Déat et Deloncle (polytechnicien) qui formèrent avec Doriot la « <em>légion des volontaires français </em>» contre le bolchevisme, transformée en <a href="http://www.dailymotion.com/video/x8irx0_entretien-avec-un-ancien-ss-divisio_news ">division charlemagne</a> de la Waffen SS. Et de nombreux autres encore, moins voyants, les Paul Baudouin et Denis Jean Bichelonne majors de polytechnique, Georges Bonnet avocat, Eugène Bridoux officier de cavalerie, Henry du Moulin de Labarthète inspecteur des finances, Fernand de Brigon avocat  ou encore l’ignoble Darquier de Pellepoix. Le docteur Pierre Maurer, engagé volontaire dans la Brigade Frankreich qui prêta serment de fidélité à Adolf Hitler devint par la suite doyen de la faculté Cochin sans rien renier de son passé !</p>
<p style="text-align: justify;">En regardant pour la nième fois Fanfan la Tulipe de Christian-jaque la semaine dernière je ne pus m’empêcher de penser à De Gaulle. La métaphore est osée me diront certains car la deuxième guerre mondiale ne fut pas un remake de la « <em>guerre en dentelles </em>» et le De Gaulle de 1940 n’avait certes pas la jeunesse de Gérard Philippe. Mais il en avait la fraîcheur et partageait avec lui une blessure profonde car le père de Gérard Philippe, engagé dans la résistance, collabora avec Vichy dont le maître avait été l’un des mentors de Charles de Gaulle. L’un partit en Exil et revint à Paris en 1968 sans avoir revu son fils et l’autre mourut à l’île d’Yeu gracié par De Gaulle.</p>
<p style="text-align: justify;">On nous rabat ces jours-ci les oreilles d’une nouvelle approche de la défaite de 1940, ce révisionnisme là n’est pas plus acceptable que l’autre. Cette aptitude à regarder l’histoire passée en faisant fi de l’état de la société du temps me parait suspecte, car il ne s’agit pas de trancher sur qui des résistants, des pétainistes ou des militaires avait raison en 1940. Encore moins de réévaluer l’ampleur de la défaite. Mais de comprendre pourquoi la démocratie française a laissé s’instaurer une situation dont l’issue fut inéluctable. Et d’en tirer des enseignements pour le futur.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus que les expériences réussies qui confortent une hypothèse et parfois créent le dogme, ce sont les expériences ratées qui sont la principale source de l’avancée des connaissances scientifiques. Aujourd’hui l’Europe est face à une crise dont elle ne pourra sortir durablement qu’unie. Que ceux qui, prompts à juger intolérables les positions allemandes, appellent de leur vœux sa dislocation ou, pire, son immobilisme y réfléchissent bien à deux fois. Belgique, Autriche, Danemark, Hollande, Hongrie, Pologne, Italie, France… rappelons nous Brecht et <a href="http://www.youtube.com/watch?v=prOTkzPe1sQ&amp;feature=related">l’irrésistible ascension d’Arturo Ui</a> :</p>
<p style="text-align: justify;">« <em>Vous, apprenez à voir, plutôt que de reste</em><em>r<br />
Les yeux ronds. Agissez au lieu de bavarder.<br />
Voilà ce qui aurait pour un peu dominé le monde !<br />
Les peuples en ont eu raison, mais il ne faut<br />
Pas nous chanter victoire, il est encore trop tôt :<br />
Le ventre est encore fécond, d&#8217;où à surgi la bête immonde </em>».</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Palaiseau  le 13  juin 2010</p>
<p style="text-align: justify;">[1]<em> 1 500 chevaliers français y laissèrent leur vie contre moins de 100 morts côté anglais.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[2]<em> Huntziger subit le 13 mai la percée de Sedan à la tête de la 2e armée. Ses réactions inappropriées et son absence d&#8217;initiative facilitèrent grandement l&#8217;offensive allemande. Il siègera ensuite à la commission d&#8217;application de la convention d’armistice à Wiesbaden. Sa mort prématurée lui évitera quelques ennuis à la libération.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[3]<em> Secrétaire de l&#8217;Air dans le gouvernement de Vichy jusqu’au 19 avril 1942.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[4]<em> Commandant des forces maritimes de Vichy jusqu&#8217;à début avril 1943</em></p>
<p style="text-align: justify;">[5]<em> Léon Noël refusera de la contresigner et s’engagera par la suite dans la résistance.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[6] <em>Il y avait plus d’un quart de Génois.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[7]<em> Ardant du Picq, Général de division<br />
Raoul Augereau Général de Brigade<br />
Paul Barbe Général de Division<br />
Gaston Henri Gustave Billote, Général de corps d’armée<br />
André Berniquet Général de division<br />
Jean Bouffet  Général de corps d’armée<br />
André Caille Général de brigade<br />
Maurice de Courson de la Ville neuve général de brigade<br />
