sept 01

Ce dimanche du 2 d’août 2009, dixième anniversaire de la découverte macabre à Bruxelles des corps de Yaguine Koïta et Fodé Tounkara dans le train d’atterrissage d’un avion de la Sabena en provenance de Conakry, qui inspira la diatribe de Stéphane Guillon contre Eric Besson, c’est le départ. Quatre cent quarante ans après que Saint-Gaudens ait été pillée par les Huguenots du duc de Montmorency, quatre cent vingt ans après que Henri de Navarre, fraîchement converti au catholicisme, soit désigné roi de France et couronné le lendemain comme Henri le quatrième, je m’élance avec mon épouse, Françoise, dans l’arène automobile. Nous évitons soigneusement les autoroutes surchargées et les grandes villes. Après avoir parcouru la Beauce monotone, nous rattrapons le soleil à Meung-sur-Loire, où Le Poète Maudit fut engeôlé par l’évêque du coin en 1461. Nous dédaignons Tours vide de ses étudiants pour piquer droit vers Poitiers via Chasseneuil-du-Poitou de notre Raffarin national. Lire la suite »
août 24

Il n’y a pas de risque zéro. L’incident que vient de subir notre hyperprésident vient à point nommé nous le rappeler. Comme ses thuriféraires ont cru bon de le constater, la charge est lourde, sans doute angoissante parfois. Cela peut largement expliquer un malaise provoqué par l’action conjuguée d’un effort et de la chaleur sans aller chercher plus loin ! Après tout ce risque est inhérent à une position sociale qui n’a certes pas que des avantages. Mais aussi inconfortables soient ils, les désagréments qu’endure Nicolas Sarkozy ne sont rien par rapport à ceux qu’endurent aujourd’hui, non seulement les exclus de la couche moyenne de plus en plus nombreux et que risquent de rejoindre la cohorte des licenciés annoncés et des jeunes qui, arrivés sur le marché du travail, ne trouveront pas d’emploi. Ils ne sont rien par rapport à ceux qu’endurent les travailleurs sociaux qui, payés au lance-pierre quand ils le sont, s’efforcent tant bien que mal de colmater les brèches d’une société en crise et les enseignants des quartiers difficiles sommés d’expliquer à des enfants et des adolescents de moins en moins apathiques comment il faut s’y prendre pour rejoindre la noblesse d’Etat. Comme le déclare Didier Rousseau, président du cabinet Weave qui annonce à l’AEF (Dépêche n°116919) une baisse de plus de 50% des recrutements en 2009, « il y a un risque de sacrifier une à deux générations de diplômés ».
En cet été du quarantième anniversaire des premiers pas de l’Homme sur la lune, les nuages s’amoncellent et pas seulement à cause de la pandémie grippale arrivant à grands pas. La question n’est pas de savoir si l’explosion surviendra, mais quand elle se produira tant les tensions sont apparentes. Le six mois de crise que viennent de subir la quasi-totalité des facultés de lettres n’étaient pas dus uniquement au conservatisme de quelques professeurs mais à la tentative réussie du gouvernement de faire payer à la jeune génération la décision de réduction de la masse salariale dans le second degré en supprimant l’année de formation rémunérée. Bien sur, nul n’a songé alors à faire des économies en supprimant la rémunération des élèves fonctionnaires des Ecoles Normales Supérieures ou celle des élèves de l’Ecole Polytechnique. Lire la suite »
août 09