Marcel Deslaurens Général de brigade<br />
Alain d’Humières Général de brigade<br />
Louis Janssen Général de division<br />
Jean Lartigues Contre amiral<br />
Olivier Thierry d’Argeneau général de brigade</em></p>
<p style="text-align: justify;">[8]<em> Pendant la Grande Guerre, on comptait 10 polytechniciens à des postes de commandement opérationnels Ferdinand Foch (IXème armée), Joseph Joffre (commandant en chef des opérations), Michel Joseph Maunoury (VIème armée), Henry Putz (VIIème armée,) Louis Auguste Camille Bernard (général de brigade), Georges Nivelle dit « le boucher » (IIème armée) qui s’illustra par l’échec de l’offensive du chemin des dames (350 000 morts et blessés) et Alfred Dreyfus qui ne fut que lieutenant colonel.  Le général Pierre Héring, gouverneur militaire de Paris déclara Paris ville ouverte le 14 juin et passa le reste de sa vie à défendre la mémoire de Pétain.</em></p>
<p style="text-align: justify;">[9] <em>Il suivit Pétain jusqu’à Singmaringen.</em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><br />
</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Décidément Valérie Pécresse est têtue</title>
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		<pubDate>Fri, 14 May 2010 13:42:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Bernard Larrouturou]]></category>
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		<description><![CDATA[Je finis mon périple à Singapour où la ministre m’a précédé il y a quelques mois sans y laisser un souvenir impérissable. En contemplant Biopolis et son articulation avec les deux universités phares de la ville Etat on comprend tout le retard français englué dans sa bureaucratie. En sept années s’est construit ici un complexe [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a rel="attachment wp-att-1290" href="http://www.gilbertbereziat.fr/?attachment_id=1290"><img class="aligncenter size-full wp-image-1290" title="ruban" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/05/ruban.jpg" alt="ruban" width="490" height="70" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Je finis mon périple à Singapour où la ministre m’a précédé il y a quelques mois sans y laisser un souvenir impérissable. En contemplant <a href="http://www.youtube.com/watch?v=lJbpLWmAzxI ">Biopolis</a> et son articulation avec les deux universités phares de la ville Etat on comprend tout le retard français englué dans sa bureaucratie.</p>
<p style="text-align: justify;">En sept années s’est construit ici un complexe de recherche en bioingénierie alors qu’en plus de dix ans un tiers seulement du campus Jussieu est rénové ! Et que depuis quatre ans, de LRU en plan campus et maintenant grand emprunt, les universités françaises intensives en recherche attendent encore l’argent promis. Avant de reprendre l’avion pour Paris le vendredi, j’apprends que la potion du bon docteur Fillon qui n’a rien de magique a été prescrite et qu’elle n’épargnera pas les opérateurs publics que sont les universités. Le lundi j’assiste à un discours de Valérie Pécresse qui s’est invitée à Jussieu.<span id="more-1281"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>“Humanum fuit errare, diabolicum est per animositatem in errore manere”</em>, visiblement, et bien qu’elle ait été élevée dans des écoles catholiques réputées, notre ministre n’a pas dans sa jeunesse été mise en contact avec les bonnes feuilles d’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin_d%27Hippone">Augustin d’Hippone</a>. Et son éducation supérieure n’a pu combler ce hiatus. Il faut dire que HEC n’est pas le temple de la culture latine.</p>
<p style="text-align: justify;">Les sous-préfets vont volontiers aux champs, Valérie Pécresse aime Jussieu. Il est vrai que chez nous il y a toujours quelque chose à célébrer : médailles olympiques, remise de la tour et aujourd’hui remise des clés du secteur ouest (partie du gril Jussieu située le long de la rue des fossés Saint Bernard).</p>
<p style="text-align: justify;">Dûment chapitrée par le Recteur elle est bien obligée d’y évoquer du bout des lèvres l’alliance entre Panthéon Assas, Paris Sorbonne et Pierre et Marie Curie. Mais <a href="http://www.sorbonne-universites.fr/">Sorbonne Université</a> reste tabou tellement elle tremble devant le germanopratin. Par ailleurs elle n’en démord pas de son Larrouturou lou lou, encore que son nom n’ait été prononcé qu’une fois et de manière cursive, et persiste à vouloir regrouper toute l’UPMC sur le campus Jussieu. Mais ne vous en déplaise chère madame, jamais les médecins de l’UPMC n’abandonneront le site des Cordeliers que leur université a sauvé grâce à ses économies de la sénescence médicale et de la rapacité de la haute administration. Cette insistance à vouloir nous cantonner en bas de la montagne est suspecte. Ce n’est pas ainsi que l’on traite la plus importante université de son pays. <span class="wpGallery">Chulalonkorn à Bangkok</span>, Universiti malaya à Kuala Lumpur et la National Université de Singapour
<a href='http://www.gilbertbereziat.fr/2010/05/14/decidement-valerie-pecresse-est-tetue/chulalonkorn-a-bangkok/' title='chulalonkorn à Bangkok'><img width="150" height="150" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/05/chulalonkorn-à-Bangkok-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="chulalonkorn à Bangkok" title="chulalonkorn à Bangkok" /></a>
<a href='http://www.gilbertbereziat.fr/2010/05/14/decidement-valerie-pecresse-est-tetue/universiti-malaya-a-kuala-lumpur/' title='Universiti malaya à Kuala Lumpur'><img width="150" height="150" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/05/Universiti-malaya-à-Kuala-Lumpur-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="Universiti malaya à Kuala Lumpur" title="Universiti malaya à Kuala Lumpur" /></a>
<a href='http://www.gilbertbereziat.fr/2010/05/14/decidement-valerie-pecresse-est-tetue/national-universite-de-singapour/' title='National Université de Singapour'><img width="150" height="150" src="http://www.gilbertbereziat.fr/wp-content/uploads/2010/05/National-Université-de-Singapour--150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="National Université de Singapour" title="National Université de Singapour" /></a>
</p>
<p style="text-align: justify;">que je viens de visiter dans mon trip asiatique disposent chacune de campus de plus de 200 hectares au cœur des capitales. Et elle nous chipote 10 000 m2 !</p>
<p style="text-align: justify;">Lors de cette manifestation qui, n’en doutons pas, fera date, l’ingénieur des ponts et chaussés (ça ne s’invente pas) qui dirige l’Etablissement Public du Campus Jussieu (Zul pour les intimes) a tenté d’expliquer comment un chantier commencé en 2003 et qui aurait dû se terminer en 2006 aboutissait en 2010 en laissant d’ailleurs une enclave non rénovée car le spécialiste du refroidissement climatique et ses sbires avaient refusé de déménager tant que l’on leur aurait pas fait une niche écologique pour qu’ils puissent exercer leur besogne en toute impunité. Basta, que compte la piétaille des 20 000 étudiants scientifiques de l’UPMC face aux lucioles volcaniques !</p>
<p style="text-align: justify;">Nous avons failli mourir de rire quand le même Zul nous a expliqué que tout serait fini dans 4 années. Mourir de rire certes mais jaune car cette annonce exclue de toutes les façons la restauration des barres de Cassan (situées le long de la Seine et du jardin des plantes) et le parachèvement du campus là ou fleurissent les baraquements transitoires de l’EPCJ et des entreprises de BTP. Pour faire bonne mesure, le lendemain Zul laissait fuiter dans la presse un projet de décret transformant l’EPCJ en Etablissement public d’aménagement de la région Ile-de-France. Bref en France, moins une institution est efficiente et plus il est urgent de la pérenniser. Au moment où la rigueur va s’abattre sur le pays comme la vérole sur le bas clergé, il est évidemment urgent de préserver ce magnifique outil de « l’esprit français » qu’est le tonneau des danaïdes de l’EPCJ. Ce qui permettra au passage de détourner les crédits prévus pour Jussieu à d’autres usages.</p>
<p style="text-align: justify;">Valérie Pécresse a déclaré à cette occasion qu’elle souhaitait signer avant l’été avec l’UPMC la convention de dévolution des biens immobiliers. Chiche ! Mais, en tenant les engagements financiers prévus par la loi et sans nous amputer de nos biens qui sont notre seule richesse au moment où les caisses de l’Etat sont vides. Puis-je lui suggérer aussi de nous transférer aussi l’EPCJ avec sa soulte, nous saurons lui faire respecter les délais en temps et heures et cela reviendra moins cher au pays.</p>
<p style="text-align: justify;">Paris le 13 mai 2010</p>
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		<title>Le retour du blog</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Nov 2009 17:57:44 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Nous vous prions de nous excuser auprès de vous chers lecteurs. Le blog a été indisponible durant une dizaine de jours pour cause de saturation de la base de données. Les choses sont rentrées dans l&#8217;ordre et la taille de la base de données a été plus que doublé pour pouvoir accueillir notes, commentaires et visiteurs en plus grand nombre encore.</p>
<p style="text-align: justify;">Encore toutes nos excuses.</p>
<p style="text-align: right;">L&#8217;équipe du Blog.</p>
<p style="text-align: justify;">
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