Deux bonnes nouvelles en plein été : Le conseil d’administration de l’UPMC adopte une politique hardie de primes et Martin Hirsch propose des modalités réalistes pour financer les jeunes, en particulier étudiants.
Oui il y a des normaliens sympathiques et utiles. Martin Hirsch est l’un de ceux là. Au mois de janvier, dans mon blog, je saluais sa nomination comme haut commissaire à la jeunesse et il s’attaquait sans tarder à l’épineux problème de l’autonomie financière des jeunes. Dans son livre vert publié le 7 juillet, il rend compte du travail de la commission qu’il a réuni sur ce sujet.
Il propose d’expérimenter un fond en dotation de capital qui pourrait être mobilisé pour aider les jeunes dans leur recherche d’un premier emploi, pour payer des frais de scolarité, ou serait utilisé comme complément aux différentes bourses. Selon l’AEF: « pour un jeune rattaché à un foyer non imposable, la dotation serait de 1 000 euros par an, et lui rapporterait ainsi, au bout de 3 ans, 4 000 euros. Les jeunes dont le foyer se situerait dans la première tranche d’imposition bénéficieraient d’une dotation de 500 euros (soit 2 000 euros au bout de 3 ans), et de 250 euros (1 000 euros après 3 ans) si leur famille est imposée dans la seconde tranche. Les autres (8 % des 15-18 ans) ne pourraient pas bénéficier de cette dotation. Dans cette hypothèse, le coût de cette mesure s’élèverait à 1,6 milliard d’euros, et concernerait 2,9 millions de jeunes. La commission reconnaît que ces critères pourraient être affinés avec la prise en compte du lieu de résidence (zone urbaine sensible…), et du type de lycée (ZEP…). Cette dotation serait accompagnée d’un « complément universel » de 1 000 euros, versé à tous les jeunes de 18 ans. » Par ailleurs, cette commission recommande aux universités d’accroître l’emploi étudiant en leur sein comme c’est le cas dans beaucoup d’universités étrangères. J’espère que cette proposition, qui a été bien accueillie par la Confédération Etudiante, ne sera pas bloquée par ceux qui veulent tout, tout de suite, et en conséquence n’obtiennent jamais rien.
La seconde bonne nouvelle nous vient de l’université Pierre et Marie Curie. Lire la suite »
juin 30

La semaine qui vient de s’écouler a été riche d’enseignements. Comme l’ont constaté plusieurs commentateurs dans le monde, l’intervention des étudiants et des universitaires n’est pas nouvelle dans l’histoire politique récente de l’Iran, mais cette fois-ci, ils n’étaient plus seuls. Une grande partie de la société avait décidé de sortir de sa schizophrénie. Et c’est pourquoi la mainmise sur les locaux de l’université de Téhéran fut rapide, brutale, meurtrière et que, symboliquement, c’est là que le guide suprême tenta de siffler la fin de la partie. Il est donc important d’avoir non une pensée pour nos collègues universitaires iraniens et leurs étudiants à l’encontre desquels la chape de plomb d’un fascisme islamique s’est déchaînée, mais de faire preuve à leur égard de solidarité active. J’en avais rencontré quelques uns une semaine avant les élections et même si nous parlions à demi-mot il était évident pour eux que cette élection constituait une étape cruciale. Bien sûr, beaucoup pressentaient ce qui allait se passer, mais ils avaient l’espoir et la détermination rivée au cœur. Quoi qu’il en soit nous devons maintenant à tout prix les aider, éviter les imprécations et les discours moralisateurs qui ne servent à rien. Non seulement il convient de ne pas perdre les contacts avec les universités iraniennes mais au contraire les renforcer, ouvrir grands les bras à ceux qui vont venir chez nous, enseignants et étudiants.
C’est pourquoi je lance ici un appel aux ministres concernés Lire la suite »
mai 03

C’est lors du 4ème congrès de l’American Federation of Labor, en 1884, qui réunissait les principaux syndicats ouvriers des États-Unis que fut avancé l’objectif d’imposer aux patrons une limitation de la journée de travail à huit heures. Le congrès avait choisi de l’action un 1er mai, jour qui débutait l’année comptable dans beaucoup d’entreprises américaines. Il se donnait deux ans pour faire plier les patrons. Le 1er mai 1886, alors que dans de nombreuses entreprises le patronat avait déjà donné satisfaction, près de trois cent mille travailleurs décident de déclencher la grève pour obtenir l’extension de cette revendication. A Chicago, le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester. Une marche de protestation est organisée le lendemain et, dans la soirée, pendant la dispersion à Haymarket Square, alors que deux cents manifestants font encore face aux policiers, une bombe explose et fait une quinzaine de morts parmi les policiers. Le 11 novembre 1886, malgré l’absence de preuves tangibles, les représentants du mouvement ouvrier de Chicago, Albert Parsons, August Spies, Michael Schwab, George Engel, Adolph Fischer, Samuel Fielden et Louis Lingg furent condamnés à être pendus, sans aucune preuve de leur culpabilité. Parsons, Spies, Fischer, Engel furent exécutés, Fielden et Schwab virent leur condamnation commuée en peine d’emprisonnement à vie. Quant à Lingg, il se serait suicidé dans sa cellule. A son congrès de décembre 1888, l’AFL proposa qu’une manifestation soit organisée le 1er mai 1890. Lire la suite »